LE (LONG) RETOUR

Et quel « retour » haha

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Parce que c’est beau

Cela fait déjà presque cinq mois que je suis de retour en Europe. Je n’ai pas vraiment eu le choix, un autre procès ayant été programmé au mois de mars passé et j’avoue me rendre à peine compte que je sors de la secousse post-traumatique que celui-ci à eu comme effet sur moi.

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L’arbre peind a Dresden

Mais enfin, cinq mois déjà, et il s’est passé énormement de choses ! J’ai fait coucou à la France, suis passée dire Guten Tag à Berlin, peins une façade dans la ferme du bonheur au sud-ouest de l’Allemagne, fait coucou à de vielles connaissances Viennoises, intégrée une communauté anarchiste au sud-ouest de la cambrousse polonaise ou j’ai peins une forêt rebelle, le tout entrecoupé de retrouvailles avec ma moitié d’âme soeur à l’est de l’Allemagne (et peinturler son salon tant qu’a faire).

Si on reviens sur les premières impressions c’était effectivement  comme on me l’avait raconté : HORRIBLE. Le choc à été rude haha En meme temps passer de la jungle tropicale à la jungle Parisienne c’est assez tendue. Pas seulement en terme sons, odeurs, visions :  du chant des oiseaux au hurlements des moteurs du periph’; mais aussi des gens : du « hippie » vivant dans le présent et se délectant de son éternité aux travailleurs urbains courant après lui tout en le chargeant d’activités futiles. Alors moi avec ma fleur au fusil et ma vision d’un monde meilleur, c’est pas une claque que je me suis prise, c’est une giga-pelle.

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Lili et Loty ❤

Heuresement je ne suis pas restée, heuresement j’ai continué à me laisser porter par le vent, ce même vent qui m’a amenée à « Solawi Zabergau« . Une ferme dans le sud-ouest de l’Allemagne qui à plusieurs particularités. Tous ses produits sont bio, produit sans pesticides, la vente ce fait sous forme d’abonnement annuel ou mensuel : chaque membre reçois chaque semaine un panier de légumes en fonction de la production. Les invendus des super-marchés et boulangeries sont recuperés via une association et mis a disposition du village, même chose pour les vêtements et toutes choses qui puissent être utiles : par exemple la peinture que j’ai utilisé était des restes de particuliers et/ou entreprises, ils ont deux alpacas… J’ai passé un mois dans ce cadre idylique (malgrès le froid) où nous convivions entre six et neuf volontaires dans une grande chaumière au coeur du petit village de Hausen. Cinq heures de travail nous étaient demandé et le reste du temps nous le passions à cuisiner et manger et vivre entre citoyens du monde. Je vais très bientôt y decouvrir la version « été » puisque j’y retourne en Juillet pour finir la façade 😀 Lorsque j’y était, je me suis sentie tout de suite « chez moi », entourée d’une japonaise, de deux etudiants en agronomie cambodiens, deux anglais, une allemande et un argentin. Tous avides d’en apprendre sur la culture de l’autre et de partage.

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Oui j’ai peins un alpaca…
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Atelier Wolimierz ❤

Après les hippies j’ai voulu aller voir l’anarchisme, alors j’ai trouvé un petit paradis (toujours via Workaway) en Pologne. Bon je dois avouer que pour moi, finalement, ce sont deux mondes assez similaires, le look les différencie peut-être et la « rage », les punks étant un poil plus « énervé » politiquement (peut-être) haha Bon cette fois-ci pas vraiment de melting-pot puisque j’était la seule volontaire. J’ai appris quelques mots en polonais du coup. Atelier Wolimierz ce situe au pied des montagnes Jizera au sud-ouest de la Pologne. C’est un ancien atelier de wagon, voisin d’un autre lieu communautaire et artistique « Stacja Wolimierz« , l’ancienne station de train du meme nom. L’atelier fait face à une forêt touffue où l’on a pu voir nombre de faune sauvage, sous la majestuese présence des montagnes enneigées. J’ai également eu l’occasion de parcourir les alentours à bicyclette (400km au compteur hehehe) et découvrir la nature et l’architecture particulière de la région. J’en suis à peine sortie et suis encore toute attachée à ce lieu très special, un lieu de liberté et de partage 😀

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Atelier Wolimierz
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La Pologne
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Escapade en Republique Tcheque

Au final je ne sais toujours pas bien vers où je vais mais je suis contente d’avoir vu que sur le « vieux continent » de tels lieux existent! Et je sais qu’il y en a beaucoup plus! Comme un souffle de liberté dans cette dictature d’états où chaque nouvelle loi et tête dirigeante est plus nauséause que la précèdente. Alors voilà, pour le moment je continue a tracer ma petite route dans la joie et les coups de pinceaux 😀

Aujourd’hui l’Allemagne, demain le Portugal et l’Espagne (avec un passage en France hehe)

Tchuuuuus

 

 

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

CHIARA

J’ai rencontré Chiara lors de mon volontariat à la Huertas del Abrilongo au sud-ouest de l’Espagne en octobre dernier. Pendant trois semaines nous avons partagé notre quotidien de travaux dans le potager, nos repas, nos fêtes au village et même une caravane ! J’ai eue la chance de pouvoir lui rendre visite en mars à Florence, sa ville natale et où elle a récemment été diplômée.

Cet interview a été réalisé en décembre donc c’est un peu un retour vers le futur, mais nous sommes tombés d’accord pour le laisser tel quel même si quelques éléments ont changés 🙂  

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©Aude-tte

Hello Chiara, peut-tu te présenter à nous ? D’où viens-tu, que faisais-tu à la Huertas ? 

Chiara : « Je pense que c’est une grande chose que de répondre à cette question, parce que je pense que chaque personne est multiple et peut contenir à tour de rôle dix milles personnes. Je devrais essayer. Je suis une joyeuse et curieuse fille âgée de vingt-trois ans. J’aime découvrir et apprendre pour enrichir mes connaissances et ai l’obsession de faire les choses bien (Je suis une putain de perfectionniste).

Je suis très préoccupée par mon avenir, quelques fois trop et si je n’ai pas un minimum de cinq choses à faire de ma journée je m’ennuie. La plupart du temps je suis optimiste mais parfois je me laisse aller à la déprime facilement (donc je suis aussi une putain de sentimentale !).

Cependant, je suis une bonne amie et j’ai souvent confiance en les autres. Je suis bornée et quelques fois le changement me fais peur. Je suis chanceuse : Je suis entourée de personne qui m’aime et m’encourage. Je suis née à Florence, en Italie, où je vie actuellement avec ma famille. Je viens juste de finir mes études et donc maintenant je dois trouver ce que je vais faire de ma vie ! »

 

Pourquoi as-tu choisi de voyager via Workaway ? 

« Depuis la première fois où j’en ai entendu parler j’ai toujours été curieuse à propos de ce site. Je pense que c’est une façon intéressante de voyager et de partager des expériences. Un ami m’a parlé de ses cinq semaines de volontariat et j’ai donc décidé que je voulais le faire aussi. J’était en Erasmus en Espagne à ce moment là et donc j’ai décidé de réaliser ma première expérience la-bas, avant de rentrer chez moi. »

 

Où est-tu allée et quand ? 

« Je suis allée à La Codosera, Badajoz, pour travailler dans le jardin écologique (un hectare et demi) de Javier (Huertas del Abrilongo ndlr). J’y suis restée trois semaines, du 3 au 23 octobre 2016. »

 

Parles-moi de tes autres expériences de voyages, ton meilleur et ton pire souvenir ? 

« C’est difficile à dire… J’ai grandie dans une famille qui ma permis de faire de nombreuses expériences depuis ma plus tendre enfance : J’ai été très chanceuse et bénie. Pour l’instant je pense que mon meilleur souvenir a été mon premier Erasmus à Amsterdam, c’était la première fois que je devais vivre seule pour plus de quelques semaines et j’y ai appris à me débrouiller seule. Je n’ai pas de pire souvenir pour l’instant (je suis chanceuse). »

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©Aude-tte / La caravane, de gauche à droite : Chiara, Basia et Ana

Parles-moi de la « Huertas del Abrilongo », à quoi y ressemble une journée type ?

« Je travaille la matinée avec les autres volontaires dans le potager, dans la maison, où partout où de l’aide est nécessaire. Les tâches dépendent du temps, du jour de marché et des plantes. Nous nous levons entre 7h15 et 8h (avant le levé du jour) et nous avons un gros petit-déjeuner. Nous travaillons jusqu’à 13h30 – 14h. Nous déjeunons (toujours un repas délicieux et copieux) et le reste de la journée est du temps libre pour faire tout ce que nous voulons (prendre une douche, marcher aux alentours, lire un livre, peindre…) »

 

Est-ce que tout cela t’as-plu et pourquoi ?

« Bien sûr que j’ai aimé cette place, les géniales/folles personnes avec qui j’ai été volontaire, la météo, la nourriture, les randonnées, le silence, l’absence de réseaux internet, le travail au jardin… même le « Shitty Friday » ! (le jour où nous devons nettoyer le poulailler et nos toilettes composte ndlr)

À cet endroit vous pouvez vraiment ressentir la gentillesse  et l’attention que Javier met dans ses plantes, pour les faire pousser. Les volontaires étaient libres d’aider de la façon qu’ils préféraient, en utilisant leurs habilitées et leurs talents. Par exemples certaines filles ont réalisées de magnifiques peintures pendant leur séjour. Personnellement j’ai aimé travailler dans le jardin, surtout lorsque le temps était ensoleillé et que Javier mettait de la musique pour les plantes. »

 

Qu’as-tu appris grâce à cette expérience ? 

« J’ai appris trois choses. La première, je suis venue à ce volontariat pour en apprendre plus sur l’agriculture écologique et durable et comment cela fonctionne : J’ai préparé des lits, semé, transplanté, préparé le compost et cueillie des fruits. De plus, j’ai vécu dans un endroit très respectueux de l’environnement, adepte du recyclage, sans gâchis d’eau (Il n’y avait pas l’eau courante) et où on mange les produits du potager.

Secondement, J’ai appris que chaque tâche demande du temps : se doucher, cuisiner, faire la vaisselle ou nettoyer son linge, acheter des choses au village le plus proche… nous sommes habitués à tout faire très rapidement pour gagner du temps et au final nous n’en n’avons jamais assez.

Et mon troisième constat : j’ai utilisé mon temps à me détendre et profiter de la paix et du silence de cet endroit. »

 

Qu’as-tu aimé dans cette façon de vivre ? 

« La « Huertas del Abrilongo » est un petit coin de paradis entouré des vertes collines d’Extremadura. Ça m’a permis de me rapprocher d’une vie humble proche de la terre, quelque chose de très difficile à réaliser lorsque l’on vie dans une grande ville. En vivant de cette façon vous ne prenez pas seulement soin de votre santé (en respirant de l’air pur, en mangeant de la nourriture saine et en vous dépensant beaucoup), mais de votre esprit également. Vous pouvez clairement ressentir le positivisme et la sérénité de cet endroit.. »

 

Où te vois-tu dans le futur  ?

« Il est encore trop tôt pour le savoir. Dans ma tête je me vois ici dans ma ville natale, mais pas avant d’avoir voyagé encore un peu… »

 

Comment souhaites-tu vivre ? 

« Ça me parait évident et commun mais j’aimerai vivre heureuse : J’aimerai trouver un travail dans lequel je suis bonne, être utile aux autres, être entourée de gens bons et être satisfaite avec ma vie. Je veux vivre chaque jour comme un jour spécial et unique. Je veux vivre éveillée et consciente de la réalité et de l’imperfection de la société dans laquelle nous vivons. Je veux être curieuse comme un enfant et sage comme un vieillard. Je veux être un  petit changement dans ce monde et faire ressentir aux autres qu’ils sont spéciaux. Je veux être le sel de la terre. »

 

Merci beaucoup d’avoir partager ton expérience, nous restons en contact ❤ !

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©Aude-tte / Chiara à Florence

Original text in english 

Can you describe a bit yourself ? Where do you come from, what was you doing there? 

Chiara : « I think it’s a really big deal to answer this question, coz I think that every single person contains in turn minimum other 10.000 people. I may try. I’m a cheer, curious 23-years old girl. I love discover and learn in order to improve my knowledge and I have this obsession with doing things well (I’m a damned perfectionist).

I’m very concerned about my future, sometimes even too much and if I don’t have at least 5 things to do in my day I get bored. Most part of the week I’m optimistic but there are days when I let myself down easily (so I’m even damned moody!).

However, I’m a good friend and I trust people a lot. I’m stubborn and sometimes the change scares me. I’m a lucky person: I’m surrounded by people who love me and support me. I was born in Florence, Italy, where I actually live with my family. I’ve just finished my studies so now I have to figure it out what I’m going to do with my life ! »

 

Why did you choose to travel via workaway ?
« Workaway has always called my attention from the first time I’ve heard about it. I find it a interesting way to travel and to share experiences at the same time. A friend of mine told me about his 5 weeks experience and then I decided I wanted to do it as well. I was doing my Erasmus in Spain at that time so I decided to do my first workaway right there, before coming back home. »

 

Where did you go and when ?
« I went to La Codosera, Badajoz, working in the ecological garden (one hectare and half) of Javier. I stayed there 3 weeks, from the 3rd until the 23th of October 2016. »

 

Talk me about the other experiences, your best memory and your worse?
« It’s hard to say… I was grown in a family that allowed me to do a lot of experiences since I was younger: I’ve been very lucky and blessed. For now I think that the greatest memory was my first Erasmus in Amsterdam: it was my first time living alone for more than few weeks and I learned to take care of myself. I can’t say what is the worst memory so far (luckily). »

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©Aude-tte / La Huertas del Abrilongo

Talk me about the « huerta del Abrilongo », basically how your day look like ?

« I work in the morning with other volunteers in the garden, in the house or wherever some help was needed. The tasks depend on the weather, the market day and the plants. We wake up early around 7.15- 8.00 am (before the sunrise) and we have a big breakfast. We work until 1.30 – 2.00 pm. We have lunch (always delicious and copious) and then free time for do whatever we wanted (showering, trekking, reading a book, painting…) »

 

Did you enjoy it and why ?
« Of course I did. I enjoyed the place, the amazing/crazy people I volunteer with, the weather, the food, the hiking, the silence, the no internet coverage, the work in the garden… even the shitty Friday !

In this place you can really touch the kindness in which the plants grow thanks to Javier’s attention. Volunteers were free to help in the way the prefer, using their abilities and talent. For example some girls made amazing paintings during their stay. Personally I loved working in the garden, especially when it was sunny and Javier put some music for the plants. »

 

What did you learn about this experience?
« I learned three things. First of all, I came to this place to learn something about sustainability and ecological agriculture and I did it: I prepared beds, sowed, transplanted, prepared compost and picked up fruits. Moreover, I lived very environmentally friendly recycling, without wasting water (there was no current water) and eating the products of the garden.

Secondly, I learned that every single chore needs time: showering, cooking, cleaning dishes and clothes, buying stuff in the closest village… we are used to do everything very quickly to save time but at the end time is never enough.

And this is my third outcome: I used my time to relax and enjoy the peace and the silent of this place. »

 

What did you like about this way of living ?
« Huertas del Abrilongo is a little corner of paradise surrounded by the green hills of Extremadura. It helped me to get closer a humble life connected to the soil, something really hard to do in big city life. Living in this way you not just take care of your health (breathing clear air, eating healthy food and moving a lot), but of your spirit as well. You can clearly feel the positivity and the serenity of this place.. »

 

Where do you see yourself in the futur ?

« It’s still too early to know it. In my mind I see myself right here in my hometown, but not before I’ve travelled a little bit more… »

 

How do you want to live ?

« It sounds pretty obvious and commonplace but I would like to live happy : I’d like to find a job I’m good in, to be useful to the others, to be surrounded by good people and to be satisfied of my life. I want to live every day as special and unique. I want to live awake and conscious about the reality and the imperfect society I live in. I want to be curious as a child and wise as an elderly. I want to be a little change in the world and to make people feel special. I want to be the salt of the earth. »

 

traitPour retrouver Huertas del Abrilongo

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