IXTEPEC

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De retour au Mexique ! Olga vient me chercher a l’aéroport et je resterai quelques jours en sa compagnie entourée de son petit frère, son compagnon & leur fille. Je peins une petite fresque dans la chambre de la petite. Nous profiterons du weekend pour préparer l’altar en vue du « Dia de los muertos » (la Toussaint) qui arrive. Nous nous rendons au « Mercado de Jamaica », un énorme marche couvert où se vendent des milliers de fleurs magnifiques tout au long de l’année et plus particulièrement ces jours-ci des chrysanthèmes et des sucreries, offrandes, papier découpés pour décorer l’Altar. Nous nous rendons également au « Mercado de Xochimilco », autre immense marché de plantes semi-couvert proche des fameux canaux de Xochimilco. Tout cela entrecoupé de délicieux plats mexicains, Chilaquiles, Tamales, Atole, Pozole, Tacos…

Mon plan est de passe le « Dia de los muertos » avec mon ami Manolo dans le village d’Ixtepec au sud de Oaxaca. Je prends donc un bus de nuit et arrive le 30 octobre a destination. j’y retrouve toute la joyeuse bande de « Cooperacion Communitaria » et mon cher Manolo. Une dizaine d’amis de Jimena son attendu ici pour fêter ce week-end special, s’en suivra un joyeux bordel de trois jours. Nous nous rendrons aux sources thermales dans les montagnes alentours ainsi qu’a la plage de Chipehua et ses dunes mystérieuses.

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Une première mauvaise nouvelle me fera modifier mes plans, je pensais rester un ou deux mois dans ce petit coin afin de realise d’autres peintures avec mes amis architectes de Juchitan, et peut être même une bibliothèque; finalement mon retour etant avance a décembre je ne pourrai rester qu’une semaine de plus. Je visite mes amis de Juchitan la semaine qui suis pour leurs faire part du changement, nous en profitons pour aller boire le fameux Bupu qui ne se déguste que sur la place de Juchitan à partir de dix-huit heures mioum Le jour suivant Michel me propose de me rendre a son atelier de gravure et me donne une plaque de lino ainsi que les outils 🙂 J’aime la lino-gravure ! J’en ferai sans aucun doute beaucoup plus une fois sur le vieux continent hehe L’heure des « au-revoir » arrivent nous nous donnons rendez-vous dans un futur proche, je retournerai très certainement dans l’Itsmo pour peindre 🙂

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La veille de mon départ pour Palenque la deuxième mauvaise nouvelle tombe, sur le coup je suis détruite. Mon avocate m’a envoyé un mail pour m’annoncer qu’un troisième procès de trois jours aura lieu en Mars (pour le cote rigolo, les dates tombent pile poil un jour avant le vol dans lequel j’aurais dût m’envoler). Je n’y crois d’abord pas, comment est-ce possible, pour moi tout cela faisait parti de mon passe depuis que j’ai reçu les dommages et intérêt de ces six années de calvaire en février dernier. Mais voila la « justice » étant ainsi faite il me faudra y retourner, encore. Apparemment mon violeur a demandé un recours en appel a la cour de Cassation. Sur le coup je ne sais même pas ce que cela signifie et un tourbillon d’émotions me secoue en repensant au deux procès précédents, tristesse, stress,et surtout la terreur, je suis morte de peur. Je me laisse un temps de décompression, de pleurs, j’appelle mon amie pour lui raconter et déjà je commence à remonter la pente. Peu après je me confie a Manolo puis plus tard a Olga, tout en prévenant par messages tous mes amis. Cela m’aide a reprendre du poil de la bête, je me relève, commence à faire des plans pour mon « retour » en Europe. Parce que pour le coup pour ça aussi je pensais avoir quelques mois de plus pour me préparer haha Je me renseigne également sur l’intituler barbare de cette nouvelle « renvoi en rappel devant la cour de cassation », au tout début ce n’était pour moi qu’un grand méchant mot, je commence a l’apprivoiser et cela me calme. Je dois avouer que le jour qui a suivi la nouvelle, dans le bus qui m’emmène à Palenque, recroquevillée sur mon siège, dans la pénombre, je n’arrive pas à contenir mes larmes. Elles m’aident à sortir le tourbillon d’émotions qui se joue en moi.

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Palenque ! Je me rends à un hôtel n’ayant pas reçu de réponses d’un couchsurfing, je profite de ses deux jours pour me reconstruire, me préparer, relativiser etc Et bien sur pour visiter les ruines, la seule raison d’ailleurs pour laquelle je suis venue a Palenque. Je ne serai pas déçue du voyage. Je flâne toute la journée entre les ruines et les dessine, O Joie 🙂

Viens l’heure de ma presque ultime destination de ce voyage, Bacalar ! Je dois y rejoindre Jorge, l’Aluxe sintropique et les autres membres de notre collectif Waybil. Le plan étant d’utiliser mes dernières semaines à la réalisation d’un guide didactique d’introduction a « l’agroforesteria sintropical » comprenant un max d’illustrations 🙂

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PUERTO VIEJO

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A peine le mur du centre de Yoga fini,  direction Puerto Viejo où m’attend Natacha ! Elle reçoit pour la première fois des volontaires avec la plateforme Workaway. Nous serons donc trois volontaires à vivre sous son toit 🙂 Pierre et Anaïs un jeune couple en voyage sur le long cours et moi même. Je n’avais jamais autant parler en français que dans cette maison au court de cette année et demi hors de France.

Puerto Viejo est un village au bord de mer caraïbien où se mélange des gens du monde entier 🙂 Italiens, Allemands, Canadiens, Belges, Français, Suisse, etc y vivent en parfaite harmonie avec les locaux.

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Je me charge de peindre la façade de la boutique de Natacha d’une énorme jungle aux couleurs pastels tropicaux.

Je réalise également trois illustrations avec pour thème Puerto Viejo pour un tout jeune café du village, afin que la gérante produise des mugs qui seront vendus à la haute saison.

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Le temps passe encore une fois beaucoup trop vite et il sera l’heure pour moi de me rendre à la capitale retrouver mes amies Laura et Katherine avant de m’envoler pour le Mexique 😀

 

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Cahuita

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Tableau de l’argo et expressions typiques du Costa Rica avec son équivalent Mexicain et sa traduction en français (J’en réserve un plus complet pour le Mexicain parce qu’il est très très très riche)

COSTA RICA MEXIQUE FRANCAIS
Pura Vida No tiene traductiones en Mexicano, puede significar « Buenos dias », « Gracias », « Como estas? », o « Que te vayas bien »… « Pura Vida » sirve para desear la pura vida a todos y todo el tiempo. Utilisé seulement au Costa Rica, ces deux petits mots sont l’âme du pays, ils s’en servent à toutes les sauces. Pour demander « comment ca va ? », « Bonne journée » ou « Merci » ou « Au revoir ». Pour souhaiter une « Pure vie » à tous tout le temps. 
Mae Wey Mec/Meuf
Picha

Ex : Mae que picha se me quemo el pollo // Mec, putain j’ai cramé le poulet

Verga

Ex : « Que verga estan haciendo aqui ? // Putain qu’est-ce qu’ils foutent ici?

Bite/Verge (oui, les costaricains et les Mexicains utilisent « bite » à toutes les sauces)
Pajillas Popotes Pailles
Enagua Mini-falda Mini-jupe
Usted Tu Tu // Au costa Rica lorsque l’on s’adresse a quelqu’un de proche, un ami on utilise « Usted » qui partout ailleurs se traduit « vous »
Vos Usted Vous // Et pour le  vouvoiement on utilise le « vos » qui partout ailleurs s’utilise comme un « tu » (sauf en espagne me semble-t-il)
Jale Vamos On y va
Saico (por una persona) Una personna que follia bien Une personne douée au lit
Saico (haciendo algo valiente) Tienes huevos Avoir des couilles
Pendejo Miedoso Un peureux
Wila Alguien joven Un jeune
Cochino Cochino Un porcelet (une personne sale)
Ray Ride/Aventon Faire du stop
Se va en el viaje Irse en algo (burrachera/enfermedad) Se
Me inyecte Me emocione Se
La goma La resaca/La crueda La gueule de bois
Mamador Mamador/hablador Un mytho
Emborrachar Embriagarse Se bourrer (d’alcool)
Vaya jalendo Vete ya Vas-t-en maintenant
Voyja Ya me voy J’y vais
Jaleas Amiga ya me voy J’y vais
Que fresa Que bonito Joli-e
Pipis Fresa Un riche qui s’y croit
Vara Cosa Chose
Tico Costarricense Costaricain
Tuanis Cool Cool
Parguear Echarla hueva/Tirarla hueva Moment de farniente, de ne rien faire
Brete/Yugo Chamba Taf
Cabanga Nostalgia de un ex Nostalgie d’un ex
Que carga Shingon-a Quelqu’un qui fait des choses admirables
Carreta Lento Lent
Presa Trafico Bouchon (voiture)
Chancleta Jippi Hippie en tong
Chueca Roto Defectueux
Chiva Chido-a Cool
Chuzo Riquillo/Nice Quelque chose de la haute
Coche Carriola Poucette
Cuerero Un hombre que escoje mujeres feas Un homme qui aime les femmes laides
Ligar Cotorear Draguer
Diay Cuenta me Racontes moi
Mi polvo fijo Mi culo/ Mi aca Plan cul
Polo Naco Beauf
Malendro Chaca Wesh
Pleito Pelea Bagarre

SAN JOSÉ

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Yoga Mandir – Aude-tte.com

J’arrive au Costa Rica, à la chaumière de Katherine et Laura qui m’avait contactée via Couchsurfing. Et je peux dire que j’ai été très chanceuse ! Avec mes deux nouvelles amies nous allons vadrouiller les week-ends autour de San José, faire la fête, et se goinfrer !
Katherine est graphiste et bosse depuis sa maison avec sa magnifique chienne Mapple. Ça a été un peu comme rencontrer mon double d’une autre nationalité haha
Nous sommes allé voir le volcan Irazú, un sanatorium, la cascade de Pozo Azul, le volcan Arenal et une escapade a Puerto Viejo, la jungle enchantée de Laura à Siquirres et La Fortuna 😀

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Volcan Arenal
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San Jose

Je change ensuite de maison pour me rendre chez Edgar qui m’a également contactée via Couchsurfing. Il est directeur d’un centre de Yoga et me laisse la liberté de peindre dans l’entrée de l’établissement 🙂 Je choisi le mur de l’escalier, le plus grand haha
Je passerai neuf jours clouée à mon mur, tout ce que je souhaitais faire :3
Les jours s’écoulent paisiblement, je peins je mange sain et la semaine je partage un peu mon temps avec les hôtes de la maison, les week-ends je rejoins Katerine et Laura pour de nouvelles aventures !

 

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Volcan Irazu

La langue encore une fois est un peu différente :
Par exemple en Tico on utilise le « usted » lorsque l’on parle à un ami, au contraire du Guatemala et Mexique où il est utilisé pour s’adresser de manière plus respectueuse a quelqu’un (un professeur, un aîné..).
A l’inverse le « vos » est utilisé pour parler à un aîné alors qu’au Guatemala il sert a s’adresser à ses amis proches et au Mexique il est remplacé par le « tu ».
Pour désigner un étranger caucasien (cheveux, yeux et peau claire), ou pour taquiner un ami qui s’est teint les cheveux ont l’appelle « Macha » si c’est une fille et « Macho » si c’est un garçon. Au Mexique ce sera « güera » et « güero ». Et au Guatemala on se contentera d’un « gringo » et « gringa » qui suppose que le peau pâle est américain haha
Mais toutes ses petites différences linguistiques je les réserves pour un article à part hihihi

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Cascades Pozo Azul

Je m’en vais donc pour Puerto Viejo, retrouver Natasha, belge expatriée dans ce petit coin de paradis 😀

OAXACA

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La station de train où ne passe encore que « La Bestia » en restauration afin d’accueillir une bibliothèque.  

Je pars donc de ma retraite méditative dans l’écrin de paix qu’est El Encinal pour me rendre à Juchitán de Zaragoza où m’attend Moises et Ivan, deux architectes et amis de Manuel rencontre a Oaxaca en septembre dernier et avec que je considère comme un de mes proches amis 🙂

Très franchement je ne savais absolument pas a quoi m’attendre et je pars le cœur gros tant je m’y suis sentie chez moi entourée de toutes ses personnes chaleureuses !
J’ai vécu un presque mois a Juchitán, chez Michel (représentant de la culture de Juchitán), Moises, Ivan et Bruno tous trois architectes pour « Roots Studio« . Le studio est basé a Oaxaca et a pour mission de reconstruire Juchitán, sévèrement touché par le séisme d’une force de 8.2 en septembre dernier, en majorité financier par des donations. Une partie de leurs travail est de compléter des travaux engagés par des familles mais non abouti par faute de moyen et l’autre partie est la construction de maison privatives conçues entièrement par le studio d’architecture. Ce sont deux chaumières de la deuxième catégorie que j’ai eue la chance de peindre 🙂
J’ai passé une semaine à la réalisation d’une façade de « la casa de Jimy« , chouchoutée par tous les membres de la famille ❤ En y repensant je me sens nostalgique et cela me manque.

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La maison de Jimy

Malgré le traumatisme dût aux pertes de proche(s) ou de maisons (ou de tout) les gens de Juchitán sont extrêmement généreux et chaleureux.
Je suis tombée amoureuse de leurs vêtements traditionnels, un haut brodé de milles couleurs et motifs et une jupe ample, le tout de couleurs vives. J’ai eu la chance de participer à trois « pachanga », deux anniversaires et un mariage. La règle est simple, lorsque vous arrivez vous payez votre caisse de bière puis vous prenez place sur une des chaises qui entourent la piste de danse que se charge d’animer un groupe de musiciens (cumbia, salsa etc) et les organisateurs de la fête s’occupent de vous apporter bières (beaucoup) et nourriture.
A peine ai-je terminé la maison de Jimy que Moises m’annonce une bonne nouvelle, je vais pouvoir peindre la maison de Roy, et j’ai carte blanche! Par contre j’ai cinq jours pour tout achever car la date de l’inauguration approche à grand pas!
Je pars donc sur le thème d’un conte oral Zapoteco (langue des peuples pré-hispanique de l’istmo), celui du lapin et du coyote. D’ailleurs à Juchitán tous les anciens parlent le Zapoteco, ainsi que les générations suivantes, des efforts sont réalisés par la région via le biais d’aides à des projets de livres ou d’outils didactiques en Zapoteco afin de transmettre la langue aux générations futures.
J’ai beaucoup aimé vivre avec les gars de Juchitán, mes papas de Juchitán comme j’aime les appeler, et eux « la petite fille oiseau » (« nina pajaro » juste parce que je ne sais pas dire la « j » haha)

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Ivan, Moises et moi-même devant la maison de Roy

Le week-end je retrouve mon cher Manuel (que je suis venue voir tout de même 🙂 ), où il vie, à Ixtepec, village situé à vingt minutes de Juchitán et beaucoup plus paisible. Il est également architecte et a rejoint depuis quelques mois l’équipe de « coopération comunitaria » qui se dédicace à construire des cuisines, comexcales et des fours en terres selon un principe de coopération avec les familles qui les reçoivent. L’entreprise lève une grande partie des fonds et la famille se doit de participer à la construction et apporter une partie du matériel comme la terre. Mon ami Manuel est surtout en charge de la construction des cuisines avec Octavio et me fera un tour du propriétaire. Les constructions en terre ou adobe (briques de terres) sont très résistantes et visuellement attractives (j’aime le beau pardon haha).

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Une des cuisines

Après les deux muraux réalisés sur les maisons construites depuis zero par Roots Studio à Juchitán, je peins un petit mur dans le botanero de la fille de la famille de Jimy et fait mes « au-revoir » à ma famille de Juchitán.

Avant on fera un détour par l’océan et par un Bupu, atole blanc recouvert d’une mousse réalisé a l’aide d’une fleur et de cacao, en face du palacio municipal et originaire de Juchitán.

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La meeeeer

Je m’en vais vivre mes derniers joursà Ixtepec avec Manuel et toute la joyeuse bande qui l’entoure.
Je peins un mur dans la maison de Octavio, Farina, Alejandra et Denis 🙂
Encore une fois je me sens chez moi et entourée de bienveillance, Merci ♥️

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Le mural dans la maison de Octavio a Ixtepec
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Manuel aux alentours d’Ixtepec
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Toit d’une maison construite par Manuel et toute l’equipe

Je m’en vais pour le Costa Rica, le cœur gros mais on s’est donné rendez-vous fin octobre, mon petit doigt me dit que je n’en ai pas fini avec l’Istmo 🙂

EL ENCINAL

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© Mon mur dans le site magique qu’est « El Encinal », au fond le lac de Valle de Bravo

Je pars donc en direction de Valle de Bravo retrouver Victor dans son royaume de Peter Pan nommé « El Encinal ».

 

Lorsque j’arrive je fais la rencontre de Marina, voyageuse au long court Argentine qui a un don pour la cuisine. Plus tard encore nous rejoindra Francisco, également voyageur au long cours Mexicain et qui a un tout aussi grand talent pour la cuisine. Autant dire que mon séjour dans ce cocon s’est plus que très bien passé 🙂 La vie suis son cours tranquillement, je m’occupe de peindre tout un pan de mur sphérique avec vue sur le lac et avec la compagnie de Apa, le plus beau de tous les chiens du monde 🙂

El Encinal pourrait s’apparenter au pays Imaginaire et Victor a Peter Pan, cela fait une vingtaine d’années qu’il construit avec l’aide de Thomas, de ses amis, et des différents volontaires, sa forteresse enchantée. Le lieu est une ancienne carrière de pierre, perché au bord d’un ravin surplombant le village El Arco et le lac de Valle de Bravo. Il est constitué de deux grandes maisons, de cinq/six chambres privatisées, d´une salle de méditation. d’un étang etc etc Et le tout est en permanente mutation. Une nouvelle chambre est en construction au sommet d’un arbre; Victor, Thomas et son ami Alberto ont construit un dôme de bois en haut d’une estrade en une petite semaine et Francisco va construire prochainement un système hydroponique. Liberté totale, il n’y a pas de limites a la créativité au Royaume de Victor 🙂

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© Cascade du Moulin

La semaine tout est plutôt calme, pour ma part je ne dévoue à peindre tant que l’orage ne nous tombe pas sur la tête, je brode, je lis, nous mangeons comme des rois. Le tout agrémenté de quelques sorties au village. J’aurais également l’occasion de participer (enfin) a un temazcal. Mon ami Paco viendra me rendre visite et nous découvrirons Valle de Bravo et les alentours.

Le temps filera à une vitesse folle et je resterai dans ce petit paradis un peu plus d’un mois. Il y a une énergie puissante qui se dégage du lieu, chaque fin d’aprés-midi s’invite l’orage et ses rayons puissants suivi de ses pluies diluviennes.

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© Aude-tte – L’église de Valle de Bravo
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© Aude-tte – La pena

En arrivant je dois avoue que j’avais le moral plutôt dans les chaussettes. Venant de me séparer de mon allemand, bien qu’étant en contact, nos retrouvailles étant prévu pour dans treeees longtemps.
Cela plus le fait d’un (peu-être) mal du pays, comme une sensation d’être déracinée, sans socle rassurant, parfois l’impression de marcher sur une corde, fragile et qui pourrait me faire tomber dans la folie. Ne plus être sur d’aller dans la bonne direction, puis plus tard d’être convaincue que c’est le bon chemin. D’avoir passé la frontière, d’être dans d’autre questionnement puis de revenir sur terre, relativiser. Comme un flot tendu d’émotions, de doutes, de questionnement, et puis tous leurs contraires, comme un grand-huit subtile intérieur. Est ce cela le mal du pays?

Ce lieu fut pour moi un refuge, une transition, comme une bulle oú le temps s’est arrêté, un endroit oú je me suis retrouvée face à mes inquiétudes et oú j’ai pu les formuler un peu à mes acolytes qui sont passés par la car voyageurs au long cours (au risque de me repeter).

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© Aude-tte – Détail de ma peinture
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© Aude-tte – Détail de ma peinture

Dans la foulée j’achète mon billet d’avion à bon prix en direction du Costa Rica fin août, je sens que j’ai besoin de stimulations, de changement d’airs. Et dans la même foulée j’achète mon billet pour l’Europe départ l’année prochaine (date tenue secrète). Avoir cette date je crois que cela me rassure, comme une bouée qui cadre la suite de ce voyage.traitVous pouvez retrouver ma peinture en entier en cliquant ICItrait

Pour le moment, alors que j’écris ses lignes, dans un bus de nuit, je me rends à Juchitan où m’attend Manuel, rencontré à Oaxaca en septembre dernier, et un mur de 3×5 metres que s de barbouiller de couleurs 🙂

RETROUVAILLES MEXICAINES

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Teotihuacan

Article precedent > clique ICI

Je sors donc de ma jungle et m’élance en direction de la mégalopole qu’est Mexico DF, retrouver ma chère soeur venue me rendre visite pour une semaine après un an de séparation. 🙂 Et c’est comme si je n’était jamais partie ! Nous passerons cette semaine à profiter de l’offre culturelle de Mexico, beaucoup de marche et de musées, les ruines de Teotihuacan… L’heure des adieux arrive très vite, mais nous nous retrouverons très bientôt (Le temps est une notion très relative :))

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Teotihuacan

Je m’en vais donc pour la deuxième partie de mes retrouvailles, direction Zacatecas, me réunir avec cette famille adorable qu’est celle de mon premier volontariat où j’avais attérie en mai dernier et où j’avais réalisé mes premiers murs colorées en territoire Mexicain. Et sans surprise tout ce passe merveilleusement bien 🙂 Une jeune belge fait partie des volontaires et plus tard se joindrons une famille espagnole qui a absolument tout plaqué pour voyager des Etats-Unies jusque Ushuaia dans une caravane avec leurs deux enfants. Les jours passent et ne se ressembles pas si bien que je demande à mon compagnon allemand venu me retrouver pour voyager trois semaines au Mexique avant son retour sur le vieux continent de m’y rejoindre afin que j’ai le temps de finir le mur que j’ai commencé. Nous en profiterons pour visiter quelques jours (encore une autre retrouvaille) mon cher ami à la merveilleuse citée qu’est Guanajuato.

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Zacatecas
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Le mur 

Nous quittons ensuite Zacatecas pour rencontrer des amis éloignés de la famille de mon ami allemand à Puerto Vallarta, profiter de l’air de l’océan Pacifique sous une chaleur de plomb une dernière fois puis irons découvrir Guadalajara jusqu’au départ de son avion.

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Guadalajara

Je me rends ensuite à Puebla retrouver une amie qui en est à la fin de son voyage de six mois au Mexique (et me rend compte par la même occasion que ses six mois ont passés trop vite). Je visite la ville sous la pluie, pas de bol, et me rend à Cholula voisine voir la fameuse église construite sur une énorme pyramide, si grande quelle ressembles à une grosse colline. Par contre la photo Google tant attendue est une supercherie, il est impossible de voir le volcan sous cette mer de nuages.

Enfin je me dirige vers ma prochaine maison, la résidence d’un artiste canadien vivant depuis trente ans à Mexico dont quinze a construire sa folle maison surplombant Valle de Bravo, mais ça je le garde pour le prochain article !

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Un apercu de mon travail (pas le chien hihi)

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️