ARUMA ECO-HOSTAL, LE RETOUR

En Décembre j’était venue peindre un mur à l’hôtel Aruma Eco-hostal, perdu entre Lanquin et Semuc Champey.

©Aude-tte

Je retourne à l’hôtel Aruma pour accomplir ma parole : peindre les cinq habitations privées, un jaguard, un hibou, un singe, un lezard et un quetzal. Je m’y rend pleine d’appréhension puisqu’en Décembre on peut dire que cela fût plutôt tourmenté.

À mon arrivée je fait la connaissance de Nathaly et Mario, puis plus tard Carlos, et encore plus tard de Manuel. Ce sera elle qui se chargera de me remplir l’estomac de bons petits plats ces cinq semaines.
Ce fût au final un séjour tranquille sauf le début plutôt chaotique. Je commence donc par le négatif hehe

©Aude-tte / Et je vais entrecouper le texte de jolies photos de mon voyage / Rio Dulce

En partant en décembre j’avais laissé des affaires à l’hôtel afin de prouver ma bonne foi et rassurer le propriétaire sur mon retour. J’avais tout mis dans un carton derrière le bar, dont un bon téléphone cassé que je comptais réparer au Mexique. Le gérant m’avait assuré qu’il garderai mon precieux package dans sa chambre, en sécurité. Bref vous imaginez bien que si j’en parle c’est que ce ne fût pas le cas!
Mon carton n’avait en fait pas bougé d’un poil, ils se sont contentés de mettre un drap sur mes affaires et de le transformer en lit pour les chiens.. Et bingo bien sur le téléphone à disparu.
Au final je ne le retrouverais jamais et le proprio n’en prendra pas la responsabilité, je fait donc une croix dessus, ce sera pas la première fois cette année que je perd une pomme.

© Aude-tte / Tikal

Le lendemain de mon arrivée, le jardinier pète un boulon et picole tout l’après-midi jusqu’à finir à moitié mort sur le bord de la route car le patron manquera de peu de lui rouler dessus en retournant à l’hôtel. Le jour suivant il part sans prévenir, il quitte son poste, prend le large sur un coup de tête. Pour sa défense son boulot c’etait plus ou moins esclave; déblayer, nettoyer, couper l’herbe à la machette… Sept à neuf heures par jour, sept jours sur sept pour un salaire de misère.

© Aude-tte / Semuc Champey

Malheureusement la zone souffre d’une misère sociale assez impressionante. Par exemple il m’avait confié qu’il vivait là où il pouvait car le nouveau mari de sa mère ne voulait pas le voir, ce même mari qui est alcoolique et frappe cette même mère. Cette même mère dont le premier mari la battait également et battait les enfants donc lui. Ce qui expliquerai d’où il a pèté un boulon en s’enivrant de la sorte. Ce qui m’offusque c’est que tous les gérant d’hôtel profite de cet situation précaire et du fort taux de chômage de certains indigènes pour les exploiter. Bref j’y reviendrais un peu plus tard.

© Aude-tte / Sipacate
© Aude-tte / Une des peintures réalisées à la Casa del Pacifico

Ce même jour le soir, le gérant et deux employés s’enivrent en jouant au billard jusqu’au moment où encore une fois ça dérape. Voyant le navire sombré je m’éloigne sur mon banc (seul endroit où je capte internet) et j’observe de loin. Un des employé fini par ronfler dans un hamac l’autre employé c’est la jeune intendante qui doit le traîner au lit, ils passent devant moi et je me rend compte que le sac a gnôle est lourd, il tente de l’embrasser tout en marchant. Ils disparaissent de ma vue. Au téléphone j’ai la femme du patron qui me prie de surveiller que son mari ne prenne pas la voiture car il lui envoi des messages étrange, elle a peur qu’il se blesse où se fasse du mal. Je la rassure et attend que l’ivre aille se coucher tant bien que mal. Problème résolue mais un autre avait cours, n’ayant pas vue l’intendante revenir je m’inquiète et monte au dortoir. L’employé ivre-caisse l’a tient plaquée contre le mur et la pelotte de ses mains crasseuses. Je le pousse, j’entend que l’intendante s’est enfermée dans sa chambre. Je pousse le trou du cul sur un lit et lui dit dors ! Il bredouille des « pardon » et qu' »il ne veut pas dormir seul » et qu' »il est désolé.. » De quoi? D’avoir agressée l’intendante?! Je suis en rogne et le laisse là et à mon tour m’enferme à double tour, parce que même si il fait une tête de moins que moi je n’en suis pas moins rassurrée. Tout est reporté le lendemain au chef qui se remet doucement de sa gueule de bois. Le point positif c’est qu’après cette nuit là plus aucun employés (patron inclus) ne s’est enivré de la sorte au restaurant.

© Aude-tte / Acatenango

Le reste du temps la vie suit son cours paisiblement, au gré des clients de l’hôtel, je peins, je mange,j’étudie le quechi langue maya de cette région, le temps passe vite ! Fidel viendra même me rendre visite avant de partir en Colombie et nous irons visiter encore une fois Semuc Champey.

Une fois tout le travail achevé le patron m’envoi sans grand ménagements à El Remate d’oú demain je prendrais mon bus pour le Mexique.

©Aude-tte / El Remate
©Aude-tte / El Remate

C’est l’heure du bilan de ces quatre mois au Guatemala, pays aux artisanats textiles époustouflants, d’Antigua et son architecture coloniale, à la nature luxuriante de Rio Dulce, ses chicken bus, ses volcans Acatenango, Tajumulco où l’ont se croit sur le toit du monde, le mysterieux lac Attitlán, son autre lac au creux d’un volcan d’Ipala, sa capitale turbulente, ses plages du pacifique aux vagues houleuses, ses ruines magistrales de Tikal, ses mystérieuses piscines naturelles de Semuc Champey, ses aldeas habitées par ses orgueilleux mayas aux multiples langages…

© Aude-tte / Tajumulco

Derrière la carte postale j’ai aperçu des côtés moins glamour. De ce que j’en ai vu ces quatres mois les inégalités économiques sont très marquées. Et la pauvreté touche surtout les indigènes qui vivent en milieux ruraux et dont certains ne parle pas espagnol. Au Guatemala l’école est publique et gratuite jusqu’à onze ans, ensuite il faut payer et plutôt cher. Pour cela beaucoup de famille font le « choix » de ne pas envoyer leurs enfants à l’école après cet âge mais à chercher du travail. Les enfants qui naissent donc de familles qui ont peu de moyen ont peu de probabilités de s’élever économiquement, les postes bien rémunérés étant réservés à ceux qui possèdent des diplômes. Mon ami qui vient d’une bonne famille et qui a fait des études d’ingénieur sera payé pour un premier emploi dégotté par son père à la capitale trois milles quetzal du mois avec week-end, et il m’avait dit que le salaire minimum était de mille cinq cent. Maintenant le jardinier qui était parti de l’hôtel était paye quatre-cent quetzal tous les quinze jours, huit cent du mois sans week-end et avec des horaires plutôt rudes. Certe le travail ne demande pas de grandes compétences intellectuelles mais cela justifit-il un tel écart de salaire?

Le pays est extrêmement croyant et pratiquant orienté plutôt catholique et témoins de Jéhovah toutes catégories sociales confondues. C’est simple quatre-vingt dix pourcent de la population (selon mon propre sondage) crois en dieu et suis à la lettre la bible.
J’en ai choqués quelques uns en révélant en grande pompe que j’était athée, j’aime vivre dangereusement haha. Et cela pour moi va de paire avec le fort taux de jeunes filles qui deviennent maman dès quatorze ans, parfois par manque d’éducation sexuelle parfois par choix lorsqu’elle ont vingt ans. Mais surtout par non choix car l’avortement est illégale et dans tous les cas au vu de leurs éducations religieuses cela ne leurs traverseraient pas l’esprit. Également les mariages surviennent beaucoup plus tôt et ce dans toutes les classes.

Le machisme est affolant, autant que le passage de musique reaggeaton commerciale de merde. Je suis convaincue que si l’ont faisais des statistiques on arriverais à un quatre femmes sur cinq victimes de viols au cours de leur vie. En tant que touriste blanche je n’en n’ai pas trop souffert car en général une réponse bien callée remet le macho à sa place.

C’est cela aussi qui m’a marqué finalement, contrairement au Mexique qui est beaucoup plus ouvert, du Guatemala je n’en garderai qu’un ami (ou deux) : mon cher Hector. Les gens originaires du pays avec qui j’ai echangé, vécu (parfois plusieurs semaines) ne m’ont jamais considérée je crois comme leur amie, leur égale, sinon comme une étrangère, celle qu’on ne comprendra jamais, comme une barrière impercéptible..

Alors bien-sûr tout ce que j’ai dit plus haut est à prendre avec des pincettes, ce n’en ai que mon humble ressenti de mon court séjour, et je ne part pas rancunière, du Guatemala je repart grandie, nourrie du meilleur comme du pire. Fier pays merci de m’avoir laissée vagabonder en ton sein 🌿🎨🌈

Retrouvez les précédents articles sur le Guatemala en cliquant sur les liens, Guatemala…Round I, Guatemala… Round II, Aruma Eco-Hostal, Guatemala…Round III

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GUATEMALA…ROUND III

Je sors du Honduras pour me rendre à la capitale où m’attend Hector. De la nous prendrons trois chicken bus afin de rejoindre les allemands à San Pedro la Laguna. Encore une (très) longue journée de bus, il faut croire que j’aime vraiment ça haha

©Aude-tte – San Pedro la Laguna

Nous arrivons tard à Panajachel et négocions une « lancha » privée pour nous rendre de l’autre coté du lac jusqu’à la charmante ville de San Pedro. Les allemands partant pour la Colombie quelques temps plus tard ce weekend est pour nous l’occasion de nous retrouver tous ensemble une dernière fois. Coup de coeur pour ce petit village et le mystérieux lac Attitlàn (dont j’avais déjà succombée aux charmes lors de mon passage à Panajachel en novembre.)

Tajumulco
©Aude-tte – Tajumulco

Le weekend touche à sa fin, notre cher Hector s’en va pour la capitale et nous nous rendons a l’assault du Tajumulco!
Le plan était de séjourner à Xela, arrivés à la gare peu acceuillante des chickens bus nous demandons si il y a un hôtel peu couteux dans le coin… Pas vraiment. Finalement nous attrapons un bus pour San Marco, plus au nord et plus proche du volcan.
Nous trouvons un hôtel peu cher et confortable, gèré par une famille toute choupi. Le lendemain notre mission : récolter des informations sur l’ascencion du géant et si possible trouver un moyen de louer des équipements de camping! La mission tombe vite à l’eau, personne ne sais rien, il n’y a pas de centre d’information, encore moins d’équipements de camping et on nous prend pour des fous de vouloir grimper là-haut haha
Google ce cher allié, nous dégotte une piste, il y aurait un hôtel plus en altitude, à « la Cruz », là où commence le chemin qui nous mènera au sommet!

©Aude-tte – Tajumulco

Nous nous y rendons tranquillement le lendemain, je suis malade comme un chien, c’est la joie.
Arrivés a La Cruz nous attends le froid mordant et un épais brouillard glaçant. Nous cherchons un restaurant/café avec une cheminée pour passer le reste de la journée en vain. Un taxi nous dépose au village de Tajumulco et miracle le soleil nous rechauffe de ses rayons. Nous retournons à l’hôtel, le lendemain une longue journée nous attends.
Le jour dit nous nous levons a 4h du matin et marchons dans le noir, brouillard, humidité et gla-gla sur une route de terre. Le soleil ce lève derriere les nuages, la lumière révèle le paysage, nous arrivons à une aire de camping et à la fin de la route. Nous suivons un sentier à travers la plaine toujours dans le brouillard ou seul le souffle du vent brise le silence. Après la plaine une forêt humide, nous grimpons, nous grimpons et passons au dessus les nuages. Devant nous le sommet rocheux, à nos pieds une mer de nuages. Les derniers efforts ! Nous crapahutons sur les rochers pour enfin arriver au sommet ! La vue est saisissante mais malheureusement sera de courte durée! Le vent soufflant fortement ramène les nuages, nous sommes en dedans.
Nous descendons jusque sortir de l’épais cocon de froid et nous réchauffer aux rayons du soleil. Nous apprécions encore une fois la vue. Fatigués mais repus nous finissons la descente et retournons au chaleureux hôtel de San Marcos.

©Aude-tte – Antigua

Nous nous séparons encore une fois tous. Je me rends à Antigua pour reprendre des forces avant de retourner à Lanquin, à l’hôtel Aruma pour y terminer de peindre.

HONDURAS

©Aude-tte

Après une journée de bus j’arrive finalement à La Ceiba. Fidel m’y attend et nous nous rendons en taxi jusqu’à l’hôtel où nous camperons le long de la rivière entourée de nature.

©Aude-tte

La nature y est grandiose, les rocs qui parsèment le lit de la rivière sont énormes, nous sommes hors de l’espace temps, de retour à l’époque des dinausaures. On restera trois nuits, parfait pour découvrir les aldeas alentours et le parc naturel Pico Bonito.

©Aude-tte
©Aude-tte

Puis direction Tela chez Enrique, il est de retour au Honduras après vingt-six ans de vie en Californie. Il nous explique qu’il ne peut plus entrer sur le territoire americain, bien qu’il est la carte verte, parce qu’une autre personne de même nom et prénom y est interdite et la confusion a été faite sur sa personne. Cela fait maintenant deux ans qu’il bataille à l’aide d’un avocat pour régler la situation.

Tela est une petite ville balnéaire bien tranquille où il fait bon vivre. L’attraction touristique principale est la réserve naturelle Punto Sal accessible par bateau. Malheureusement la météo ne nous permettra pas de nous y rendre.

©Aude-tte

Nous partons pour Copán pour y voir les fameuses ruines. Le site vaut le detour (bien qu’un peu cher) est pleins de perroquets flamboyants. Dût aux conditions politiques tendues le touriste se fait rare et je crois que cela a dût jouer dans notre mésaventure (peut-être).

En effet dans notre hôtel « El Almendro » nous serons détroussés de nos objets de valeurs. (Mon mac, sa caméra et de l’argent liquide). Lorsque la police est venue l’employée et la femme du gérant se sont misent à dire que nous avions tout inventé. Le gérant me prend a part pour m’expliquer qu’il n’est pas responsable et qu’il ne sert a rien que je me rende à la police. Bref je peux faire une croix sur mon précieux ordinateur. Têtue je me rend tout de même au poste le lendemain pour y déposer plainte, et nous tentons de faire pression sur le gérant en menaçant de déposer un mauvais avis de son hôtel sur booking. Rien ne fonctionne. Je me fait une raison et quand j’aurais réuni suffisament d’argent investirait dans une nouvelle machine. (Si vous souhaitez m’aidez merci 🙂 )

©Aude-tte
©Aude-tte

Nous nous séparons et me rend a Ocotepeque, à un volontariat Workaway où m’attend Manuel.
Le village est comme tout autre village du Honduras ou de tout autre partie du monde, tranquille! La nature alentours y est ravissante. De chaques côtés des montagnes surplombent le hameau entouré d’un cours d’eau.

©Aude-tte
©Aude-tte / Mes compagnons de peinture
©Aude-tte

L’hôtel est encore en plein chantier et Manuel jongle entre ses travaux et la venue de volontaires pour mettre en oeuvre son projet.

Je vis avec lui et Marisal, une adorable grand-mère qui s’occupera de mon estomac.
Je resterai de bout en bout presque deux semaines dans ce petit havre de paix.

Je peins deux perroquets et un Toh.

©Aude-tte
©Aude-tte
©Aude-tte

Le Guatemala m’appelle encore une fois… Suite au prochain épisode!