LE (LONG) RETOUR

Et quel « retour » haha

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Parce que c’est beau

Cela fait déjà presque cinq mois que je suis de retour en Europe. Je n’ai pas vraiment eu le choix, un autre procès ayant été programmé au mois de mars passé et j’avoue me rendre à peine compte que je sors de la secousse post-traumatique que celui-ci à eu comme effet sur moi.

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L’arbre peind a Dresden

Mais enfin, cinq mois déjà, et il s’est passé énormement de choses ! J’ai fait coucou à la France, suis passée dire Guten Tag à Berlin, peins une façade dans la ferme du bonheur au sud-ouest de l’Allemagne, fait coucou à de vielles connaissances Viennoises, intégrée une communauté anarchiste au sud-ouest de la cambrousse polonaise ou j’ai peins une forêt rebelle, le tout entrecoupé de retrouvailles avec ma moitié d’âme soeur à l’est de l’Allemagne (et peinturler son salon tant qu’a faire).

Si on reviens sur les premières impressions c’était effectivement  comme on me l’avait raconté : HORRIBLE. Le choc à été rude haha En meme temps passer de la jungle tropicale à la jungle Parisienne c’est assez tendue. Pas seulement en terme sons, odeurs, visions :  du chant des oiseaux au hurlements des moteurs du periph’; mais aussi des gens : du « hippie » vivant dans le présent et se délectant de son éternité aux travailleurs urbains courant après lui tout en le chargeant d’activités futiles. Alors moi avec ma fleur au fusil et ma vision d’un monde meilleur, c’est pas une claque que je me suis prise, c’est une giga-pelle.

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Lili et Loty ❤

Heuresement je ne suis pas restée, heuresement j’ai continué à me laisser porter par le vent, ce même vent qui m’a amenée à « Solawi Zabergau« . Une ferme dans le sud-ouest de l’Allemagne qui à plusieurs particularités. Tous ses produits sont bio, produit sans pesticides, la vente ce fait sous forme d’abonnement annuel ou mensuel : chaque membre reçois chaque semaine un panier de légumes en fonction de la production. Les invendus des super-marchés et boulangeries sont recuperés via une association et mis a disposition du village, même chose pour les vêtements et toutes choses qui puissent être utiles : par exemple la peinture que j’ai utilisé était des restes de particuliers et/ou entreprises, ils ont deux alpacas… J’ai passé un mois dans ce cadre idylique (malgrès le froid) où nous convivions entre six et neuf volontaires dans une grande chaumière au coeur du petit village de Hausen. Cinq heures de travail nous étaient demandé et le reste du temps nous le passions à cuisiner et manger et vivre entre citoyens du monde. Je vais très bientôt y decouvrir la version « été » puisque j’y retourne en Juillet pour finir la façade 😀 Lorsque j’y était, je me suis sentie tout de suite « chez moi », entourée d’une japonaise, de deux etudiants en agronomie cambodiens, deux anglais, une allemande et un argentin. Tous avides d’en apprendre sur la culture de l’autre et de partage.

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Oui j’ai peins un alpaca…
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Atelier Wolimierz ❤

Après les hippies j’ai voulu aller voir l’anarchisme, alors j’ai trouvé un petit paradis (toujours via Workaway) en Pologne. Bon je dois avouer que pour moi, finalement, ce sont deux mondes assez similaires, le look les différencie peut-être et la « rage », les punks étant un poil plus « énervé » politiquement (peut-être) haha Bon cette fois-ci pas vraiment de melting-pot puisque j’était la seule volontaire. J’ai appris quelques mots en polonais du coup. Atelier Wolimierz ce situe au pied des montagnes Jizera au sud-ouest de la Pologne. C’est un ancien atelier de wagon, voisin d’un autre lieu communautaire et artistique « Stacja Wolimierz« , l’ancienne station de train du meme nom. L’atelier fait face à une forêt touffue où l’on a pu voir nombre de faune sauvage, sous la majestuese présence des montagnes enneigées. J’ai également eu l’occasion de parcourir les alentours à bicyclette (400km au compteur hehehe) et découvrir la nature et l’architecture particulière de la région. J’en suis à peine sortie et suis encore toute attachée à ce lieu très special, un lieu de liberté et de partage 😀

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Atelier Wolimierz
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La Pologne
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Escapade en Republique Tcheque

Au final je ne sais toujours pas bien vers où je vais mais je suis contente d’avoir vu que sur le « vieux continent » de tels lieux existent! Et je sais qu’il y en a beaucoup plus! Comme un souffle de liberté dans cette dictature d’états où chaque nouvelle loi et tête dirigeante est plus nauséause que la précèdente. Alors voilà, pour le moment je continue a tracer ma petite route dans la joie et les coups de pinceaux 😀

Aujourd’hui l’Allemagne, demain le Portugal et l’Espagne (avec un passage en France hehe)

Tchuuuuus

 

 

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CENTRO HOLISTICO AKALKI

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La lagune de Bacalar

Je retourne auprès de mon cher Jorge l’Aluxe agriculteur sintropico et sans surprises tout prend un tournant magique haha Déjà nous vivons dans la jungle, dans des dômes de bois, notre cuisine est elle aussi dans la jungle et une seule fine moustiquaire nous protègent des moustiques. C’est un spectacle son, lumière et odeur permanent, vivre entouré de la nature redonne sens.

Lorsque j’arrive le « Encuentro bio-regional El llamado de la Laguna » est sur le point de commencer et l’effervescence est palpable bien que je me dédicace à peindre dans le potager, l’endroit le plus serein de l’univers 🙂 Le festival a pour but de sensibiliser les populations locales sur la prévention de la lagune de Bacalar. Depuis quelques années Bacalar devient de plus en plus populaires, les hôtels, shops et restaurants fleurissent et un flots de plus en plus important de touristes vient goûter à sa beauté. Mais voilà sans grandes normes ni règles, ni infrastructures les eaux usées de tous ce monde grandissant se déversent sans traitements dans la lagune, les autres déchets sont entreposés dans une décharge à ciel ouvert, sans parler des nouvelles constructions qui mange le « manglare », marais précieux qui borde la lagune. Les populations locales voient dans cet afflux une bonne nouvelle car promesse de richesse et trop peu ce préoccupe des problèmes environnementaux quelle génère, de là la création de ce festival.

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L’ Aluxe dans le potager

Comme dans presque tous les endroits où je me suis retrouvée c’est un volontariat, en échange de quatre heures de labeurs par jour nous avons notre gîte et couvert 🙂 Ma mission sera de peindre et aider avec des contenus graphiques et photographiques Colectivo Waybil et Selva Comestible Bacalar 😀

Le reste du temps nous nous occupons de nos projets personnels ou aidons un peu plus au potager, je brode, je dessine, nous cuisinons, profitons de la lagune etc

La vie est simple et tranquille, nous vivons entourés de nature, mangeons sain, vivons au rythme du soleil, travaillant la terre et récoltant ses fruits avec une juste répartitions du temps consacre à soi même et à la communauté. L’endroit parfait en sorte 😀 Un jour je vivrais dans un lieu similaire, lorsque le moment viendra pour moi de me « poser ».

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Mais voila le temps nous jouent des tours et passe vite, beaucoup trop vite. Déjà viens l’heure de mon retour. j’avoue être extrêmement nerveuse et pleine de doutes sur ce retour, tous mes compagnons de voyage au long cours m’ayant dit que c’était une étape assez horrible haha La semaine précédent mon départ mes compagnons nous propose une cérémonie de Wachuma, je ne sais pas bien ce que c’est mais ai entièrement confiance en mes amis, la cérémonie est programmée 🙂

La cérémonie commence par la préparation du Wachuma, qui est un cactus en poudre que mes comparses ont amené du Pérou. Nous sommes six candidats et avec énormément de respect et cérémonie nous devons tous les six participer à la cuisine de la plante. Concrètement, nous nous sommes réunis pendant quatre heures autour du feu, chantant, nous « nettoyant » avec du Copal, nous ouvrant l’esprit avec du « Rape », tout en prenant soin de la bonne cuisson du Wachuma à tour de rôle. Lors de la réalisation de l’offrande, qui peut être un bout de papier ou un objet qui sera ensuite brûlé ou enterré, pour remercier la Wachuma, nous demandons chacun ce que nous souhaiterions, attendons de la plante. Toute cette préparation ce fait dans un respect sacré des éléments naturelles, respect pour la plante qui agira a l’intérieur de chacun de nous, respect pour les gardiens du lieu dans lequel nous allons prendre cette même plante, respect pour nous même et pour les autres… Lorsque la préparation du cactus est terminé nous la déposons dans une bouteille (nous recupérons un litre de Wachuma) et formons avec des morceaux de bois et l’offrande, que nous avons déposée dans un bambou, un cercle protecteur autour d’elle. Nous partons nous reposer, je ressens alors un mélange d’appréhension, d’impatience et de curiosité.

Le lendemain matin nous nous levons relativement tôt pour un dimanche, une fois que nous sommes tous réunis et dispos nous nous réunissons auprès de la Wachuma. Encore une fois nous nous purifions avec des cérémonies, dans un respect sanctifié du monde qui nous entoure. Puis nous commençons à boire, une coupette chacun notre tour, d’un liquide qui s’apparente a une soupe au goût amère. Nous nous reunissons autour d’un hôtel, un tissu carre sur lequel sont déposés l’offrande et différents instruments de musiques que nous allons utiliser tout au long de la journée, chacun allongés ou assis sur un matelas de yoga. Nous commençons à chantonner (je dis nous mais en réalité je n’ai pas poussé une seule chansonnette, ma timidité ne me le permettant pas haha), au gré des envies de chacun, les chants s’enchaînent de façon harmonieuse, accompagnés des sons de maracasse, tambour, guitare, flûte et cuenco. Au bout  de quarante minutes, mon ami nous demande comment nous nous sentons et si nous voulons une deuxième coupe de soupe magique. Tous disent qu’ils ne ressentent rien, je dois avouer que pour le coup je ressens déjà les effets du cactus, tout mon corps est engourdi, comme si j’étais faite de coton. Je décide de poursuivre la cérémonie tout de même, et nous reprenons tous une deuxième coupette. Encore une fois les chants et musiques s’enchaînent, et s’enchaîneront tout le long de la matinée. Nous buvons quatre bolinette chacun, à chaque fois espacée d’une quarantaine de minutes. Des le début de la cérémonie, comme je l’ai déja dit, je me sens comme enveloppée de coton, cette sensation va s’intensifier. Je ressens chaque goutte de Wachuma dans mon corps, comme une onde chaude, d’amour pur et bienveillant qui coule dans toutes mes cellules, de la pointe de mes pieds a la pointe de mes doigts en passant par tous les organes internes. Je me sens comme dans le ventre de ma mère, si bien que je pourrais en pleurer, c’est une sensation très étrange. Mes sensations sont décuplées, les sons de nos chants résonnent plus puissants, plus riches, comme des ondes qui me traverse de part et d’autre.

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Vers le milieu de l’apres-midi, nous avons fini le liquide vert, quelque uns veulent se baigner dans la lagune, nous fermons donc la cérémonie. Nous nous rendons auprès du feu avec l’offrande et nous la passant entre les mains, tours à tours, lui exprimons notre gratitude. Puis nous posons l’offrande dans un feu où elle se consumera totalement. La cérémonie est terminée, mais les effets du Wachuma en nous non 🙂 Presque tous se rendent à la lagune pour nager et ressentir les éléments plus intensément. Je reste sous le dôme avec mon amie et lui joue du Cuenco (un bol métallique tibétain qui émet des sons/vibrations lorsqu’il est frappé ou touché), dans ce semi-etat de transe jouer du cuenco est pour moi extrêmement plaisant, j’entends toutes les subtilités des sons émis par le bol, se sont alors pour moi des chants indiens et une voix féminine qui résonne depuis le fond du bol, et ressent chaque vibration produite dans mon torse. Pour mon amie c’est un gage de voyage astral, allongée sur le dos elle savoure la danse de ma main autour du cuenco. Les heures passent puis les autres reviennent, nous partons marcher dans la jungle alentour, même sans hallucinations visuelles elle exulte quelque chose de différent, tout est plus intense, plus sensible.. La nuit va tomber nous revenons à la cuisine et nous retrouvons tous ensemble, nous allons à la palapa de méditation, construite sur pilotis au dessus de la lagune, le lieu en soit est mystique. Nous observons les astres, toujours avec la même joie enfantine, nous sommes tous animés d’une joie pure, nous nous détectons de plusieurs étoiles filantes. Heureux juste d’être là, tous ensemble, simplement pour admirer le spectacle de ce ciel étoilé. Nous dînons, enfants hilares puis sonne l’heure de clôturer cette journée magique. Je m’endors rapidement d’un sommeil lourd et serein.

Tous mes doutes et peurs liés à mon retour en Europe se sont dissipés, je ressens qu’une énergie positive à repris le dessus, plus que jamais je me sens proche de la toute puissante « pachamama », notre Mère nature qui nous bercent tous. Mes doutes et craintes existent toujours mais j’ai pu prendre du recul fasse à elles.

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Le jardin médicinale dans notre potager Selva Comestible Bacalar

Je me rappelle qu’elles ne sont pas si importantes pour m’infliger tant de tracas, un peu comme lors de mon expérience avec la Changa en avril dernier. Pour moi, lors des événements difficiles qui surviennent dans ma vie, ma seule responsabilité est d’en faire un apprentissage et non de crier « Pourquoi moi? ». Je ne me sens pas responsable des événements tragiques qui ont changés le cours de ma vie, peut-être etait-ce ma destinée je ne sais pas, mais ma responsabilité est d’apprendre d’eux, d’en faire une force et non une faiblesse ni une souffrance éternelle. Je me dois de les affronter, non pour les vaincre mais pour les apprivoiser, me les approprier et continuer ma route avec leurs enseignements. Dans le cas des viols que j’ai subit je pense que ce voyage ma permise de prendre du temps pour moi, me retrouver en face de mes blessures, souffrances, d’écouter mes doutes, mes peurs, d’accepter mes erreurs, mes défauts, de me voir telle que je suis réellement et à partir de là de me reconstruire. De re-apprendre à m’aimer, de reprendre confiance en moi, en mes capacités, de pouvoir m’exprimer artistiquement sans crainte d’être jugée, d’être plus honnête avec moi même; et ainsi de pouvoir être plus à l’écoute de mes proches. Chaque rencontre que j’ai faite au cours de ce voyage de un ans et huit mois à posé une pierre à cet édifice, mais également mes rencontres passée auquel j’ai pensé et avec qui j’ai communiqué. Et ce n’est que le début ! Je sais qu’il me reste énormément de chose à apprendre et à découvrir, je suis redevenue une enfant, qui de ses yeux innocents observent le monde, et je ne souhaite pas la voir grandir de si tôt cet enfant. Je vais continuer à peindre et surtout à me laisser guider par la vie, elle à toute ma confiance.

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Aude-tte.com

Ce sera le coeur léger que je me rends en direction de la France, pleine d’espérances, chargée d’amour, motivée et exitée de partager mes aventures avec mes proches 🙂

(Bon au moment où j’écris ses lignes, cela fait deux semaines que je suis rentrée et je dois avouer que j’ai surtout eue l’impression de m’éclater contre un mur, imaginez vous une hippie la fleur au fusil qui se prend la « dure réalité » de la vie en plein dans la gueule BAM.. mais ça je le garde pour le prochain article haha)

traitVous pouvez retrouvez toute mes aventures sur une google maps ici : https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?hl=fr&mid=1wW4oI6ucXz6CD_cd2DWjDPE2818

ou sur la page Cartographette de ce même site

IXTEPEC

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De retour au Mexique ! Olga vient me chercher a l’aéroport et je resterai quelques jours en sa compagnie entourée de son petit frère, son compagnon & leur fille. Je peins une petite fresque dans la chambre de la petite. Nous profiterons du weekend pour préparer l’altar en vue du « Dia de los muertos » (la Toussaint) qui arrive. Nous nous rendons au « Mercado de Jamaica », un énorme marche couvert où se vendent des milliers de fleurs magnifiques tout au long de l’année et plus particulièrement ces jours-ci des chrysanthèmes et des sucreries, offrandes, papier découpés pour décorer l’Altar. Nous nous rendons également au « Mercado de Xochimilco », autre immense marché de plantes semi-couvert proche des fameux canaux de Xochimilco. Tout cela entrecoupé de délicieux plats mexicains, Chilaquiles, Tamales, Atole, Pozole, Tacos…

Mon plan est de passe le « Dia de los muertos » avec mon ami Manolo dans le village d’Ixtepec au sud de Oaxaca. Je prends donc un bus de nuit et arrive le 30 octobre a destination. j’y retrouve toute la joyeuse bande de « Cooperacion Communitaria » et mon cher Manolo. Une dizaine d’amis de Jimena son attendu ici pour fêter ce week-end special, s’en suivra un joyeux bordel de trois jours. Nous nous rendrons aux sources thermales dans les montagnes alentours ainsi qu’a la plage de Chipehua et ses dunes mystérieuses.

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Une première mauvaise nouvelle me fera modifier mes plans, je pensais rester un ou deux mois dans ce petit coin afin de realise d’autres peintures avec mes amis architectes de Juchitan, et peut être même une bibliothèque; finalement mon retour etant avance a décembre je ne pourrai rester qu’une semaine de plus. Je visite mes amis de Juchitan la semaine qui suis pour leurs faire part du changement, nous en profitons pour aller boire le fameux Bupu qui ne se déguste que sur la place de Juchitan à partir de dix-huit heures mioum Le jour suivant Michel me propose de me rendre a son atelier de gravure et me donne une plaque de lino ainsi que les outils 🙂 J’aime la lino-gravure ! J’en ferai sans aucun doute beaucoup plus une fois sur le vieux continent hehe L’heure des « au-revoir » arrivent nous nous donnons rendez-vous dans un futur proche, je retournerai très certainement dans l’Itsmo pour peindre 🙂

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La veille de mon départ pour Palenque la deuxième mauvaise nouvelle tombe, sur le coup je suis détruite. Mon avocate m’a envoyé un mail pour m’annoncer qu’un troisième procès de trois jours aura lieu en Mars (pour le cote rigolo, les dates tombent pile poil un jour avant le vol dans lequel j’aurais dût m’envoler). Je n’y crois d’abord pas, comment est-ce possible, pour moi tout cela faisait parti de mon passe depuis que j’ai reçu les dommages et intérêt de ces six années de calvaire en février dernier. Mais voila la « justice » étant ainsi faite il me faudra y retourner, encore. Apparemment mon violeur a demandé un recours en appel a la cour de Cassation. Sur le coup je ne sais même pas ce que cela signifie et un tourbillon d’émotions me secoue en repensant au deux procès précédents, tristesse, stress,et surtout la terreur, je suis morte de peur. Je me laisse un temps de décompression, de pleurs, j’appelle mon amie pour lui raconter et déjà je commence à remonter la pente. Peu après je me confie a Manolo puis plus tard a Olga, tout en prévenant par messages tous mes amis. Cela m’aide a reprendre du poil de la bête, je me relève, commence à faire des plans pour mon « retour » en Europe. Parce que pour le coup pour ça aussi je pensais avoir quelques mois de plus pour me préparer haha Je me renseigne également sur l’intituler barbare de cette nouvelle « renvoi en rappel devant la cour de cassation », au tout début ce n’était pour moi qu’un grand méchant mot, je commence a l’apprivoiser et cela me calme. Je dois avouer que le jour qui a suivi la nouvelle, dans le bus qui m’emmène à Palenque, recroquevillée sur mon siège, dans la pénombre, je n’arrive pas à contenir mes larmes. Elles m’aident à sortir le tourbillon d’émotions qui se joue en moi.

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© Aude-tte

Palenque ! Je me rends à un hôtel n’ayant pas reçu de réponses d’un couchsurfing, je profite de ses deux jours pour me reconstruire, me préparer, relativiser etc Et bien sur pour visiter les ruines, la seule raison d’ailleurs pour laquelle je suis venue a Palenque. Je ne serai pas déçue du voyage. Je flâne toute la journée entre les ruines et les dessine, O Joie 🙂

Viens l’heure de ma presque ultime destination de ce voyage, Bacalar ! Je dois y rejoindre Jorge, l’Aluxe sintropique et les autres membres de notre collectif Waybil. Le plan étant d’utiliser mes dernières semaines à la réalisation d’un guide didactique d’introduction a « l’agroforesteria sintropical » comprenant un max d’illustrations 🙂

OAXACA

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La station de train où ne passe encore que « La Bestia » en restauration afin d’accueillir une bibliothèque.  

Je pars donc de ma retraite méditative dans l’écrin de paix qu’est El Encinal pour me rendre à Juchitán de Zaragoza où m’attend Moises et Ivan, deux architectes et amis de Manuel rencontre a Oaxaca en septembre dernier et avec que je considère comme un de mes proches amis 🙂

Très franchement je ne savais absolument pas a quoi m’attendre et je pars le cœur gros tant je m’y suis sentie chez moi entourée de toutes ses personnes chaleureuses !
J’ai vécu un presque mois a Juchitán, chez Michel (représentant de la culture de Juchitán), Moises, Ivan et Bruno tous trois architectes pour « Roots Studio« . Le studio est basé a Oaxaca et a pour mission de reconstruire Juchitán, sévèrement touché par le séisme d’une force de 8.2 en septembre dernier, en majorité financier par des donations. Une partie de leurs travail est de compléter des travaux engagés par des familles mais non abouti par faute de moyen et l’autre partie est la construction de maison privatives conçues entièrement par le studio d’architecture. Ce sont deux chaumières de la deuxième catégorie que j’ai eue la chance de peindre 🙂
J’ai passé une semaine à la réalisation d’une façade de « la casa de Jimy« , chouchoutée par tous les membres de la famille ❤ En y repensant je me sens nostalgique et cela me manque.

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La maison de Jimy

Malgré le traumatisme dût aux pertes de proche(s) ou de maisons (ou de tout) les gens de Juchitán sont extrêmement généreux et chaleureux.
Je suis tombée amoureuse de leurs vêtements traditionnels, un haut brodé de milles couleurs et motifs et une jupe ample, le tout de couleurs vives. J’ai eu la chance de participer à trois « pachanga », deux anniversaires et un mariage. La règle est simple, lorsque vous arrivez vous payez votre caisse de bière puis vous prenez place sur une des chaises qui entourent la piste de danse que se charge d’animer un groupe de musiciens (cumbia, salsa etc) et les organisateurs de la fête s’occupent de vous apporter bières (beaucoup) et nourriture.
A peine ai-je terminé la maison de Jimy que Moises m’annonce une bonne nouvelle, je vais pouvoir peindre la maison de Roy, et j’ai carte blanche! Par contre j’ai cinq jours pour tout achever car la date de l’inauguration approche à grand pas!
Je pars donc sur le thème d’un conte oral Zapoteco (langue des peuples pré-hispanique de l’istmo), celui du lapin et du coyote. D’ailleurs à Juchitán tous les anciens parlent le Zapoteco, ainsi que les générations suivantes, des efforts sont réalisés par la région via le biais d’aides à des projets de livres ou d’outils didactiques en Zapoteco afin de transmettre la langue aux générations futures.
J’ai beaucoup aimé vivre avec les gars de Juchitán, mes papas de Juchitán comme j’aime les appeler, et eux « la petite fille oiseau » (« nina pajaro » juste parce que je ne sais pas dire la « j » haha)

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Ivan, Moises et moi-même devant la maison de Roy

Le week-end je retrouve mon cher Manuel (que je suis venue voir tout de même 🙂 ), où il vie, à Ixtepec, village situé à vingt minutes de Juchitán et beaucoup plus paisible. Il est également architecte et a rejoint depuis quelques mois l’équipe de « coopération comunitaria » qui se dédicace à construire des cuisines, comexcales et des fours en terres selon un principe de coopération avec les familles qui les reçoivent. L’entreprise lève une grande partie des fonds et la famille se doit de participer à la construction et apporter une partie du matériel comme la terre. Mon ami Manuel est surtout en charge de la construction des cuisines avec Octavio et me fera un tour du propriétaire. Les constructions en terre ou adobe (briques de terres) sont très résistantes et visuellement attractives (j’aime le beau pardon haha).

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Une des cuisines

Après les deux muraux réalisés sur les maisons construites depuis zero par Roots Studio à Juchitán, je peins un petit mur dans le botanero de la fille de la famille de Jimy et fait mes « au-revoir » à ma famille de Juchitán.

Avant on fera un détour par l’océan et par un Bupu, atole blanc recouvert d’une mousse réalisé a l’aide d’une fleur et de cacao, en face du palacio municipal et originaire de Juchitán.

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La meeeeer

Je m’en vais vivre mes derniers joursà Ixtepec avec Manuel et toute la joyeuse bande qui l’entoure.
Je peins un mur dans la maison de Octavio, Farina, Alejandra et Denis 🙂
Encore une fois je me sens chez moi et entourée de bienveillance, Merci ♥️

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Le mural dans la maison de Octavio a Ixtepec
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Manuel aux alentours d’Ixtepec
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Toit d’une maison construite par Manuel et toute l’equipe

Je m’en vais pour le Costa Rica, le cœur gros mais on s’est donné rendez-vous fin octobre, mon petit doigt me dit que je n’en ai pas fini avec l’Istmo 🙂

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

RANCHO ESCUELA AGROSOL, LE RETOUR

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Chose promise chose dû ! Me voilà de retour au Rancho Escuela Agrosol pour quelques semaines 🙂 Et mon but principal reste inchangé : peindre ! Encore une fois je suis éblouie par le calme et la sérénité du lieu et de sa nature luxuriante.

Je retrouve quelques uns et en rencontre beaucoup d’autres. Cette fois-ci le ranch remplit son rôle d’école avec une dizaine d’étudiant(e)s et une poignée de volontaires. Autant dire qu’il y a beaucoup d’ambiance 🙂 La plupart des étudiants ont dix-huit ans et sont originaires de la région, leurs familles possèdent des ranchs et ils sont ici pour apprendre à cultiver, s’occuper des chèvres, cochons, moutons, vache, à cuisiner, à bricoler bref à tenir un ranch écologique et dans la mesure du possible auto-suffisant. Les volontaires viennent : soit de la plateforme workaway, ce mois-ci nous étions deux américains et un argentin dont leurs familles possèdent également un ranch et sont venus pour apprendre comment tenir un ranch; soit ce sont des étudiants en passe de rendre leurs thèses également sur le sujet de l’agriculture, deux viennent du Guatemala et deux du nord du Mexique. Bref un peu de tout est réuni à ce petit coin de paradis mais tous partagent le désir de produire des aliments sains, sans pesticides ni OGM, respectueux de l’environnement.

Il y a ici une certaine prise de conscience sur le fait que nos ressources à l’échelle planétaire sont en train de s’épuiser, et à l’échelle de Mexico il y a des signes révélateurs, par exemple les nappes phréatiques de la région sont en train de se vider ainsi que la région du Veracruz lance une campagne d’aide financière pour ceux qui mettent en place des mesures économe en eau (comme les toilettes sèches en autres).

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Feu de bois en haut de l’altiplano

 

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© Aude-tte – Lucy la chèvre

Je me dédicace à la peinture de l’immense façade de la Aula, matin et après-midi tous les jours de la semaine. Chaque mercredi après-midi il y a tournoi de football sur l’altiplano et « pic-nic ». Je me découvre un talent de goal et la joie de réceptionner deux fois le ballon avec mon visage, heureusement mes lunettes en sortent indemnes haha

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© Aude-tte – Maiiis
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© Aude-tte – La rivière qui traverse la Pitaya
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© Aude-tte – La rivière qui traverse la Pitaya
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© Aude-tte – Le champs de café au sommet du rancho

Les week-ends nous sortons boire des coups avec les volontaires (car les étudiants sont mineurs) à Xalapa ou Coatepec. De bonnes tranches de rigolades en perspective. Ainsi que quelques ballades à la Pitaya ou à Xico, un « pueblo magico » à une vingtaine de minutes du ranch et qui abrite les cascades de Texolo. Je découvre également le Torito, boisson alcoolisée très sucrée à base d’alcool de canne à sucre délieuuuse 😀

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© Aude-tte – Visite des cascades de Texolo à Xico

Retrouvez plus d’informations sur le ranch sur leur page facebook sur leur site ou leur profil Workaway 🙂 

traitPeintures réalisées au Rancho Escuela Agrosl

À retrouver sur mon site aude-tte 🙂

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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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© Aude-tte – L’énorme « Aula » pour laquelle je suis revenue
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©Aude-tte – Une poule
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© Aude-tte – Un tatou
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© Aude-tte – Encore
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© Aude-tte – L’esprit oiseau qui protégeras votre âme au moment de vous délester
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© Aude-tte – Sur les murs des toilettes sèches
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© Aude-tte – On ne peut pas être plus claire

EMILIO 

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© Aude-tte

Je m’appelle Emilio Valderrama, graphiste de profession et musicien de cœur. Je suis né à Mexico la mégalopole il y a vingt-neuf ans, puis j’ai vécu et étudié à Xalapa la capitale de l’état de Veracruz. Je suis arrivé à Quintana Roo en janvier de cette année et me suis installé à Tulum en mars.
Je travaille en tant que graphiste pour une agence qui dessine et construit des immeubles de luxe, avec un concept très écologique.

D’autre part, de ce qu’il me reste de temps libre je travaille sur mon projet musical.
Combien de temps je pense être ici? En réalité je suis ouvert à tout, même si j’aimerai pouvoir travailler un temps aux Etats-Unies (si possible) et de là me rendre en Europe, car maintenant c’est le meilleur endroit où vivre la scène musicale psychédélique.
J’ai deux projets musicaux, un de psychédélique transe (« Psytranse« ) et un autre de style « Dark Ambient« .

J’ai commencé à jouer de la guitare à douze ans, j’ai été membre de quelques groupes de rock et de métal, plus tard je suis tombé dans le milieu de la musique électronique (pas la commerciale), j’y ai découvert la psytrance et commencé à produire depuis à peu près sept ans.
Mon projet Tlamanik a surgi il y a un peu plus de deux ans, au moment où je me suis senti prêt, avec les connaissances suffisantes et une qualité de son suffisante pour créer un projet que je pouvais donner à connaître, et produire sur scène. À ce jour j’ai produit trois EP’s sur trois disques distincts (« Pale blue dot », « Beyond physical cosmology » et « Conundrum of consciousness ») ainsi que plusieurs apparitions sur des compilations et albums d’autres producteurs (un total de douze apparitions) que vous pouvez trouver sur Beatport.

 

 

Pour moi, ce mouvement musical est plus qu’un style, c’est une manière de penser, c’est un style de vie, il porte un concept génial, profond, libérateur, qui transporte ton mental à des lieux inexplorés.

« Paix, Amour, Unité et Respect » sont les mots qui décrivent l’éthique et l’idéologie de ce genre musical qu’est la psytrance.

J’aime produire ma musique lors de festivals, et j’espère avoir l’opportunité de jouer beaucoup plus. Dans le futur j’espère pouvoir produire ma musique lors de grands festivals européens, laisser le graphisme et vivre de ma passion qu’est la production.

Chaque track possède un vrai sens (du moins pour moi) un concept, auquel je me laisse le temps de le définir clairement, je m’attache à ce que chaque track soit porteur de quelque chose d’intéressant, par exemple « Pale Blue Dot » est un hommage à la grande sagesse de l’astronome Carl Sagan, à sa façon de penser, le changement de perspective qu’il a donné à la science et qui l’a unie à la poésie.

Avec se développement d’atmosphères et de sons, qui vienne de l’acoustique, de l’analogue jusqu’au digital en vst et synthétiseurs. Je tente d’évoluer et de m’améliorer jour après jour.

Actuellement je suis en train de développer de nouveaux morceaux qui vont du mood « Morning » jusqu’au « Dark » et « Acid« , qui te transportent à des univers parallèles.
D’ici, de ce mood obscur (en tapant sur des barres métalliques) m’est venu l’idée et la nécessité de créer un projet qui explorerait cette atmosphère mais dans une phase plus lente, c’est comme cela qu’a surgit mon projet de « Dark Ambient« , duquel j’ai réalisé à peine quatre morceaux.

Je créer des coins froids, humides et emplit de tranquillité obscure pour les faire culminer jusqu’à une extase de terreur.
Au sein du genre psytrance, comme dans tout autre genre musical, il existe plusieurs styles, chacun s’adapte au différentes heures du jour, certains styles sont plus rapide, abstrait que d’autres. Le matin par exemple habituellement ce sont des sons plus mélodiques, dynamiques, avec des échantillons de voix, c’est plus digeste et avec une teinte plus joyeuse, une bonne dose pour se réanimer en after après une nuit à danser.

Comme celui-ci il existe d’autres styles comme le « Dark », « High-Tech », « Full on », « Progressive », « Future Prog » et d’autres encore.
Au Mexique la scène musicale est plutôt active, il y a de bons festivals. Dans la péninsule le mouvement n’est pas aussi actif que dans le centre du pays. Il y a plusieurs producteurs mexicains et de très bons, le Mexique possède une grande scène psytrance.

 

Retrouvez Tlamanik sur Beatport, SoundCloud et sur sa page Facebook.

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trait

Palabras originales en español

 

Mi nombre es Emilio Valderrama, diseñador gráfico de profesión y músico de corazón. Nací en la ciudad de México hace 29 años, despues vivi y estudie en la ciudad de Xalapa, la capital del estado de Veracruz. Vine a Quintana Roo en Enero de este año y estoy viviendo en Tulum desde marzo.
Estoy trabajando como diseñador gráfico para una empresa que diseña y construye inmuebles de lujo, con un concepto bastante ecologico. Al mismo tiempo, en lo que resta de tiempo continuo con mi proyecto de Música.
¿Cuanto tiempo estare por aca? Realmente estoy abierto a cualquier cosa, no tengo establecido algo, aunque si me gustaria poder trabajar un tiempo en estados unidos (de ser posible) y de ahi mudarme a Europa, ya que es el mejor lugar para vivir para la escena psychedelic.

Tengo dos proyectos, uno de « Psychedelic Trance » (psytrance) y otro de « Dark Ambient ». Comencé a tocar la guitarra desde los 12 años, tuve algunas bandas de rock y de metal, más tarde me sumergí en el mundo de la música electronica (pero no la comercial), descubrí el psytrance y desde hace aproximadamente 7 años comencé a producirlo.

Mi proyecto Tlamanik como tal surgió hace poco mas de 2 años, era el punto en donde desde mi perspectiva ya contaba con los suficientes conocimientos y la suficiente calidad de sonido para crear un proyecto en forma que pudiera dar a conocer a la escena. En este momento tengo 3 EP´s con tres distintas disqueras (« Pale blue dot », « Beyond Physical Cosmology » y « Conundrum of Consciousness ») y varias apariciones en compilatorios y albumes (total de 12 apariciones) de otros productores los cuales puedes encontrar Beatport.

Para mi este tipo de música es más que un género, es una forma de pensar, es un estilo de vida, lleva un concepto muy chingon, profundo, liberador, que lleva a tu mente a lugares inexplorados.

« Peace, Love, Unity & Respect » son las palabras que describen el transfondo e ideologia de este genero. Me encanta tocar en festivales, y espero poder tocar en muchos más. En el futuro espero poder tocar en grandes festivales de Europa, dejar el diseño y vivir de mi más grande pasión que es la producción.

En cuanto al proceso… Bueno cada rola tiene mucho significado (al menos para mi) un concepto, el cual me lleva tiempo aterrizarlo y definirlo claramente, trato de que cada track sea pregnante y transmita algo interesante, por ejemplo « pale blue dot » es un tributo a la gran sabiduría del astrónomo Carl sagan, su forma de pensar y la perspectiva que brindo logro cambiar la ciencia y unió a la ciencia con la poesía.

Con esto desarrollo atmósferas y sonidos, que van de lo acústico, análogo hasta lo digital en vst y sintetizadores. Trato de evolucionar y mejorar día a día.

Actualmente estoy desarrollando nuevos tracks que van desde el morning (pero serio) hasta un « Dark » y « Acid » mood que te transporte a universos paralelos.
De aquí, de este mood oscuro (y tomando mis raíces metaleras) surge la idea y necesidad de crear un proyecto que explore estas atmósferas pero en una fase más lenta, así surge mi proyecto de dark ambient, del cual apenas tengo 4 tracks.
Recorro rincones fríos, húmedos y llenos de tranquilidad oscura que culminan en un extasis de terror.

Dentro del psytrance, así como en otros géneros musicales, existen varios estilos, cada uno se adapta a distintas horas del día, algunos estilos son más rápidos, abstractos que otros, el morning por ejemplo suele ser más melódico, dinámico, con samples de voces, es más digerible y con un tinte más alegre, una buena dosis para re animarte por la mañana después de bailar toda la noche. Y así existen otros estilos como « Dark », « High Tech », « Full On », « Progressive », « Future prog » y algunos más.

En México es bastante activa la escena, hay buenos festivales. En la península no es tan activa como el centro del país. hay varios productores mexicanos, y muy buenos, realmente México tiene una escena psytrance grande.

Tlamanik esta en Beatport, SoundCloud y Facebook

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