SAN JOSÉ

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Yoga Mandir – Aude-tte.com

J’arrive au Costa Rica, à la chaumière de Katherine et Laura qui m’avait contactée via Couchsurfing. Et je peux dire que j’ai été très chanceuse ! Avec mes deux nouvelles amies nous allons vadrouiller les week-ends autour de San José, faire la fête, et se goinfrer !
Katherine est graphiste et bosse depuis sa maison avec sa magnifique chienne Mapple. Ça a été un peu comme rencontrer mon double d’une autre nationalité haha
Nous sommes allé voir le volcan Irazú, un sanatorium, la cascade de Pozo Azul, le volcan Arenal et une escapade a Puerto Viejo, la jungle enchantée de Laura à Siquirres et La Fortuna 😀

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Volcan Arenal
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San Jose

Je change ensuite de maison pour me rendre chez Edgar qui m’a également contactée via Couchsurfing. Il est directeur d’un centre de Yoga et me laisse la liberté de peindre dans l’entrée de l’établissement 🙂 Je choisi le mur de l’escalier, le plus grand haha
Je passerai neuf jours clouée à mon mur, tout ce que je souhaitais faire :3
Les jours s’écoulent paisiblement, je peins je mange sain et la semaine je partage un peu mon temps avec les hôtes de la maison, les week-ends je rejoins Katerine et Laura pour de nouvelles aventures !

 

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Volcan Irazu

La langue encore une fois est un peu différente :
Par exemple en Tico on utilise le « usted » lorsque l’on parle à un ami, au contraire du Guatemala et Mexique où il est utilisé pour s’adresser de manière plus respectueuse a quelqu’un (un professeur, un aîné..).
A l’inverse le « vos » est utilisé pour parler à un aîné alors qu’au Guatemala il sert a s’adresser à ses amis proches et au Mexique il est remplacé par le « tu ».
Pour désigner un étranger caucasien (cheveux, yeux et peau claire), ou pour taquiner un ami qui s’est teint les cheveux ont l’appelle « Macha » si c’est une fille et « Macho » si c’est un garçon. Au Mexique ce sera « güera » et « güero ». Et au Guatemala on se contentera d’un « gringo » et « gringa » qui suppose que le peau pâle est américain haha
Mais toutes ses petites différences linguistiques je les réserves pour un article à part hihihi

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Cascades Pozo Azul

Je m’en vais donc pour Puerto Viejo, retrouver Natasha, belge expatriée dans ce petit coin de paradis 😀

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VOLCAN ARENAL

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traitRécit photo de ma visite du Volcan Arenal sur Steller :

https://steller.co/s/8cCm37EBpHMtrait

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OAXACA

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La station de train où ne passe encore que « La Bestia » en restauration afin d’accueillir une bibliothèque.  

Je pars donc de ma retraite méditative dans l’écrin de paix qu’est El Encinal pour me rendre à Juchitán de Zaragoza où m’attend Moises et Ivan, deux architectes et amis de Manuel rencontre a Oaxaca en septembre dernier et avec que je considère comme un de mes proches amis 🙂

Très franchement je ne savais absolument pas a quoi m’attendre et je pars le cœur gros tant je m’y suis sentie chez moi entourée de toutes ses personnes chaleureuses !
J’ai vécu un presque mois a Juchitán, chez Michel (représentant de la culture de Juchitán), Moises, Ivan et Bruno tous trois architectes pour « Roots Studio« . Le studio est basé a Oaxaca et a pour mission de reconstruire Juchitán, sévèrement touché par le séisme d’une force de 8.2 en septembre dernier, en majorité financier par des donations. Une partie de leurs travail est de compléter des travaux engagés par des familles mais non abouti par faute de moyen et l’autre partie est la construction de maison privatives conçues entièrement par le studio d’architecture. Ce sont deux chaumières de la deuxième catégorie que j’ai eue la chance de peindre 🙂
J’ai passé une semaine à la réalisation d’une façade de « la casa de Jimy« , chouchoutée par tous les membres de la famille ❤ En y repensant je me sens nostalgique et cela me manque.

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La maison de Jimy

Malgré le traumatisme dût aux pertes de proche(s) ou de maisons (ou de tout) les gens de Juchitán sont extrêmement généreux et chaleureux.
Je suis tombée amoureuse de leurs vêtements traditionnels, un haut brodé de milles couleurs et motifs et une jupe ample, le tout de couleurs vives. J’ai eu la chance de participer à trois « pachanga », deux anniversaires et un mariage. La règle est simple, lorsque vous arrivez vous payez votre caisse de bière puis vous prenez place sur une des chaises qui entourent la piste de danse que se charge d’animer un groupe de musiciens (cumbia, salsa etc) et les organisateurs de la fête s’occupent de vous apporter bières (beaucoup) et nourriture.
A peine ai-je terminé la maison de Jimy que Moises m’annonce une bonne nouvelle, je vais pouvoir peindre la maison de Roy, et j’ai carte blanche! Par contre j’ai cinq jours pour tout achever car la date de l’inauguration approche à grand pas!
Je pars donc sur le thème d’un conte oral Zapoteco (langue des peuples pré-hispanique de l’istmo), celui du lapin et du coyote. D’ailleurs à Juchitán tous les anciens parlent le Zapoteco, ainsi que les générations suivantes, des efforts sont réalisés par la région via le biais d’aides à des projets de livres ou d’outils didactiques en Zapoteco afin de transmettre la langue aux générations futures.
J’ai beaucoup aimé vivre avec les gars de Juchitán, mes papas de Juchitán comme j’aime les appeler, et eux « la petite fille oiseau » (« nina pajaro » juste parce que je ne sais pas dire la « j » haha)

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Ivan, Moises et moi-même devant la maison de Roy

Le week-end je retrouve mon cher Manuel (que je suis venue voir tout de même 🙂 ), où il vie, à Ixtepec, village situé à vingt minutes de Juchitán et beaucoup plus paisible. Il est également architecte et a rejoint depuis quelques mois l’équipe de « coopération comunitaria » qui se dédicace à construire des cuisines, comexcales et des fours en terres selon un principe de coopération avec les familles qui les reçoivent. L’entreprise lève une grande partie des fonds et la famille se doit de participer à la construction et apporter une partie du matériel comme la terre. Mon ami Manuel est surtout en charge de la construction des cuisines avec Octavio et me fera un tour du propriétaire. Les constructions en terre ou adobe (briques de terres) sont très résistantes et visuellement attractives (j’aime le beau pardon haha).

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Une des cuisines

Après les deux muraux réalisés sur les maisons construites depuis zero par Roots Studio à Juchitán, je peins un petit mur dans le botanero de la fille de la famille de Jimy et fait mes « au-revoir » à ma famille de Juchitán.

Avant on fera un détour par l’océan et par un Bupu, atole blanc recouvert d’une mousse réalisé a l’aide d’une fleur et de cacao, en face du palacio municipal et originaire de Juchitán.

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La meeeeer

Je m’en vais vivre mes derniers joursà Ixtepec avec Manuel et toute la joyeuse bande qui l’entoure.
Je peins un mur dans la maison de Octavio, Farina, Alejandra et Denis 🙂
Encore une fois je me sens chez moi et entourée de bienveillance, Merci ♥️

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Le mural dans la maison de Octavio a Ixtepec
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Manuel aux alentours d’Ixtepec
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Toit d’une maison construite par Manuel et toute l’equipe

Je m’en vais pour le Costa Rica, le cœur gros mais on s’est donné rendez-vous fin octobre, mon petit doigt me dit que je n’en ai pas fini avec l’Istmo 🙂

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

GUATEMALA… ROUND II

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© Aude-tte

Je pars donc pour Panajachel ou m’attend l’organisateur du festival « Voices from the lake » ! Je séjourne chez un américain rencontré au Mexique toute la semaine 🙂 Après la rencontre du chef une bonne nouvelle m’attend, le propriétaire de la réserve est d’accord pour que je peigne un mur de l’auditorium, mon travail restera donc après le festival. Je m’organise toute la semaine, acheter la peinture et les ustensiles puis peindre le mur (mais pas trop) jusqu’au jour de l’évènement. Je peint jusqu’à une heure de l’après-midi (j’était tellement stressée à l’idée de travailler devant des gens que je l’ai fini un peu trop tôt.. oups!). Gambadant dans le festival je tombe sur un Salvadorien rencontré à Semuc Champey et ses amis, la fête peu commencer !

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© Aude-tte
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© Aude-tte – Peinture réalisée au sein de la réserve naturelle Attitlan à Panajachel « pendant » le festival « Voices from the lake » 🙂

Après cette semaine à Panajachel je rejoins ma famille de coeur de ce voyage au Guatemala chez Hector à la capitale. Nous restons quelques jours visiter cette fourmilière (aucun de nous n’aiment les grandes villes) avant de partir pour l’ascension du majestueux volcan Acatenango !

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© Aude-tte – Volcan del Fuego depuis le sommet de l’Acatenango

Nous nous rendons d’abord à Chimaltenango rejoindre des amis d’Hector puis commençons l’ascension depuis une aldea bien en contrebas du sommet. Nous gravirons un peu plus de deux-mille mètres en six heures de marche. Le chemin passe par différentes atmosphères en fonction de l’altitude; juste après avoir quitté la route c’est une pente de terre abrupte que nous allons nous manger pendant quarante minutes (ou un peu plus je souffrais trop pour penser à regarder l’heure), on nous dit que nous avons passé le plus difficile, autour de nous des champs de mais et autres plantations. Nous marchons à travers un autre chemin de terre en pente abrupte (mais un peu moins) jusqu’à une forêt mystérieuse à la végétation dense et dans les nuages. Check-point, nous payons l’entrée de l’ascension du volcan; puis continuons notre chemin à travers une forêt de pin fantôme car ravagée par un incendie il y a quelques années. Nous sommes au dessus des nuages. En réalité tout le chemin est en pente abrupte, pour cela la légende dit que son ascension une des plus difficiles du Guatemala. Nous arrivons au campement que d’autres amis d’Hector arrivés un peu plus tôt dans la journée ont installés. Un peu de repos et de distraction avant de monter jusqu’au sommet le lendemain à l’aube (à une heure de marche du campement).

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©Aude-tte
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©Aude-tte – Coucher de Soleil

La nuit sera (très) courte ! Le froid est mordant et ne me laisse aucun répit. Le soleil pointe le bout de son nez, un café pour se réchauffer, bien fatigués nous subissons les derniers mètres jusqu’au sommet. Et la magie opère ! Le spectacle est grandiose, sur le toit du Guatemala, à cette altitude nous pouvons voir tous les volcans alentours, jusqu’au Tajamulco (plus haut volcan d’Amérique centrale)! Nous resterons une paire d’heure à observer le volcan de Fuego cracher fumée et lave.

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©Aude-tte – L’Aube 
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©Aude-tte – L’équipe de choc ! 

Retour à la capitale ! Fatigués, que dis-je exténués nous nous octroyons un jour de glandouille intense dans un canapé à manger du chocolat et boire du thé… avant de partir vers de nouvelle aventures ! Cette fois-ci nous visitons un autre ami d’Hector vers le sud-est du Guatemala non loin de la frontière avec le Salvador. Celui-ci possède une source d’eau « agua pura » qui est en réalité traitée et re-traitée afin de pouvoir être consommée. La grande majorité des sources d’eau du Guatemala sont polluées et nécessite ce type de traitement avant d’être vendue. Nous déjeunons puis partons à la recherche des Cascades de Niagara ! Et ce ne fut pas une mince affaire ! En réalité nous ne savons pas où elles se trouvent.. nous allons donc au petit bonheur la chance demandant à droite à gauche notre chemin. A un moment nous quittons la route pour un chemin de terre et roulons une heure (après deux heures sur l’asphalte l’ami d’Hector qui conduit commence beaucoup à perdre patience), mais la motivation elle reste bien la ! Obstacle, nous buttons sur une rivière; nous descendons du pick-up et prenons un pont pour aller sur l’autre rive, une famille s’y détend, nous demandons (encore) où sont les cascades (et si elles existent?!) Bingo ! il nous faut marcher une demi-heure sur un chemin à travers champs et nous y arriverons enfin ! Nous nous activons car la nuit ne va pas tarder à tomber, et enfin arrivons! Nous nous baignons et retournons au pick-up de nuit puis à la maison de notre ami encore une fois exténués ! Le lendemain matin nous prendrons (encore) un chickenbus direction la capitale !

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©Aude-tte – Les chutes !
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©Aude-tte – Du haut des chutes
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©Aude-tte

Le plan de la semaine qui suit est de retourner à la maison del Pacifico afin que je peigne une représentation de la famille de notre cher ami Hector comme cadeau d’anniversaire du patriarche. Nous passons la semaine bien tranquille au soleil et sous la chaleur torride ! Je me délecte de pouvoir peindre encore une fois 😀

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©Aude-tte – Lever de soleil sur le pacifique
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©Aude-tte

D’un excès de zelle, je peins deux perroquets de l’autre côté de la maison et remplit de fond marins deux murs adjacents aux tortues. La maison ressemble maintenant à un squat de hippies.. et je suis fière de moi haha Le week-end nous nous rendons au Wizards Camp Out, un festival de musique électronique dans un lodge à Monterrico 😀

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©Aude-tte – Les enfants Villafuerte
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©Aude-tte – Mario
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©Aude-tte – Hector
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©Aude-tte
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©Aude-tte

Notre dernière destination ensemble (pour le moment) sera le volcan d’Ipala ! Dans ce village cher au coeur d’Hector, nous pouvons séjourner dans une maison entourée de champs et vaches 🙂 Nous serons surpris par la chaleureuse gentillesse de ses habitants et visiterons le lac du volcan d’Ipala. Pour y arriver ce ne fut pas, une fois de plus, une mince affaire (dans le sens ou l’information que l’on avait était que nous n’aurions qu’a marcher pendant trente minutes et si possible à cheval (un de mes compagnons à le genou en vrac depuis deux semaines) pour arriver au sommet) Que neni ! Nous marcherons trois heures sous un soleil de plomb avant de faire plouf dans l’eau geler du lac ! Mais comme toujours nous sommes bien contents de nous 🙂

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©Aude-tte – Le lac d’Ipala au sommet du volcan
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©Aude-tte – En route !
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©Aude-tte – Vue sur le volcan depuis notre cocon

Hector nous rejoindra le samedi (puisqu’il travail à la capitale) et nous allons rendre visite à son cousin. Celui-ci possède une ferme dans les montagnettes alentours ou il élève des vaches et produit du miel, entre autre.

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©Aude-tte – La traite des vaches!

Le week-end s’achève, je me rend à la capitale avec Hector et laisse mes deux chers compagnons allemands derrière moi avec tristesse, mais le coeur remplit de souvenirs inoubliables ! et mon petit doigt me dit que l’on se réunira une dernière fois en janvier 🙂 Comme dit dans le précédent article, demain je pars pour ma dernière étape au pays des chapines, l’hôtel Aruma que je m’en vais peindre de haut en bas et de droite à gauche !

A bientôt !

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©Aude-tte – Photo bonus de Noël ! Un fameux chickenbus et moi-même