RANCHO SAN JOSE

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©Aude-tte – Rancho San José

Ce mois d’août je l’ai vécu comme un rêve éveillé, riche en émotions et découvertes. Aussi j’ai eue opportunité de m’adonner à ma passion, peindre des murs en mangeant des biscuits ! Les jours ons défilés à vitesse grand V. Originalement j’avais prévu de ne rester que deux semaines, finalement j’y suis restée cinq, autant dire que oui, je m’y suis sentie comme chez moi.

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Toute la semaine nous travaillons le matin à l’aube, la première semaine puis les jours pluvieux j’aidais aux travaux de la ferme.

J’ai participé avec mon acolyte allemande Sofia à la construction de « camas » : ici le sol est rocailleux ainsi que pour pouvoir cultiver la terre il faut préparer des « camas », soit délimiter un rectangle avec des grandes pierres et y verser du « boucachi » (caca de poulet et autres ingrédients) puis de la bonne terres qui vient du compost de plantes afin de pouvoir cultiver. Aussi j’ai aider à planter; récolter les commandes du jour; entretenir la serre..

Chaque midi la délicieuse nourriture de Doña Eva me procurait un « mal de puerco » sans faillir, soit un bidon bien rebondi idéal pour une sieste. L’après midi étant libre je la dédiait à peindre et dessiner. Généralement avec Marixa, Gonzalo et Anai les adorables enfants d’Anita et Max, guatémaltèques vivant au ranch.

Sous la palapa oú se promène Memo, Le frère du propriétaire atteint d’autisme et de skysophrenie passionné de pantalons (je lui en ai dessinée pas mal d’ailleurs) et de danse. Il venait et nous demandais de lui passer Boston, un groupe de musique rock , puis commençais à tourner sur lui même en faisant bouger ses bras en rythme, les yeux fermés, le visage racontant mille histoires joyeuses tant son expression irradiait de bonheur. Juste l’observer vous transmet cette plénitude 🙂

Et chaque soir le même rituel se met en place dans la cuisine, chaque soir un nouveau festin ! Les pains, gâteaux et biscuits de Belen, le chocolat de Santi, les légumes au fromage de Jorge, les thés de Mike, les sauces de Oli, a y repenser je bave. Le tout dans un brouillard de fumée (l’unique façon de faire fuir les moustiques) sur fond de musique électronique.

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©Aude-tte – La casita verde ❤

Et pouf au lit ! Nous partageons tous les cinq une petite maison et dormions tous au même niveau. Certains sur un matelas gonflable (j’ai été une des heureuses élue), sur un matelas construit en superposant beaucoup de carton (également j’ai pu en profiter) ou à même le sol sur des couvertures. Depuis un moment je préfère la simplicité et avec cette bande la c’est un plaisir de la partager 🙂

Presque tous les week-ends nous partons en expéditions ! Cela aussi a participé à faire voler en éclat la notion du temps.

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©Aude-tte – La vue sur la jungle de notre campement

Le premier weekend nous sommes allé camper dans une grotte sur un terrain proche du village de Kanxoc. Sur le chemin nous tombons sur Marcelino, un jeune du coin qui avait fait découvrir le terrain à Jorge quelques semaines auparavant. Il nous escorte avec son camarade en échange de bières. Car ce gars là à un problème avec l’alcool et une autre addition, il sniffait de la peinture en permanence. En tant l’européenne je leur tape dans l’œil et je me sens épiée de manière plutôt désagréable tout le long. Nous marchons vingt minutes sur un chemin de terre puis sautons une barrière, traversons un champ d’herbe haute et arrivons à l’entrée. Un gruyère, plusieurs trous dans la pierre et en contrebas un tunnel qui s’enfonce dans les profondeurs, notre destination. Nous l’empruntons, torches allumées car il y fait noir comme dans un four. Après quelque minutes nous apercevons de la lumière, la fin du périple. Devant nous notre lieu de campement, une grotte ouverte sur une jungle verdoyante, en fond sonore le chant des oiseaux et des chauves souris, comme si nous étions en dehors du temps. Nous montons la tente et armons le feu. De nouveau le rituel de la cuisine, spectacle total : son, lumière et saveur gustative. La panse pleine nous nous mettons à dormir, ou plutôt nous essayons car le Marcelino et son ami ne vont pas nous laisser dormir de la nuit.

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©Aude-tte – Le campement

Dans la tente nous sommes étendus dans cet ordre Oli, Jorge, moi et Mike. Les deux autres rodent boivent des bières et sniffent leur peinture en dehors éclairant nos visages et demandant si nous dormons toute les 5/10 minutes. En réalité ils sont apeurés par la grotte, à la vue des lucioles « ce n’est pas normal ça, c’est les esprits mayas ». Car cette grotte représente dans les croyances mayas l’endroit où les âmes damnées reposent et elles en sortiraient chaque nuit. Il y avait ça mais aussi la partie moins exotique sinon du banal machisme car je pense qu’il n’éclairait pas nos visages pour rien, j’était entre deux garçons et il demandait à plusieurs reprises lequel était mon petit copain. À un moment, je ne sais plus à quelle heure avancée de la nuit nous leur proposons de nous rejoindre à l’intérieur, le Oli peut rassuré avait pris la décision de se poster dehors au cas où. Le marcelino entre et tente de se mettre entre Jorge et moi, rêve toujours, je le pousse, il ressort. L’autre parait plus calme et se poste gentiment entre le Jorge et la toile de tente, bien. Quelque temps plus tard je sens une main sur ma cuisse, je me secoue et réalise alors qu’il est assis. L’autre se réinstalle dans la tente. Encore plus tard de nouveau cette main et le fils de chien assis, ni une ni deux je me saisis de ma torche et lui éclaire la face tout en l’insultant. Il s’allonge, le Mike me couvre avec sa couverture le Jorge se rapproche de moi, enfin je peux être tranquille jusqu’au matin (en réalité trois heures puisque toute la nuit est déjà écoulée).

Sept heure le Marcelino « réveille » tout le monde, selon lui il faut partir, en réalité il veut de l’argent pour aller chercher des bières. Après « discussion », répétitions du même refus mille fois, ils finissent par partir et nous promettent de revenir un peu plus tard. Nous armons de nouveau un feu, petit déjeunons, nous remettons de nos émotions et commençons l’exploration de cette merveilleuse grotte. Armés de nos lampes torches nous en explorons chaques recoins dont une partie accroupis car la hauteur ne dépasse pas cinquante centimètres. Comme promis le Marcelino reviens mais à changer de compagnon, cette fois ci il est avec un gamin, nous préparons le repas du midi, des bons légumes du ranch. Après avoir remballé toutes nos affaires nous nous dirigeons à l’entrée de la grotte, il y trône une cenote qui n’est éclairer que quelques heures lorsque les rayons du soleil pénètrent par une cavité surplombant le trou d’eau. Nous posons la corde, car l’idée est évidement de s’y plonger une fois la lumière présente. 🙂 Et la lumière fut, un rai puissant, bien droit qui nous laisse entrevoir la profondeur de la cenote, j’en ai encore le vertige, plouf nous nous délectons de l’eau fraîche et pure. Rien de mieux pour se réveiller!

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©Aude-tte – La cenote

Pendant que nous barbotons le soleil poursuit sa course et avec lui la lumière ce fait rare, il est l’heure. Marcelino nous propose de boire des bières chez lui, cette fois ci nous acceptons. Nous y rencontrons son père et un autre du même âge, j’ai l’impression de débarquer à un after, car les deux sont bien cuits. Ils nous parlent sans discontinuer, comme un disque rayé, radotent un peu beaucoup, nous offrent de la nourriture et nous invitent à acheter.. des bières. Quel spectacle, je ne pouvais n’empêcher de retenir un fou rire. Enfin plutôt le genre de situation où vous ne savez pas trop si vous devez rire ou pleurer. Nous y restons quelque temps avant de rentrer au bercail.

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©Aude-tte – Entrée de l’inframundo maya

Pour le second week-end nous nous rendons à Takbil Ja, un ensemble de douze cenotes entièrement habilitées pour accueillir des touristes par une communauté indigène maya. Un exemple car ce sont les seuls à avoir eue l’audace de faire ça 🙂 la plupart ne se rendent pas compte de la valeur de leurs terres et la revende à bas prix. Et en plus ils sont adorables! Nous nous rendons dans « l’inframundo maya », un complexe de plusieurs grottes, nous y passerons quatre heures! Il nous faudra même nager pour l’arpenter 😀 Revenir à la surface fut comme une nouvelle naissance, une sensation bien étrange. Nous ne sommes cependant pas au bout de nos surprises, la seconde étape et la où nous allons camper, est une cenote a ciel ouvert de 25 mètres de profondeur où nous allons descendre.. en rappel ! J’ai eu la chance de pouvoir le faire deux fois, une fois tranquillement, position assise et la seconde fois « El salto del aguilla » tête en bas les bras tendu et fiouuu 🙂

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©Aude-tte – La cenote

Nos guides s’en vont, de nouveau nous préparons notre campement, la tente un feu de bois, le rituel de la bonne cuisine, le bon dodo. Nous nous levons à l’aube, je m’octroie un moment en seule à seule les pieds dans l’eau au fond de le cenote, un oiseau Toh m’observe depuis la paroi de la grotte, les poissons Lou me mangent la peau des pieds, tout est paisible. Puis mon estomac gronde, je remonte, nous mangeons et après trempette dans la cenote nous nous mettons en route pour les ruines de Coba! La visite se fera sous une pluie torrentielle, à peine une accalmie lorsque nous sommes au sommet de la pyramide 🙂 Repus et épuisé le week-end s’achève il est l’heure de rentrer.

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©Aude-tte – Coba

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Le troisième week-end sera tout aussi rocambolesque! Le vendredi nous nous rendons dans un club a Playa del Carmen pour « danser » sur Audiofly. J’ai mis les parenthèses car le club étant bondé ce ne sera pas une mince affaire. Je m’aperçois que mes jambes n’ont pas oubliées comment bouger et les épuisent jusqu’au petit matin. Retour au ranch, nous grappillons quelques heures de sommeil avant de nous rendre à la deuxième partie du week-end, camper ! Nous allons cette fois-ci à Vallaloid en stop puis Kanxoc sur le terrain de la maman de Carlito un jeune agriculteur qui travail au ranch. De nouveau la nature paisible, un feu de camp, le pain de Belen, les bons légumes.. Je pourrais vivre les plaisirs simple d’un camp tous les jours 🙂

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©Aude-tte – LA cenote
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©Aude-tte – La cenote

Au clair de lune nous mangeons puis nous mettons à dormir. Le lendemain matin Carlito nous guide quarante minutes de marche à travers la jungle, sur le terrain de son oncle, à une cenote. Et quelle cenote!! On dirais qu’il y a une galaxie en son berceau. Elle dois faire trente mètres de profondeur. L’idée est d’y descendre en rappel. L’oncle va chercher une corde a noeud et en s’aidant des racines je pense pouvoir descendre. J’entame la descente, m’agrippant à la corde je cherche une prise avec mes pieds sur les racines, une, deux je suis deux mètres en bas. Et soudain je réalise que si je descends ces trente mètres je n’aurais jamais la force de remonter. Je reviens sur ma décision et entame la remontée. Même si je suis qu’à deux mètres c’est très difficile, il n’y a pas de prise et je suis obligée de forcer sur mes bras pour me hisser, je sens que les bras me lâchent, je respire fortement, tend la main, agrippe celle de Jorge, ma main est moite elle glisse, je respire calmement. Mes jambes ne font qu’un avec les racines, je suis bloquée, je ne panique pas, j’ai une confiance totale en Jorge, Santi, Belen et Carlito, je ne sais pas bien comment ils vont me sortir de là mais je sais qu’il ne m’y laisserons pas, je respire une nouvelle fois, lève la tête, dernière tentative, de ma main gauche je me hisse à la corde et de la droite j’agrippe la main de Jorge, une impulsion, Carlito m’attrape par l’épaule et tous me hisse. J’enserre le tronc, mes bras tombent, épuisés, vidés. Je respire pfiou. Il me faudra quelques minutes avant de pouvoir reprendre mes esprits et surtout mes bras 🙂 Personne d’autre n’est candidat à la descente, nous avons eue notre compte. Nous restons un moment autour à observer la mystérieuse et impétueuse nature. Puis c’est l’heure du retour, Carlito nous dit qu’il y a une cenote au centre du village et que nous pourrions nous y baigner. Pour ma part ce n’est pas de refus, après tous ces rebondissements je pus!

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©Aude-tte – La cenote du village de Kanxoc

L’entrée de la cenote est à côté du commissariat, c’est dimanche, celui ci est fermé, nous nous glissons à l’arrière du bâtiment, il y a un chemin abrupt qui descend vers un trou, une échelle, l’obscurité puis la lumière, la cenote est la. Chaque fois je suis surprise de la façon dont nous apparaissent les cenote, un peu comme des créatures sauvage elles se camouflent. Nous nous y baignons avant de reprendre encore une fois le chemin du retour.

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Je crois que cet article parle de lui même, ce que j’ai trouvée ici est un trésor inestimable. Et l’aventure n’est pas finie puisque c’est décidé je reviendrais prochainement vivre au ranch, ou ailleurs d’ailleurs, avec cette bande là : Jorge, Mike, Santi et Belen! ❤️Merci ❤️

Retrouvez plus d’informations sur le ranch sur leur page facebook ou leur profil Workaway 🙂

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Peintures réalisées au Rancho San José

À retrouver sur mon site aude-tte 🙂

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©Aude-tte – Dans la cuisine
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© Aude-tte – Sur la façade extérieure des toilettes
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© Aude-tte – Sur la façade extérieure des toilettes
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©Aude-tte – La casita verde
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©Aude-tte – Encore un oiseau?!
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©Aude-tte – Et oui 🙂
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