EL ENCINAL

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© Mon mur dans le site magique qu’est « El Encinal », au fond le lac de Valle de Bravo

Je pars donc en direction de Valle de Bravo retrouver Victor dans son royaume de Peter Pan nommé « El Encinal ».

 

Lorsque j’arrive je fais la rencontre de Marina, voyageuse au long court Argentine qui a un don pour la cuisine. Plus tard encore nous rejoindra Francisco, également voyageur au long cours Mexicain et qui a un tout aussi grand talent pour la cuisine. Autant dire que mon séjour dans ce cocon s’est plus que très bien passé 🙂 La vie suis son cours tranquillement, je m’occupe de peindre tout un pan de mur sphérique avec vue sur le lac et avec la compagnie de Apa, le plus beau de tous les chiens du monde 🙂

El Encinal pourrait s’apparenter au pays Imaginaire et Victor a Peter Pan, cela fait une vingtaine d’années qu’il construit avec l’aide de Thomas, de ses amis, et des différents volontaires, sa forteresse enchantée. Le lieu est une ancienne carrière de pierre, perché au bord d’un ravin surplombant le village El Arco et le lac de Valle de Bravo. Il est constitué de deux grandes maisons, de cinq/six chambres privatisées, d´une salle de méditation. d’un étang etc etc Et le tout est en permanente mutation. Une nouvelle chambre est en construction au sommet d’un arbre; Victor, Thomas et son ami Alberto ont construit un dôme de bois en haut d’une estrade en une petite semaine et Francisco va construire prochainement un système hydroponique. Liberté totale, il n’y a pas de limites a la créativité au Royaume de Victor 🙂

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© Cascade du Moulin

La semaine tout est plutôt calme, pour ma part je ne dévoue à peindre tant que l’orage ne nous tombe pas sur la tête, je brode, je lis, nous mangeons comme des rois. Le tout agrémenté de quelques sorties au village. J’aurais également l’occasion de participer (enfin) a un temazcal. Mon ami Paco viendra me rendre visite et nous découvrirons Valle de Bravo et les alentours.

Le temps filera à une vitesse folle et je resterai dans ce petit paradis un peu plus d’un mois. Il y a une énergie puissante qui se dégage du lieu, chaque fin d’aprés-midi s’invite l’orage et ses rayons puissants suivi de ses pluies diluviennes.

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© Aude-tte – L’église de Valle de Bravo
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© Aude-tte – La pena

En arrivant je dois avoue que j’avais le moral plutôt dans les chaussettes. Venant de me séparer de mon allemand, bien qu’étant en contact, nos retrouvailles étant prévu pour dans treeees longtemps.
Cela plus le fait d’un (peu-être) mal du pays, comme une sensation d’être déracinée, sans socle rassurant, parfois l’impression de marcher sur une corde, fragile et qui pourrait me faire tomber dans la folie. Ne plus être sur d’aller dans la bonne direction, puis plus tard d’être convaincue que c’est le bon chemin. D’avoir passé la frontière, d’être dans d’autre questionnement puis de revenir sur terre, relativiser. Comme un flot tendu d’émotions, de doutes, de questionnement, et puis tous leurs contraires, comme un grand-huit subtile intérieur. Est ce cela le mal du pays?

Ce lieu fut pour moi un refuge, une transition, comme une bulle oú le temps s’est arrêté, un endroit oú je me suis retrouvée face à mes inquiétudes et oú j’ai pu les formuler un peu à mes acolytes qui sont passés par la car voyageurs au long cours (au risque de me repeter).

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© Aude-tte – Détail de ma peinture
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© Aude-tte – Détail de ma peinture

Dans la foulée j’achète mon billet d’avion à bon prix en direction du Costa Rica fin août, je sens que j’ai besoin de stimulations, de changement d’airs. Et dans la même foulée j’achète mon billet pour l’Europe départ l’année prochaine (date tenue secrète). Avoir cette date je crois que cela me rassure, comme une bouée qui cadre la suite de ce voyage.traitVous pouvez retrouver ma peinture en entier en cliquant ICItrait

Pour le moment, alors que j’écris ses lignes, dans un bus de nuit, je me rends à Juchitan où m’attend Manuel, rencontré à Oaxaca en septembre dernier, et un mur de 3×5 metres que s de barbouiller de couleurs 🙂

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RETROUVAILLES MEXICAINES

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Teotihuacan

Article precedent > clique ICI

Je sors donc de ma jungle et m’élance en direction de la mégalopole qu’est Mexico DF, retrouver ma chère soeur venue me rendre visite pour une semaine après un an de séparation. 🙂 Et c’est comme si je n’était jamais partie ! Nous passerons cette semaine à profiter de l’offre culturelle de Mexico, beaucoup de marche et de musées, les ruines de Teotihuacan… L’heure des adieux arrive très vite, mais nous nous retrouverons très bientôt (Le temps est une notion très relative :))

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Teotihuacan

Je m’en vais donc pour la deuxième partie de mes retrouvailles, direction Zacatecas, me réunir avec cette famille adorable qu’est celle de mon premier volontariat où j’avais attérie en mai dernier et où j’avais réalisé mes premiers murs colorées en territoire Mexicain. Et sans surprise tout ce passe merveilleusement bien 🙂 Une jeune belge fait partie des volontaires et plus tard se joindrons une famille espagnole qui a absolument tout plaqué pour voyager des Etats-Unies jusque Ushuaia dans une caravane avec leurs deux enfants. Les jours passent et ne se ressembles pas si bien que je demande à mon compagnon allemand venu me retrouver pour voyager trois semaines au Mexique avant son retour sur le vieux continent de m’y rejoindre afin que j’ai le temps de finir le mur que j’ai commencé. Nous en profiterons pour visiter quelques jours (encore une autre retrouvaille) mon cher ami à la merveilleuse citée qu’est Guanajuato.

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Zacatecas
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Le mur 

Nous quittons ensuite Zacatecas pour rencontrer des amis éloignés de la famille de mon ami allemand à Puerto Vallarta, profiter de l’air de l’océan Pacifique sous une chaleur de plomb une dernière fois puis irons découvrir Guadalajara jusqu’au départ de son avion.

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Guadalajara

Je me rends ensuite à Puebla retrouver une amie qui en est à la fin de son voyage de six mois au Mexique (et me rend compte par la même occasion que ses six mois ont passés trop vite). Je visite la ville sous la pluie, pas de bol, et me rend à Cholula voisine voir la fameuse église construite sur une énorme pyramide, si grande quelle ressembles à une grosse colline. Par contre la photo Google tant attendue est une supercherie, il est impossible de voir le volcan sous cette mer de nuages.

Enfin je me dirige vers ma prochaine maison, la résidence d’un artiste canadien vivant depuis trente ans à Mexico dont quinze a construire sa folle maison surplombant Valle de Bravo, mais ça je le garde pour le prochain article !

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Un apercu de mon travail (pas le chien hihi)

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

ARUMA ECO-HOSTAL, LE RETOUR

En Décembre j’était venue peindre un mur à l’hôtel Aruma Eco-hostal, perdu entre Lanquin et Semuc Champey.

©Aude-tte

Je retourne à l’hôtel Aruma pour accomplir ma parole : peindre les cinq habitations privées, un jaguard, un hibou, un singe, un lezard et un quetzal. Je m’y rend pleine d’appréhension puisqu’en Décembre on peut dire que cela fût plutôt tourmenté.

À mon arrivée je fait la connaissance de Nathaly et Mario, puis plus tard Carlos, et encore plus tard de Manuel. Ce sera elle qui se chargera de me remplir l’estomac de bons petits plats ces cinq semaines.
Ce fût au final un séjour tranquille sauf le début plutôt chaotique. Je commence donc par le négatif hehe

©Aude-tte / Et je vais entrecouper le texte de jolies photos de mon voyage / Rio Dulce

En partant en décembre j’avais laissé des affaires à l’hôtel afin de prouver ma bonne foi et rassurer le propriétaire sur mon retour. J’avais tout mis dans un carton derrière le bar, dont un bon téléphone cassé que je comptais réparer au Mexique. Le gérant m’avait assuré qu’il garderai mon precieux package dans sa chambre, en sécurité. Bref vous imaginez bien que si j’en parle c’est que ce ne fût pas le cas!
Mon carton n’avait en fait pas bougé d’un poil, ils se sont contentés de mettre un drap sur mes affaires et de le transformer en lit pour les chiens.. Et bingo bien sur le téléphone à disparu.
Au final je ne le retrouverais jamais et le proprio n’en prendra pas la responsabilité, je fait donc une croix dessus, ce sera pas la première fois cette année que je perd une pomme.

© Aude-tte / Tikal

Le lendemain de mon arrivée, le jardinier pète un boulon et picole tout l’après-midi jusqu’à finir à moitié mort sur le bord de la route car le patron manquera de peu de lui rouler dessus en retournant à l’hôtel. Le jour suivant il part sans prévenir, il quitte son poste, prend le large sur un coup de tête. Pour sa défense son boulot c’etait plus ou moins esclave; déblayer, nettoyer, couper l’herbe à la machette… Sept à neuf heures par jour, sept jours sur sept pour un salaire de misère.

© Aude-tte / Semuc Champey

Malheureusement la zone souffre d’une misère sociale assez impressionante. Par exemple il m’avait confié qu’il vivait là où il pouvait car le nouveau mari de sa mère ne voulait pas le voir, ce même mari qui est alcoolique et frappe cette même mère. Cette même mère dont le premier mari la battait également et battait les enfants donc lui. Ce qui expliquerai d’où il a pèté un boulon en s’enivrant de la sorte. Ce qui m’offusque c’est que tous les gérant d’hôtel profite de cet situation précaire et du fort taux de chômage de certains indigènes pour les exploiter. Bref j’y reviendrais un peu plus tard.

© Aude-tte / Sipacate
© Aude-tte / Une des peintures réalisées à la Casa del Pacifico

Ce même jour le soir, le gérant et deux employés s’enivrent en jouant au billard jusqu’au moment où encore une fois ça dérape. Voyant le navire sombré je m’éloigne sur mon banc (seul endroit où je capte internet) et j’observe de loin. Un des employé fini par ronfler dans un hamac l’autre employé c’est la jeune intendante qui doit le traîner au lit, ils passent devant moi et je me rend compte que le sac a gnôle est lourd, il tente de l’embrasser tout en marchant. Ils disparaissent de ma vue. Au téléphone j’ai la femme du patron qui me prie de surveiller que son mari ne prenne pas la voiture car il lui envoi des messages étrange, elle a peur qu’il se blesse où se fasse du mal. Je la rassure et attend que l’ivre aille se coucher tant bien que mal. Problème résolue mais un autre avait cours, n’ayant pas vue l’intendante revenir je m’inquiète et monte au dortoir. L’employé ivre-caisse l’a tient plaquée contre le mur et la pelotte de ses mains crasseuses. Je le pousse, j’entend que l’intendante s’est enfermée dans sa chambre. Je pousse le trou du cul sur un lit et lui dit dors ! Il bredouille des « pardon » et qu' »il ne veut pas dormir seul » et qu' »il est désolé.. » De quoi? D’avoir agressée l’intendante?! Je suis en rogne et le laisse là et à mon tour m’enferme à double tour, parce que même si il fait une tête de moins que moi je n’en suis pas moins rassurrée. Tout est reporté le lendemain au chef qui se remet doucement de sa gueule de bois. Le point positif c’est qu’après cette nuit là plus aucun employés (patron inclus) ne s’est enivré de la sorte au restaurant.

© Aude-tte / Acatenango

Le reste du temps la vie suit son cours paisiblement, au gré des clients de l’hôtel, je peins, je mange,j’étudie le quechi langue maya de cette région, le temps passe vite ! Fidel viendra même me rendre visite avant de partir en Colombie et nous irons visiter encore une fois Semuc Champey.

Une fois tout le travail achevé le patron m’envoi sans grand ménagements à El Remate d’oú demain je prendrais mon bus pour le Mexique.

©Aude-tte / El Remate
©Aude-tte / El Remate

C’est l’heure du bilan de ces quatre mois au Guatemala, pays aux artisanats textiles époustouflants, d’Antigua et son architecture coloniale, à la nature luxuriante de Rio Dulce, ses chicken bus, ses volcans Acatenango, Tajumulco où l’ont se croit sur le toit du monde, le mysterieux lac Attitlán, son autre lac au creux d’un volcan d’Ipala, sa capitale turbulente, ses plages du pacifique aux vagues houleuses, ses ruines magistrales de Tikal, ses mystérieuses piscines naturelles de Semuc Champey, ses aldeas habitées par ses orgueilleux mayas aux multiples langages…

© Aude-tte / Tajumulco

Derrière la carte postale j’ai aperçu des côtés moins glamour. De ce que j’en ai vu ces quatres mois les inégalités économiques sont très marquées. Et la pauvreté touche surtout les indigènes qui vivent en milieux ruraux et dont certains ne parle pas espagnol. Au Guatemala l’école est publique et gratuite jusqu’à onze ans, ensuite il faut payer et plutôt cher. Pour cela beaucoup de famille font le « choix » de ne pas envoyer leurs enfants à l’école après cet âge mais à chercher du travail. Les enfants qui naissent donc de familles qui ont peu de moyen ont peu de probabilités de s’élever économiquement, les postes bien rémunérés étant réservés à ceux qui possèdent des diplômes. Mon ami qui vient d’une bonne famille et qui a fait des études d’ingénieur sera payé pour un premier emploi dégotté par son père à la capitale trois milles quetzal du mois avec week-end, et il m’avait dit que le salaire minimum était de mille cinq cent. Maintenant le jardinier qui était parti de l’hôtel était paye quatre-cent quetzal tous les quinze jours, huit cent du mois sans week-end et avec des horaires plutôt rudes. Certe le travail ne demande pas de grandes compétences intellectuelles mais cela justifit-il un tel écart de salaire?

Le pays est extrêmement croyant et pratiquant orienté plutôt catholique et témoins de Jéhovah toutes catégories sociales confondues. C’est simple quatre-vingt dix pourcent de la population (selon mon propre sondage) crois en dieu et suis à la lettre la bible.
J’en ai choqués quelques uns en révélant en grande pompe que j’était athée, j’aime vivre dangereusement haha. Et cela pour moi va de paire avec le fort taux de jeunes filles qui deviennent maman dès quatorze ans, parfois par manque d’éducation sexuelle parfois par choix lorsqu’elle ont vingt ans. Mais surtout par non choix car l’avortement est illégale et dans tous les cas au vu de leurs éducations religieuses cela ne leurs traverseraient pas l’esprit. Également les mariages surviennent beaucoup plus tôt et ce dans toutes les classes.

Le machisme est affolant, autant que le passage de musique reaggeaton commerciale de merde. Je suis convaincue que si l’ont faisais des statistiques on arriverais à un quatre femmes sur cinq victimes de viols au cours de leur vie. En tant que touriste blanche je n’en n’ai pas trop souffert car en général une réponse bien callée remet le macho à sa place.

C’est cela aussi qui m’a marqué finalement, contrairement au Mexique qui est beaucoup plus ouvert, du Guatemala je n’en garderai qu’un ami (ou deux) : mon cher Hector. Les gens originaires du pays avec qui j’ai echangé, vécu (parfois plusieurs semaines) ne m’ont jamais considérée je crois comme leur amie, leur égale, sinon comme une étrangère, celle qu’on ne comprendra jamais, comme une barrière impercéptible..

Alors bien-sûr tout ce que j’ai dit plus haut est à prendre avec des pincettes, ce n’en ai que mon humble ressenti de mon court séjour, et je ne part pas rancunière, du Guatemala je repart grandie, nourrie du meilleur comme du pire. Fier pays merci de m’avoir laissée vagabonder en ton sein 🌿🎨🌈

Retrouvez les précédents articles sur le Guatemala en cliquant sur les liens, Guatemala…Round I, Guatemala… Round II, Aruma Eco-Hostal, Guatemala…Round III

HONDURAS

©Aude-tte

Après une journée de bus j’arrive finalement à La Ceiba. Fidel m’y attend et nous nous rendons en taxi jusqu’à l’hôtel où nous camperons le long de la rivière entourée de nature.

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La nature y est grandiose, les rocs qui parsèment le lit de la rivière sont énormes, nous sommes hors de l’espace temps, de retour à l’époque des dinausaures. On restera trois nuits, parfait pour découvrir les aldeas alentours et le parc naturel Pico Bonito.

©Aude-tte
©Aude-tte

Puis direction Tela chez Enrique, il est de retour au Honduras après vingt-six ans de vie en Californie. Il nous explique qu’il ne peut plus entrer sur le territoire americain, bien qu’il est la carte verte, parce qu’une autre personne de même nom et prénom y est interdite et la confusion a été faite sur sa personne. Cela fait maintenant deux ans qu’il bataille à l’aide d’un avocat pour régler la situation.

Tela est une petite ville balnéaire bien tranquille où il fait bon vivre. L’attraction touristique principale est la réserve naturelle Punto Sal accessible par bateau. Malheureusement la météo ne nous permettra pas de nous y rendre.

©Aude-tte

Nous partons pour Copán pour y voir les fameuses ruines. Le site vaut le detour (bien qu’un peu cher) est pleins de perroquets flamboyants. Dût aux conditions politiques tendues le touriste se fait rare et je crois que cela a dût jouer dans notre mésaventure (peut-être).

En effet dans notre hôtel « El Almendro » nous serons détroussés de nos objets de valeurs. (Mon mac, sa caméra et de l’argent liquide). Lorsque la police est venue l’employée et la femme du gérant se sont misent à dire que nous avions tout inventé. Le gérant me prend a part pour m’expliquer qu’il n’est pas responsable et qu’il ne sert a rien que je me rende à la police. Bref je peux faire une croix sur mon précieux ordinateur. Têtue je me rend tout de même au poste le lendemain pour y déposer plainte, et nous tentons de faire pression sur le gérant en menaçant de déposer un mauvais avis de son hôtel sur booking. Rien ne fonctionne. Je me fait une raison et quand j’aurais réuni suffisament d’argent investirait dans une nouvelle machine. (Si vous souhaitez m’aidez merci 🙂 )

©Aude-tte
©Aude-tte

Nous nous séparons et me rend a Ocotepeque, à un volontariat Workaway où m’attend Manuel.
Le village est comme tout autre village du Honduras ou de tout autre partie du monde, tranquille! La nature alentours y est ravissante. De chaques côtés des montagnes surplombent le hameau entouré d’un cours d’eau.

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©Aude-tte / Mes compagnons de peinture
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L’hôtel est encore en plein chantier et Manuel jongle entre ses travaux et la venue de volontaires pour mettre en oeuvre son projet.

Je vis avec lui et Marisal, une adorable grand-mère qui s’occupera de mon estomac.
Je resterai de bout en bout presque deux semaines dans ce petit havre de paix.

Je peins deux perroquets et un Toh.

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Le Guatemala m’appelle encore une fois… Suite au prochain épisode!

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© Aude-tte

Je retourne donc comme convenu à l’hôtel Aruma près de Semuc Champey pour peindre en premier temps le mur du restaurant !

Lorsque j’arrive je me lie d’amitié avec une employée de dix-sept ans qui est en charge de la propreté (nettoyer les chambres, draps, sanitaires etc). Ici les employés d’hôtels comme elle sont payés huit-cent quetzal par mois (sans jour de repos et oubliez les trente-cinq heures) ce qui la voyant s’afférer toute la journée me choque. Lorsque j’arrive l’hôtel est quasi vide mais quelques jours après il affichera complet jusque mon départ. La charge de travail augmente donc et je commence alors à mettre mon nez dans des choses qui ne me regarde pas… me met à dos le gérant de l’hotel et sa femme, disant qu’ils l’exploitent etc À la fin elle part avant la fin de son contrat et laisse le gérant en plan. La soirée passe, j’essaye d’expliquer pourquoi j’ai agis comme cela, que pour moi ce n’est pas juste, que c’est de l’exploitation puis fini par dire que moi aussi je partirai après avoir fini le mur du restaurant (nous avions convenu que je réaliserait aussi cinq chambres privées) BREF je me comporte comme une enfant capricieuse et aveugle car jusque là je ne regarde que la pauvre employé sans me rendre compte que le patron et son épouse travaillent beaucoup plus durement. Il m’explique (si crier sur quelqu’un s’appelle une explication, (je l’ai bien cherché en même temps j’ai plus qu’abuser de sa patience)) que le salaire qu’elle reçois est un peu plus élevé que ce qui se fait dans les hôtels alentours, qu’avant cette période de rush elle n’avait pas grand chose à faire à l’hôtel, qu’elle est nourrie et logée et que si elle avait l’air si occuper c’est surtout qu’elle avait peut-être une mauvaise organisation.

Les fêtes passent, l’ambiance est plus que tendue, je reste collée a mon mur dans l’histoire de le finir le plus rapidement possible et m’en aller. (entre temps j’ai dit au gérant que j’allais tenir ma parole, c’est à dire peindre tout son hôtel, mais que je partirai tout de même début janvier pour prendre l’air et revenir sur de nouvelles bases).

Au Guatemala les inégalités sont très flagrantes, un enfant de bonne famille et un autre d’une famille beaucoup plus modeste n’ont pas les même chances de départ. L’éducation est payante, et chère. Egalement les salaires, mon ami de bonne famille gagne pour un travail à la capitale quatre mille quetzals et me dit que le salaire minimum légal au Guatemala est de deux-mille cinq-cent par mois. Hors ici dans cette région reculée où il y a beaucoup d’indigènes qui n’ont pas ou peu accès à l’éducation une journée de travail comme agent d’entretien se paie cinquante quetzal (Sans vacances, sans repos, sans congés payés  et parfois jusque dix ou onze heures par jour). Mais voila ainsi sont les choses et moi qui pensait commencer une révolution en aidant mon amie me rends compte que je suis en réalité totalement impuissante, ce qui est très frustrant et difficile a accepté.

Puis miracle nous faisons la paix, je m’excuse platement, sincèrement j’ai appris une leçon, que je ne dois plus me laisser prendre par les sentiments et qu’il faut que j’analyse bien tous les éléments d’une situation avant de mettre mon nez là où il ne faut pas. Eux sont tolérants, me donne une deuxième opportunité de finir ce que j’ai commencé. Parce que oui évidemment, c’est dans leur intérêt que nous soyons en bons termes mais je ne dois pas oublier que c’est pour moi une chance en or de pouvoir m’exprimer aussi librement sur les murs de cet hôtel, je ne peux pas la gâcher.

Je passe le nouvel an dans ce petit hôtel avec huit français du pays basque, un Uruguayen et une Argentine dans la joie et la bonne humeur après cette semaine plus qu’éprouvante pour mes émotions !

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© Aude-tte

 

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Lorsque je regarde mon année 2017 encore une fois je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. Avoir la possibilité de faire ce qu’il me plaît de ma vie est un luxe. Voyager, découvrir, peindre, apprendre, re-découvrir, laisser la place à l’improvisation, re-peindre, rencontrer des personnes extraordinaires qui sont devenu mes amis pour la vie, vagabonder, rêver, visiter… Toutes ces choses, c’est de l’or que j’ai entre les mains.

Je me sens reconnaissante envers toutes les personnes qui ont croisées mon chemin et qui de près ou de loin m’ont aidé et m’aide encore à réaliser mes rêves. MERCI ! 🙂 Je pense à ma famille et à tous mes amis en France qui me manquent mais que je sens présents avec moi tout le temps. A mes amis mexicains que je vais voir cette année et aux nouveaux amis que je vais rencontrer dans le futur, car ne vous inquiétez pas je compte bien poursuivre dans cette voie en 2018 !

J’ai cette carte à remplir 🙂 Le monde n’a pas de limites pour moi héhé

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© Aude-tte – Antigua

Je quitte donc cet hôtel sur une note positive et nous nous donnons rendez-vous en février. Je pars sur un coup de tête à la charmante ville d’Antigua avant de me rendre dans l’horrible capitale pour régler mon visa (Je vais avoir besoin de plus de trois mois pour faire un tour au Honduras et finir de peindre l’hôtel). Et bonne année ! ❤ 

GUATEMALA… ROUND II

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© Aude-tte

Je pars donc pour Panajachel ou m’attend l’organisateur du festival « Voices from the lake » ! Je séjourne chez un américain rencontré au Mexique toute la semaine 🙂 Après la rencontre du chef une bonne nouvelle m’attend, le propriétaire de la réserve est d’accord pour que je peigne un mur de l’auditorium, mon travail restera donc après le festival. Je m’organise toute la semaine, acheter la peinture et les ustensiles puis peindre le mur (mais pas trop) jusqu’au jour de l’évènement. Je peint jusqu’à une heure de l’après-midi (j’était tellement stressée à l’idée de travailler devant des gens que je l’ai fini un peu trop tôt.. oups!). Gambadant dans le festival je tombe sur un Salvadorien rencontré à Semuc Champey et ses amis, la fête peu commencer !

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© Aude-tte
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© Aude-tte – Peinture réalisée au sein de la réserve naturelle Attitlan à Panajachel « pendant » le festival « Voices from the lake » 🙂

Après cette semaine à Panajachel je rejoins ma famille de coeur de ce voyage au Guatemala chez Hector à la capitale. Nous restons quelques jours visiter cette fourmilière (aucun de nous n’aiment les grandes villes) avant de partir pour l’ascension du majestueux volcan Acatenango !

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© Aude-tte – Volcan del Fuego depuis le sommet de l’Acatenango

Nous nous rendons d’abord à Chimaltenango rejoindre des amis d’Hector puis commençons l’ascension depuis une aldea bien en contrebas du sommet. Nous gravirons un peu plus de deux-mille mètres en six heures de marche. Le chemin passe par différentes atmosphères en fonction de l’altitude; juste après avoir quitté la route c’est une pente de terre abrupte que nous allons nous manger pendant quarante minutes (ou un peu plus je souffrais trop pour penser à regarder l’heure), on nous dit que nous avons passé le plus difficile, autour de nous des champs de mais et autres plantations. Nous marchons à travers un autre chemin de terre en pente abrupte (mais un peu moins) jusqu’à une forêt mystérieuse à la végétation dense et dans les nuages. Check-point, nous payons l’entrée de l’ascension du volcan; puis continuons notre chemin à travers une forêt de pin fantôme car ravagée par un incendie il y a quelques années. Nous sommes au dessus des nuages. En réalité tout le chemin est en pente abrupte, pour cela la légende dit que son ascension une des plus difficiles du Guatemala. Nous arrivons au campement que d’autres amis d’Hector arrivés un peu plus tôt dans la journée ont installés. Un peu de repos et de distraction avant de monter jusqu’au sommet le lendemain à l’aube (à une heure de marche du campement).

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©Aude-tte – Coucher de Soleil

La nuit sera (très) courte ! Le froid est mordant et ne me laisse aucun répit. Le soleil pointe le bout de son nez, un café pour se réchauffer, bien fatigués nous subissons les derniers mètres jusqu’au sommet. Et la magie opère ! Le spectacle est grandiose, sur le toit du Guatemala, à cette altitude nous pouvons voir tous les volcans alentours, jusqu’au Tajamulco (plus haut volcan d’Amérique centrale)! Nous resterons une paire d’heure à observer le volcan de Fuego cracher fumée et lave.

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©Aude-tte – L’Aube 
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©Aude-tte – L’équipe de choc ! 

Retour à la capitale ! Fatigués, que dis-je exténués nous nous octroyons un jour de glandouille intense dans un canapé à manger du chocolat et boire du thé… avant de partir vers de nouvelle aventures ! Cette fois-ci nous visitons un autre ami d’Hector vers le sud-est du Guatemala non loin de la frontière avec le Salvador. Celui-ci possède une source d’eau « agua pura » qui est en réalité traitée et re-traitée afin de pouvoir être consommée. La grande majorité des sources d’eau du Guatemala sont polluées et nécessite ce type de traitement avant d’être vendue. Nous déjeunons puis partons à la recherche des Cascades de Niagara ! Et ce ne fut pas une mince affaire ! En réalité nous ne savons pas où elles se trouvent.. nous allons donc au petit bonheur la chance demandant à droite à gauche notre chemin. A un moment nous quittons la route pour un chemin de terre et roulons une heure (après deux heures sur l’asphalte l’ami d’Hector qui conduit commence beaucoup à perdre patience), mais la motivation elle reste bien la ! Obstacle, nous buttons sur une rivière; nous descendons du pick-up et prenons un pont pour aller sur l’autre rive, une famille s’y détend, nous demandons (encore) où sont les cascades (et si elles existent?!) Bingo ! il nous faut marcher une demi-heure sur un chemin à travers champs et nous y arriverons enfin ! Nous nous activons car la nuit ne va pas tarder à tomber, et enfin arrivons! Nous nous baignons et retournons au pick-up de nuit puis à la maison de notre ami encore une fois exténués ! Le lendemain matin nous prendrons (encore) un chickenbus direction la capitale !

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©Aude-tte – Les chutes !
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©Aude-tte – Du haut des chutes
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©Aude-tte

Le plan de la semaine qui suit est de retourner à la maison del Pacifico afin que je peigne une représentation de la famille de notre cher ami Hector comme cadeau d’anniversaire du patriarche. Nous passons la semaine bien tranquille au soleil et sous la chaleur torride ! Je me délecte de pouvoir peindre encore une fois 😀

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©Aude-tte – Lever de soleil sur le pacifique
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©Aude-tte

D’un excès de zelle, je peins deux perroquets de l’autre côté de la maison et remplit de fond marins deux murs adjacents aux tortues. La maison ressemble maintenant à un squat de hippies.. et je suis fière de moi haha Le week-end nous nous rendons au Wizards Camp Out, un festival de musique électronique dans un lodge à Monterrico 😀

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©Aude-tte – Les enfants Villafuerte
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©Aude-tte – Mario
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©Aude-tte – Hector
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©Aude-tte
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©Aude-tte

Notre dernière destination ensemble (pour le moment) sera le volcan d’Ipala ! Dans ce village cher au coeur d’Hector, nous pouvons séjourner dans une maison entourée de champs et vaches 🙂 Nous serons surpris par la chaleureuse gentillesse de ses habitants et visiterons le lac du volcan d’Ipala. Pour y arriver ce ne fut pas, une fois de plus, une mince affaire (dans le sens ou l’information que l’on avait était que nous n’aurions qu’a marcher pendant trente minutes et si possible à cheval (un de mes compagnons à le genou en vrac depuis deux semaines) pour arriver au sommet) Que neni ! Nous marcherons trois heures sous un soleil de plomb avant de faire plouf dans l’eau geler du lac ! Mais comme toujours nous sommes bien contents de nous 🙂

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©Aude-tte – Le lac d’Ipala au sommet du volcan
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©Aude-tte – En route !
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©Aude-tte – Vue sur le volcan depuis notre cocon

Hector nous rejoindra le samedi (puisqu’il travail à la capitale) et nous allons rendre visite à son cousin. Celui-ci possède une ferme dans les montagnettes alentours ou il élève des vaches et produit du miel, entre autre.

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©Aude-tte – La traite des vaches!

Le week-end s’achève, je me rend à la capitale avec Hector et laisse mes deux chers compagnons allemands derrière moi avec tristesse, mais le coeur remplit de souvenirs inoubliables ! et mon petit doigt me dit que l’on se réunira une dernière fois en janvier 🙂 Comme dit dans le précédent article, demain je pars pour ma dernière étape au pays des chapines, l’hôtel Aruma que je m’en vais peindre de haut en bas et de droite à gauche !

A bientôt !

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©Aude-tte – Photo bonus de Noël ! Un fameux chickenbus et moi-même