PUERTO VIEJO

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A peine le mur du centre de Yoga fini,  direction Puerto Viejo où m’attend Natacha ! Elle reçoit pour la première fois des volontaires avec la plateforme Workaway. Nous serons donc trois volontaires à vivre sous son toit 🙂 Pierre et Anaïs un jeune couple en voyage sur le long cours et moi même. Je n’avais jamais autant parler en français que dans cette maison au court de cette année et demi hors de France.

Puerto Viejo est un village au bord de mer caraïbien où se mélange des gens du monde entier 🙂 Italiens, Allemands, Canadiens, Belges, Français, Suisse, etc y vivent en parfaite harmonie avec les locaux.

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Je me charge de peindre la façade de la boutique de Natacha d’une énorme jungle aux couleurs pastels tropicaux.

Je réalise également trois illustrations avec pour thème Puerto Viejo pour un tout jeune café du village, afin que la gérante produise des mugs qui seront vendus à la haute saison.

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Le temps passe encore une fois beaucoup trop vite et il sera l’heure pour moi de me rendre à la capitale retrouver mes amies Laura et Katherine avant de m’envoler pour le Mexique 😀

 

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Cahuita

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Tableau de l’argo et expressions typiques du Costa Rica avec son équivalent Mexicain et sa traduction en français (J’en réserve un plus complet pour le Mexicain parce qu’il est très très très riche)

COSTA RICA MEXIQUE FRANCAIS
Pura Vida No tiene traductiones en Mexicano, puede significar « Buenos dias », « Gracias », « Como estas? », o « Que te vayas bien »… « Pura Vida » sirve para desear la pura vida a todos y todo el tiempo. Utilisé seulement au Costa Rica, ces deux petits mots sont l’âme du pays, ils s’en servent à toutes les sauces. Pour demander « comment ca va ? », « Bonne journée » ou « Merci » ou « Au revoir ». Pour souhaiter une « Pure vie » à tous tout le temps. 
Mae Wey Mec/Meuf
Picha

Ex : Mae que picha se me quemo el pollo // Mec, putain j’ai cramé le poulet

Verga

Ex : « Que verga estan haciendo aqui ? // Putain qu’est-ce qu’ils foutent ici?

Bite/Verge (oui, les costaricains et les Mexicains utilisent « bite » à toutes les sauces)
Pajillas Popotes Pailles
Enagua Mini-falda Mini-jupe
Usted Tu Tu // Au costa Rica lorsque l’on s’adresse a quelqu’un de proche, un ami on utilise « Usted » qui partout ailleurs se traduit « vous »
Vos Usted Vous // Et pour le  vouvoiement on utilise le « vos » qui partout ailleurs s’utilise comme un « tu » (sauf en espagne me semble-t-il)
Jale Vamos On y va
Saico (por una persona) Una personna que follia bien Une personne douée au lit
Saico (haciendo algo valiente) Tienes huevos Avoir des couilles
Pendejo Miedoso Un peureux
Wila Alguien joven Un jeune
Cochino Cochino Un porcelet (une personne sale)
Ray Ride/Aventon Faire du stop
Se va en el viaje Irse en algo (burrachera/enfermedad) Se
Me inyecte Me emocione Se
La goma La resaca/La crueda La gueule de bois
Mamador Mamador/hablador Un mytho
Emborrachar Embriagarse Se bourrer (d’alcool)
Vaya jalendo Vete ya Vas-t-en maintenant
Voyja Ya me voy J’y vais
Jaleas Amiga ya me voy J’y vais
Que fresa Que bonito Joli-e
Pipis Fresa Un riche qui s’y croit
Vara Cosa Chose
Tico Costarricense Costaricain
Tuanis Cool Cool
Parguear Echarla hueva/Tirarla hueva Moment de farniente, de ne rien faire
Brete/Yugo Chamba Taf
Cabanga Nostalgia de un ex Nostalgie d’un ex
Que carga Shingon-a Quelqu’un qui fait des choses admirables
Carreta Lento Lent
Presa Trafico Bouchon (voiture)
Chancleta Jippi Hippie en tong
Chueca Roto Defectueux
Chiva Chido-a Cool
Chuzo Riquillo/Nice Quelque chose de la haute
Coche Carriola Poucette
Cuerero Un hombre que escoje mujeres feas Un homme qui aime les femmes laides
Ligar Cotorear Draguer
Diay Cuenta me Racontes moi
Mi polvo fijo Mi culo/ Mi aca Plan cul
Polo Naco Beauf
Malendro Chaca Wesh
Pleito Pelea Bagarre
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SAN JOSÉ

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Yoga Mandir – Aude-tte.com

J’arrive au Costa Rica, à la chaumière de Katherine et Laura qui m’avait contactée via Couchsurfing. Et je peux dire que j’ai été très chanceuse ! Avec mes deux nouvelles amies nous allons vadrouiller les week-ends autour de San José, faire la fête, et se goinfrer !
Katherine est graphiste et bosse depuis sa maison avec sa magnifique chienne Mapple. Ça a été un peu comme rencontrer mon double d’une autre nationalité haha
Nous sommes allé voir le volcan Irazú, un sanatorium, la cascade de Pozo Azul, le volcan Arenal et une escapade a Puerto Viejo, la jungle enchantée de Laura à Siquirres et La Fortuna 😀

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Volcan Arenal
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San Jose

Je change ensuite de maison pour me rendre chez Edgar qui m’a également contactée via Couchsurfing. Il est directeur d’un centre de Yoga et me laisse la liberté de peindre dans l’entrée de l’établissement 🙂 Je choisi le mur de l’escalier, le plus grand haha
Je passerai neuf jours clouée à mon mur, tout ce que je souhaitais faire :3
Les jours s’écoulent paisiblement, je peins je mange sain et la semaine je partage un peu mon temps avec les hôtes de la maison, les week-ends je rejoins Katerine et Laura pour de nouvelles aventures !

 

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Volcan Irazu

La langue encore une fois est un peu différente :
Par exemple en Tico on utilise le « usted » lorsque l’on parle à un ami, au contraire du Guatemala et Mexique où il est utilisé pour s’adresser de manière plus respectueuse a quelqu’un (un professeur, un aîné..).
A l’inverse le « vos » est utilisé pour parler à un aîné alors qu’au Guatemala il sert a s’adresser à ses amis proches et au Mexique il est remplacé par le « tu ».
Pour désigner un étranger caucasien (cheveux, yeux et peau claire), ou pour taquiner un ami qui s’est teint les cheveux ont l’appelle « Macha » si c’est une fille et « Macho » si c’est un garçon. Au Mexique ce sera « güera » et « güero ». Et au Guatemala on se contentera d’un « gringo » et « gringa » qui suppose que le peau pâle est américain haha
Mais toutes ses petites différences linguistiques je les réserves pour un article à part hihihi

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Cascades Pozo Azul

Je m’en vais donc pour Puerto Viejo, retrouver Natasha, belge expatriée dans ce petit coin de paradis 😀

OAXACA

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La station de train où ne passe encore que « La Bestia » en restauration afin d’accueillir une bibliothèque.  

Je pars donc de ma retraite méditative dans l’écrin de paix qu’est El Encinal pour me rendre à Juchitán de Zaragoza où m’attend Moises et Ivan, deux architectes et amis de Manuel rencontre a Oaxaca en septembre dernier et avec que je considère comme un de mes proches amis 🙂

Très franchement je ne savais absolument pas a quoi m’attendre et je pars le cœur gros tant je m’y suis sentie chez moi entourée de toutes ses personnes chaleureuses !
J’ai vécu un presque mois a Juchitán, chez Michel (représentant de la culture de Juchitán), Moises, Ivan et Bruno tous trois architectes pour « Roots Studio« . Le studio est basé a Oaxaca et a pour mission de reconstruire Juchitán, sévèrement touché par le séisme d’une force de 8.2 en septembre dernier, en majorité financier par des donations. Une partie de leurs travail est de compléter des travaux engagés par des familles mais non abouti par faute de moyen et l’autre partie est la construction de maison privatives conçues entièrement par le studio d’architecture. Ce sont deux chaumières de la deuxième catégorie que j’ai eue la chance de peindre 🙂
J’ai passé une semaine à la réalisation d’une façade de « la casa de Jimy« , chouchoutée par tous les membres de la famille ❤ En y repensant je me sens nostalgique et cela me manque.

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La maison de Jimy

Malgré le traumatisme dût aux pertes de proche(s) ou de maisons (ou de tout) les gens de Juchitán sont extrêmement généreux et chaleureux.
Je suis tombée amoureuse de leurs vêtements traditionnels, un haut brodé de milles couleurs et motifs et une jupe ample, le tout de couleurs vives. J’ai eu la chance de participer à trois « pachanga », deux anniversaires et un mariage. La règle est simple, lorsque vous arrivez vous payez votre caisse de bière puis vous prenez place sur une des chaises qui entourent la piste de danse que se charge d’animer un groupe de musiciens (cumbia, salsa etc) et les organisateurs de la fête s’occupent de vous apporter bières (beaucoup) et nourriture.
A peine ai-je terminé la maison de Jimy que Moises m’annonce une bonne nouvelle, je vais pouvoir peindre la maison de Roy, et j’ai carte blanche! Par contre j’ai cinq jours pour tout achever car la date de l’inauguration approche à grand pas!
Je pars donc sur le thème d’un conte oral Zapoteco (langue des peuples pré-hispanique de l’istmo), celui du lapin et du coyote. D’ailleurs à Juchitán tous les anciens parlent le Zapoteco, ainsi que les générations suivantes, des efforts sont réalisés par la région via le biais d’aides à des projets de livres ou d’outils didactiques en Zapoteco afin de transmettre la langue aux générations futures.
J’ai beaucoup aimé vivre avec les gars de Juchitán, mes papas de Juchitán comme j’aime les appeler, et eux « la petite fille oiseau » (« nina pajaro » juste parce que je ne sais pas dire la « j » haha)

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Ivan, Moises et moi-même devant la maison de Roy

Le week-end je retrouve mon cher Manuel (que je suis venue voir tout de même 🙂 ), où il vie, à Ixtepec, village situé à vingt minutes de Juchitán et beaucoup plus paisible. Il est également architecte et a rejoint depuis quelques mois l’équipe de « coopération comunitaria » qui se dédicace à construire des cuisines, comexcales et des fours en terres selon un principe de coopération avec les familles qui les reçoivent. L’entreprise lève une grande partie des fonds et la famille se doit de participer à la construction et apporter une partie du matériel comme la terre. Mon ami Manuel est surtout en charge de la construction des cuisines avec Octavio et me fera un tour du propriétaire. Les constructions en terre ou adobe (briques de terres) sont très résistantes et visuellement attractives (j’aime le beau pardon haha).

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Une des cuisines

Après les deux muraux réalisés sur les maisons construites depuis zero par Roots Studio à Juchitán, je peins un petit mur dans le botanero de la fille de la famille de Jimy et fait mes « au-revoir » à ma famille de Juchitán.

Avant on fera un détour par l’océan et par un Bupu, atole blanc recouvert d’une mousse réalisé a l’aide d’une fleur et de cacao, en face du palacio municipal et originaire de Juchitán.

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La meeeeer

Je m’en vais vivre mes derniers joursà Ixtepec avec Manuel et toute la joyeuse bande qui l’entoure.
Je peins un mur dans la maison de Octavio, Farina, Alejandra et Denis 🙂
Encore une fois je me sens chez moi et entourée de bienveillance, Merci ♥️

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Le mural dans la maison de Octavio a Ixtepec
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Manuel aux alentours d’Ixtepec
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Toit d’une maison construite par Manuel et toute l’equipe

Je m’en vais pour le Costa Rica, le cœur gros mais on s’est donné rendez-vous fin octobre, mon petit doigt me dit que je n’en ai pas fini avec l’Istmo 🙂

ARUMA ECO-HOSTAL, LE RETOUR

En Décembre j’était venue peindre un mur à l’hôtel Aruma Eco-hostal, perdu entre Lanquin et Semuc Champey.

©Aude-tte

Je retourne à l’hôtel Aruma pour accomplir ma parole : peindre les cinq habitations privées, un jaguard, un hibou, un singe, un lezard et un quetzal. Je m’y rend pleine d’appréhension puisqu’en Décembre on peut dire que cela fût plutôt tourmenté.

À mon arrivée je fait la connaissance de Nathaly et Mario, puis plus tard Carlos, et encore plus tard de Manuel. Ce sera elle qui se chargera de me remplir l’estomac de bons petits plats ces cinq semaines.
Ce fût au final un séjour tranquille sauf le début plutôt chaotique. Je commence donc par le négatif hehe

©Aude-tte / Et je vais entrecouper le texte de jolies photos de mon voyage / Rio Dulce

En partant en décembre j’avais laissé des affaires à l’hôtel afin de prouver ma bonne foi et rassurer le propriétaire sur mon retour. J’avais tout mis dans un carton derrière le bar, dont un bon téléphone cassé que je comptais réparer au Mexique. Le gérant m’avait assuré qu’il garderai mon precieux package dans sa chambre, en sécurité. Bref vous imaginez bien que si j’en parle c’est que ce ne fût pas le cas!
Mon carton n’avait en fait pas bougé d’un poil, ils se sont contentés de mettre un drap sur mes affaires et de le transformer en lit pour les chiens.. Et bingo bien sur le téléphone à disparu.
Au final je ne le retrouverais jamais et le proprio n’en prendra pas la responsabilité, je fait donc une croix dessus, ce sera pas la première fois cette année que je perd une pomme.

© Aude-tte / Tikal

Le lendemain de mon arrivée, le jardinier pète un boulon et picole tout l’après-midi jusqu’à finir à moitié mort sur le bord de la route car le patron manquera de peu de lui rouler dessus en retournant à l’hôtel. Le jour suivant il part sans prévenir, il quitte son poste, prend le large sur un coup de tête. Pour sa défense son boulot c’etait plus ou moins esclave; déblayer, nettoyer, couper l’herbe à la machette… Sept à neuf heures par jour, sept jours sur sept pour un salaire de misère.

© Aude-tte / Semuc Champey

Malheureusement la zone souffre d’une misère sociale assez impressionante. Par exemple il m’avait confié qu’il vivait là où il pouvait car le nouveau mari de sa mère ne voulait pas le voir, ce même mari qui est alcoolique et frappe cette même mère. Cette même mère dont le premier mari la battait également et battait les enfants donc lui. Ce qui expliquerai d’où il a pèté un boulon en s’enivrant de la sorte. Ce qui m’offusque c’est que tous les gérant d’hôtel profite de cet situation précaire et du fort taux de chômage de certains indigènes pour les exploiter. Bref j’y reviendrais un peu plus tard.

© Aude-tte / Sipacate
© Aude-tte / Une des peintures réalisées à la Casa del Pacifico

Ce même jour le soir, le gérant et deux employés s’enivrent en jouant au billard jusqu’au moment où encore une fois ça dérape. Voyant le navire sombré je m’éloigne sur mon banc (seul endroit où je capte internet) et j’observe de loin. Un des employé fini par ronfler dans un hamac l’autre employé c’est la jeune intendante qui doit le traîner au lit, ils passent devant moi et je me rend compte que le sac a gnôle est lourd, il tente de l’embrasser tout en marchant. Ils disparaissent de ma vue. Au téléphone j’ai la femme du patron qui me prie de surveiller que son mari ne prenne pas la voiture car il lui envoi des messages étrange, elle a peur qu’il se blesse où se fasse du mal. Je la rassure et attend que l’ivre aille se coucher tant bien que mal. Problème résolue mais un autre avait cours, n’ayant pas vue l’intendante revenir je m’inquiète et monte au dortoir. L’employé ivre-caisse l’a tient plaquée contre le mur et la pelotte de ses mains crasseuses. Je le pousse, j’entend que l’intendante s’est enfermée dans sa chambre. Je pousse le trou du cul sur un lit et lui dit dors ! Il bredouille des « pardon » et qu' »il ne veut pas dormir seul » et qu' »il est désolé.. » De quoi? D’avoir agressée l’intendante?! Je suis en rogne et le laisse là et à mon tour m’enferme à double tour, parce que même si il fait une tête de moins que moi je n’en suis pas moins rassurrée. Tout est reporté le lendemain au chef qui se remet doucement de sa gueule de bois. Le point positif c’est qu’après cette nuit là plus aucun employés (patron inclus) ne s’est enivré de la sorte au restaurant.

© Aude-tte / Acatenango

Le reste du temps la vie suit son cours paisiblement, au gré des clients de l’hôtel, je peins, je mange,j’étudie le quechi langue maya de cette région, le temps passe vite ! Fidel viendra même me rendre visite avant de partir en Colombie et nous irons visiter encore une fois Semuc Champey.

Une fois tout le travail achevé le patron m’envoi sans grand ménagements à El Remate d’oú demain je prendrais mon bus pour le Mexique.

©Aude-tte / El Remate
©Aude-tte / El Remate

C’est l’heure du bilan de ces quatre mois au Guatemala, pays aux artisanats textiles époustouflants, d’Antigua et son architecture coloniale, à la nature luxuriante de Rio Dulce, ses chicken bus, ses volcans Acatenango, Tajumulco où l’ont se croit sur le toit du monde, le mysterieux lac Attitlán, son autre lac au creux d’un volcan d’Ipala, sa capitale turbulente, ses plages du pacifique aux vagues houleuses, ses ruines magistrales de Tikal, ses mystérieuses piscines naturelles de Semuc Champey, ses aldeas habitées par ses orgueilleux mayas aux multiples langages…

© Aude-tte / Tajumulco

Derrière la carte postale j’ai aperçu des côtés moins glamour. De ce que j’en ai vu ces quatres mois les inégalités économiques sont très marquées. Et la pauvreté touche surtout les indigènes qui vivent en milieux ruraux et dont certains ne parle pas espagnol. Au Guatemala l’école est publique et gratuite jusqu’à onze ans, ensuite il faut payer et plutôt cher. Pour cela beaucoup de famille font le « choix » de ne pas envoyer leurs enfants à l’école après cet âge mais à chercher du travail. Les enfants qui naissent donc de familles qui ont peu de moyen ont peu de probabilités de s’élever économiquement, les postes bien rémunérés étant réservés à ceux qui possèdent des diplômes. Mon ami qui vient d’une bonne famille et qui a fait des études d’ingénieur sera payé pour un premier emploi dégotté par son père à la capitale trois milles quetzal du mois avec week-end, et il m’avait dit que le salaire minimum était de mille cinq cent. Maintenant le jardinier qui était parti de l’hôtel était paye quatre-cent quetzal tous les quinze jours, huit cent du mois sans week-end et avec des horaires plutôt rudes. Certe le travail ne demande pas de grandes compétences intellectuelles mais cela justifit-il un tel écart de salaire?

Le pays est extrêmement croyant et pratiquant orienté plutôt catholique et témoins de Jéhovah toutes catégories sociales confondues. C’est simple quatre-vingt dix pourcent de la population (selon mon propre sondage) crois en dieu et suis à la lettre la bible.
J’en ai choqués quelques uns en révélant en grande pompe que j’était athée, j’aime vivre dangereusement haha. Et cela pour moi va de paire avec le fort taux de jeunes filles qui deviennent maman dès quatorze ans, parfois par manque d’éducation sexuelle parfois par choix lorsqu’elle ont vingt ans. Mais surtout par non choix car l’avortement est illégale et dans tous les cas au vu de leurs éducations religieuses cela ne leurs traverseraient pas l’esprit. Également les mariages surviennent beaucoup plus tôt et ce dans toutes les classes.

Le machisme est affolant, autant que le passage de musique reaggeaton commerciale de merde. Je suis convaincue que si l’ont faisais des statistiques on arriverais à un quatre femmes sur cinq victimes de viols au cours de leur vie. En tant que touriste blanche je n’en n’ai pas trop souffert car en général une réponse bien callée remet le macho à sa place.

C’est cela aussi qui m’a marqué finalement, contrairement au Mexique qui est beaucoup plus ouvert, du Guatemala je n’en garderai qu’un ami (ou deux) : mon cher Hector. Les gens originaires du pays avec qui j’ai echangé, vécu (parfois plusieurs semaines) ne m’ont jamais considérée je crois comme leur amie, leur égale, sinon comme une étrangère, celle qu’on ne comprendra jamais, comme une barrière impercéptible..

Alors bien-sûr tout ce que j’ai dit plus haut est à prendre avec des pincettes, ce n’en ai que mon humble ressenti de mon court séjour, et je ne part pas rancunière, du Guatemala je repart grandie, nourrie du meilleur comme du pire. Fier pays merci de m’avoir laissée vagabonder en ton sein 🌿🎨🌈

Retrouvez les précédents articles sur le Guatemala en cliquant sur les liens, Guatemala…Round I, Guatemala… Round II, Aruma Eco-Hostal, Guatemala…Round III

HONDURAS

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Après une journée de bus j’arrive finalement à La Ceiba. Fidel m’y attend et nous nous rendons en taxi jusqu’à l’hôtel où nous camperons le long de la rivière entourée de nature.

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La nature y est grandiose, les rocs qui parsèment le lit de la rivière sont énormes, nous sommes hors de l’espace temps, de retour à l’époque des dinausaures. On restera trois nuits, parfait pour découvrir les aldeas alentours et le parc naturel Pico Bonito.

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Puis direction Tela chez Enrique, il est de retour au Honduras après vingt-six ans de vie en Californie. Il nous explique qu’il ne peut plus entrer sur le territoire americain, bien qu’il est la carte verte, parce qu’une autre personne de même nom et prénom y est interdite et la confusion a été faite sur sa personne. Cela fait maintenant deux ans qu’il bataille à l’aide d’un avocat pour régler la situation.

Tela est une petite ville balnéaire bien tranquille où il fait bon vivre. L’attraction touristique principale est la réserve naturelle Punto Sal accessible par bateau. Malheureusement la météo ne nous permettra pas de nous y rendre.

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Nous partons pour Copán pour y voir les fameuses ruines. Le site vaut le detour (bien qu’un peu cher) est pleins de perroquets flamboyants. Dût aux conditions politiques tendues le touriste se fait rare et je crois que cela a dût jouer dans notre mésaventure (peut-être).

En effet dans notre hôtel « El Almendro » nous serons détroussés de nos objets de valeurs. (Mon mac, sa caméra et de l’argent liquide). Lorsque la police est venue l’employée et la femme du gérant se sont misent à dire que nous avions tout inventé. Le gérant me prend a part pour m’expliquer qu’il n’est pas responsable et qu’il ne sert a rien que je me rende à la police. Bref je peux faire une croix sur mon précieux ordinateur. Têtue je me rend tout de même au poste le lendemain pour y déposer plainte, et nous tentons de faire pression sur le gérant en menaçant de déposer un mauvais avis de son hôtel sur booking. Rien ne fonctionne. Je me fait une raison tant pis.

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©Aude-tte

Nous nous séparons et me rend a Ocotepeque, à un volontariat Workaway où m’attend Manuel.
Le village est comme tout autre village du Honduras ou de tout autre partie du monde, tranquille! La nature alentours y est ravissante. De chaques côtés des montagnes surplombent le hameau entouré d’un cours d’eau.

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©Aude-tte / Mes compagnons de peinture
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L’hôtel est encore en plein chantier et Manuel jongle entre ses travaux et la venue de volontaires pour mettre en oeuvre son projet.

Je vis avec lui et Marisal, une adorable grand-mère qui s’occupera de mon estomac.
Je resterai de bout en bout presque deux semaines dans ce petit havre de paix.

Je peins deux perroquets et un Toh.

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Le Guatemala m’appelle encore une fois… Suite au prochain épisode!

ARUMA ECO-HOSTAL

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© Aude-tte

Je retourne donc comme convenu à l’hôtel Aruma près de Semuc Champey pour peindre en premier temps le mur du restaurant !

Lorsque j’arrive je me lie d’amitié avec une employée de dix-sept ans qui est en charge de la propreté (nettoyer les chambres, draps, sanitaires etc). Ici les employés d’hôtels comme elle sont payés huit-cent quetzal par mois (sans jour de repos et oubliez les trente-cinq heures) ce qui la voyant s’afférer toute la journée me choque. Lorsque j’arrive l’hôtel est quasi vide mais quelques jours après il affichera complet jusque mon départ. La charge de travail augmente donc et je commence alors à mettre mon nez dans des choses qui ne me regarde pas… me met à dos le gérant de l’hotel et sa femme, disant qu’ils l’exploitent etc À la fin elle part avant la fin de son contrat et laisse le gérant en plan. La soirée passe, j’essaye d’expliquer pourquoi j’ai agis comme cela, que pour moi ce n’est pas juste, que c’est de l’exploitation puis fini par dire que moi aussi je partirai après avoir fini le mur du restaurant (nous avions convenu que je réaliserait aussi cinq chambres privées) BREF je me comporte comme une enfant capricieuse et aveugle car jusque là je ne regarde que la pauvre employé sans me rendre compte que le patron et son épouse travaillent beaucoup plus durement. Il m’explique (si crier sur quelqu’un s’appelle une explication, (je l’ai bien cherché en même temps j’ai plus qu’abuser de sa patience)) que le salaire qu’elle reçois est un peu plus élevé que ce qui se fait dans les hôtels alentours, qu’avant cette période de rush elle n’avait pas grand chose à faire à l’hôtel, qu’elle est nourrie et logée et que si elle avait l’air si occuper c’est surtout qu’elle avait peut-être une mauvaise organisation.

Les fêtes passent, l’ambiance est plus que tendue, je reste collée a mon mur dans l’histoire de le finir le plus rapidement possible et m’en aller. (entre temps j’ai dit au gérant que j’allais tenir ma parole, c’est à dire peindre tout son hôtel, mais que je partirai tout de même début janvier pour prendre l’air et revenir sur de nouvelles bases).

Au Guatemala les inégalités sont très flagrantes, un enfant de bonne famille et un autre d’une famille beaucoup plus modeste n’ont pas les même chances de départ. L’éducation est payante, et chère. Egalement les salaires, mon ami de bonne famille gagne pour un travail à la capitale quatre mille quetzals et me dit que le salaire minimum légal au Guatemala est de deux-mille cinq-cent par mois. Hors ici dans cette région reculée où il y a beaucoup d’indigènes qui n’ont pas ou peu accès à l’éducation une journée de travail comme agent d’entretien se paie cinquante quetzal (Sans vacances, sans repos, sans congés payés  et parfois jusque dix ou onze heures par jour). Mais voila ainsi sont les choses et moi qui pensait commencer une révolution en aidant mon amie me rends compte que je suis en réalité totalement impuissante, ce qui est très frustrant et difficile a accepté.

Puis miracle nous faisons la paix, je m’excuse platement, sincèrement j’ai appris une leçon, que je ne dois plus me laisser prendre par les sentiments et qu’il faut que j’analyse bien tous les éléments d’une situation avant de mettre mon nez là où il ne faut pas. Eux sont tolérants, me donne une deuxième opportunité de finir ce que j’ai commencé. Parce que oui évidemment, c’est dans leur intérêt que nous soyons en bons termes mais je ne dois pas oublier que c’est pour moi une chance en or de pouvoir m’exprimer aussi librement sur les murs de cet hôtel, je ne peux pas la gâcher.

Je passe le nouvel an dans ce petit hôtel avec huit français du pays basque, un Uruguayen et une Argentine dans la joie et la bonne humeur après cette semaine plus qu’éprouvante pour mes émotions !

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Retrouvez toutes les photos des peintures sur aude-tte.com

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Lorsque je regarde mon année 2017 encore une fois je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. Avoir la possibilité de faire ce qu’il me plaît de ma vie est un luxe. Voyager, découvrir, peindre, apprendre, re-découvrir, laisser la place à l’improvisation, re-peindre, rencontrer des personnes extraordinaires qui sont devenu mes amis pour la vie, vagabonder, rêver, visiter… Toutes ces choses, c’est de l’or que j’ai entre les mains.

Je me sens reconnaissante envers toutes les personnes qui ont croisées mon chemin et qui de près ou de loin m’ont aidé et m’aide encore à réaliser mes rêves. MERCI ! 🙂 Je pense à ma famille et à tous mes amis en France qui me manquent mais que je sens présents avec moi tout le temps. A mes amis mexicains que je vais voir cette année et aux nouveaux amis que je vais rencontrer dans le futur, car ne vous inquiétez pas je compte bien poursuivre dans cette voie en 2018 !

J’ai cette carte à remplir 🙂 Le monde n’a pas de limites pour moi héhé

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© Aude-tte – Antigua

Je quitte donc cet hôtel sur une note positive et nous nous donnons rendez-vous en février. Je pars sur un coup de tête à la charmante ville d’Antigua avant de me rendre dans l’horrible capitale pour régler mon visa (Je vais avoir besoin de plus de trois mois pour faire un tour au Honduras et finir de peindre l’hôtel). Et bonne année ! ❤ 

RANCHO ESCUELA AGROSOL, LE RETOUR

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Chose promise chose dû ! Me voilà de retour au Rancho Escuela Agrosol pour quelques semaines 🙂 Et mon but principal reste inchangé : peindre ! Encore une fois je suis éblouie par le calme et la sérénité du lieu et de sa nature luxuriante.

Je retrouve quelques uns et en rencontre beaucoup d’autres. Cette fois-ci le ranch remplit son rôle d’école avec une dizaine d’étudiant(e)s et une poignée de volontaires. Autant dire qu’il y a beaucoup d’ambiance 🙂 La plupart des étudiants ont dix-huit ans et sont originaires de la région, leurs familles possèdent des ranchs et ils sont ici pour apprendre à cultiver, s’occuper des chèvres, cochons, moutons, vache, à cuisiner, à bricoler bref à tenir un ranch écologique et dans la mesure du possible auto-suffisant. Les volontaires viennent : soit de la plateforme workaway, ce mois-ci nous étions deux américains et un argentin dont leurs familles possèdent également un ranch et sont venus pour apprendre comment tenir un ranch; soit ce sont des étudiants en passe de rendre leurs thèses également sur le sujet de l’agriculture, deux viennent du Guatemala et deux du nord du Mexique. Bref un peu de tout est réuni à ce petit coin de paradis mais tous partagent le désir de produire des aliments sains, sans pesticides ni OGM, respectueux de l’environnement.

Il y a ici une certaine prise de conscience sur le fait que nos ressources à l’échelle planétaire sont en train de s’épuiser, et à l’échelle de Mexico il y a des signes révélateurs, par exemple les nappes phréatiques de la région sont en train de se vider ainsi que la région du Veracruz lance une campagne d’aide financière pour ceux qui mettent en place des mesures économe en eau (comme les toilettes sèches en autres).

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Feu de bois en haut de l’altiplano

 

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© Aude-tte – Lucy la chèvre

Je me dédicace à la peinture de l’immense façade de la Aula, matin et après-midi tous les jours de la semaine. Chaque mercredi après-midi il y a tournoi de football sur l’altiplano et « pic-nic ». Je me découvre un talent de goal et la joie de réceptionner deux fois le ballon avec mon visage, heureusement mes lunettes en sortent indemnes haha

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© Aude-tte – Maiiis
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© Aude-tte – La rivière qui traverse la Pitaya
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© Aude-tte – La rivière qui traverse la Pitaya
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© Aude-tte – Le champs de café au sommet du rancho

Les week-ends nous sortons boire des coups avec les volontaires (car les étudiants sont mineurs) à Xalapa ou Coatepec. De bonnes tranches de rigolades en perspective. Ainsi que quelques ballades à la Pitaya ou à Xico, un « pueblo magico » à une vingtaine de minutes du ranch et qui abrite les cascades de Texolo. Je découvre également le Torito, boisson alcoolisée très sucrée à base d’alcool de canne à sucre délieuuuse 😀

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© Aude-tte – Visite des cascades de Texolo à Xico

Retrouvez plus d’informations sur le ranch sur leur page facebook sur leur site ou leur profil Workaway 🙂 

traitPeintures réalisées au Rancho Escuela Agrosl

À retrouver sur mon site aude-tte 🙂

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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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©Aude-tte – Une poule
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© Aude-tte – Un tatou
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© Aude-tte – Encore
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© Aude-tte – L’esprit oiseau qui protégeras votre âme au moment de vous délester
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© Aude-tte – Sur les murs des toilettes sèches
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© Aude-tte – On ne peut pas être plus claire