CENTRO HOLISTICO AKALKI

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La lagune de Bacalar

Je retourne auprès de mon cher Jorge l’Aluxe agriculteur sintropico et sans surprises tout prend un tournant magique haha Déjà nous vivons dans la jungle, dans des dômes de bois, notre cuisine est elle aussi dans la jungle et une seule fine moustiquaire nous protègent des moustiques. C’est un spectacle son, lumière et odeur permanent, vivre entouré de la nature redonne sens.

Lorsque j’arrive le « Encuentro bio-regional El llamado de la Laguna » est sur le point de commencer et l’effervescence est palpable bien que je me dédicace à peindre dans le potager, l’endroit le plus serein de l’univers 🙂 Le festival a pour but de sensibiliser les populations locales sur la prévention de la lagune de Bacalar. Depuis quelques années Bacalar devient de plus en plus populaires, les hôtels, shops et restaurants fleurissent et un flots de plus en plus important de touristes vient goûter à sa beauté. Mais voilà sans grandes normes ni règles, ni infrastructures les eaux usées de tous ce monde grandissant se déversent sans traitements dans la lagune, les autres déchets sont entreposés dans une décharge à ciel ouvert, sans parler des nouvelles constructions qui mange le « manglare », marais précieux qui borde la lagune. Les populations locales voient dans cet afflux une bonne nouvelle car promesse de richesse et trop peu ce préoccupe des problèmes environnementaux quelle génère, de là la création de ce festival.

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L’ Aluxe dans le potager

Comme dans presque tous les endroits où je me suis retrouvée c’est un volontariat, en échange de quatre heures de labeurs par jour nous avons notre gîte et couvert 🙂 Ma mission sera de peindre et aider avec des contenus graphiques et photographiques Colectivo Waybil et Selva Comestible Bacalar 😀

Le reste du temps nous nous occupons de nos projets personnels ou aidons un peu plus au potager, je brode, je dessine, nous cuisinons, profitons de la lagune etc

La vie est simple et tranquille, nous vivons entourés de nature, mangeons sain, vivons au rythme du soleil, travaillant la terre et récoltant ses fruits avec une juste répartitions du temps consacre à soi même et à la communauté. L’endroit parfait en sorte 😀 Un jour je vivrais dans un lieu similaire, lorsque le moment viendra pour moi de me « poser ».

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Mais voila le temps nous jouent des tours et passe vite, beaucoup trop vite. Déjà viens l’heure de mon retour. j’avoue être extrêmement nerveuse et pleine de doutes sur ce retour, tous mes compagnons de voyage au long cours m’ayant dit que c’était une étape assez horrible haha La semaine précédent mon départ mes compagnons nous propose une cérémonie de Wachuma, je ne sais pas bien ce que c’est mais ai entièrement confiance en mes amis, la cérémonie est programmée 🙂

La cérémonie commence par la préparation du Wachuma, qui est un cactus en poudre que mes comparses ont amené du Pérou. Nous sommes six candidats et avec énormément de respect et cérémonie nous devons tous les six participer à la cuisine de la plante. Concrètement, nous nous sommes réunis pendant quatre heures autour du feu, chantant, nous « nettoyant » avec du Copal, nous ouvrant l’esprit avec du « Rape », tout en prenant soin de la bonne cuisson du Wachuma à tour de rôle. Lors de la réalisation de l’offrande, qui peut être un bout de papier ou un objet qui sera ensuite brûlé ou enterré, pour remercier la Wachuma, nous demandons chacun ce que nous souhaiterions, attendons de la plante. Toute cette préparation ce fait dans un respect sacré des éléments naturelles, respect pour la plante qui agira a l’intérieur de chacun de nous, respect pour les gardiens du lieu dans lequel nous allons prendre cette même plante, respect pour nous même et pour les autres… Lorsque la préparation du cactus est terminé nous la déposons dans une bouteille (nous recupérons un litre de Wachuma) et formons avec des morceaux de bois et l’offrande, que nous avons déposée dans un bambou, un cercle protecteur autour d’elle. Nous partons nous reposer, je ressens alors un mélange d’appréhension, d’impatience et de curiosité.

Le lendemain matin nous nous levons relativement tôt pour un dimanche, une fois que nous sommes tous réunis et dispos nous nous réunissons auprès de la Wachuma. Encore une fois nous nous purifions avec des cérémonies, dans un respect sanctifié du monde qui nous entoure. Puis nous commençons à boire, une coupette chacun notre tour, d’un liquide qui s’apparente a une soupe au goût amère. Nous nous reunissons autour d’un hôtel, un tissu carre sur lequel sont déposés l’offrande et différents instruments de musiques que nous allons utiliser tout au long de la journée, chacun allongés ou assis sur un matelas de yoga. Nous commençons à chantonner (je dis nous mais en réalité je n’ai pas poussé une seule chansonnette, ma timidité ne me le permettant pas haha), au gré des envies de chacun, les chants s’enchaînent de façon harmonieuse, accompagnés des sons de maracasse, tambour, guitare, flûte et cuenco. Au bout  de quarante minutes, mon ami nous demande comment nous nous sentons et si nous voulons une deuxième coupe de soupe magique. Tous disent qu’ils ne ressentent rien, je dois avouer que pour le coup je ressens déjà les effets du cactus, tout mon corps est engourdi, comme si j’étais faite de coton. Je décide de poursuivre la cérémonie tout de même, et nous reprenons tous une deuxième coupette. Encore une fois les chants et musiques s’enchaînent, et s’enchaîneront tout le long de la matinée. Nous buvons quatre bolinette chacun, à chaque fois espacée d’une quarantaine de minutes. Des le début de la cérémonie, comme je l’ai déja dit, je me sens comme enveloppée de coton, cette sensation va s’intensifier. Je ressens chaque goutte de Wachuma dans mon corps, comme une onde chaude, d’amour pur et bienveillant qui coule dans toutes mes cellules, de la pointe de mes pieds a la pointe de mes doigts en passant par tous les organes internes. Je me sens comme dans le ventre de ma mère, si bien que je pourrais en pleurer, c’est une sensation très étrange. Mes sensations sont décuplées, les sons de nos chants résonnent plus puissants, plus riches, comme des ondes qui me traverse de part et d’autre.

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Vers le milieu de l’apres-midi, nous avons fini le liquide vert, quelque uns veulent se baigner dans la lagune, nous fermons donc la cérémonie. Nous nous rendons auprès du feu avec l’offrande et nous la passant entre les mains, tours à tours, lui exprimons notre gratitude. Puis nous posons l’offrande dans un feu où elle se consumera totalement. La cérémonie est terminée, mais les effets du Wachuma en nous non 🙂 Presque tous se rendent à la lagune pour nager et ressentir les éléments plus intensément. Je reste sous le dôme avec mon amie et lui joue du Cuenco (un bol métallique tibétain qui émet des sons/vibrations lorsqu’il est frappé ou touché), dans ce semi-etat de transe jouer du cuenco est pour moi extrêmement plaisant, j’entends toutes les subtilités des sons émis par le bol, se sont alors pour moi des chants indiens et une voix féminine qui résonne depuis le fond du bol, et ressent chaque vibration produite dans mon torse. Pour mon amie c’est un gage de voyage astral, allongée sur le dos elle savoure la danse de ma main autour du cuenco. Les heures passent puis les autres reviennent, nous partons marcher dans la jungle alentour, même sans hallucinations visuelles elle exulte quelque chose de différent, tout est plus intense, plus sensible.. La nuit va tomber nous revenons à la cuisine et nous retrouvons tous ensemble, nous allons à la palapa de méditation, construite sur pilotis au dessus de la lagune, le lieu en soit est mystique. Nous observons les astres, toujours avec la même joie enfantine, nous sommes tous animés d’une joie pure, nous nous détectons de plusieurs étoiles filantes. Heureux juste d’être là, tous ensemble, simplement pour admirer le spectacle de ce ciel étoilé. Nous dînons, enfants hilares puis sonne l’heure de clôturer cette journée magique. Je m’endors rapidement d’un sommeil lourd et serein.

Tous mes doutes et peurs liés à mon retour en Europe se sont dissipés, je ressens qu’une énergie positive à repris le dessus, plus que jamais je me sens proche de la toute puissante « pachamama », notre Mère nature qui nous bercent tous. Mes doutes et craintes existent toujours mais j’ai pu prendre du recul fasse à elles.

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Le jardin médicinale dans notre potager Selva Comestible Bacalar

Je me rappelle qu’elles ne sont pas si importantes pour m’infliger tant de tracas, un peu comme lors de mon expérience avec la Changa en avril dernier. Pour moi, lors des événements difficiles qui surviennent dans ma vie, ma seule responsabilité est d’en faire un apprentissage et non de crier « Pourquoi moi? ». Je ne me sens pas responsable des événements tragiques qui ont changés le cours de ma vie, peut-être etait-ce ma destinée je ne sais pas, mais ma responsabilité est d’apprendre d’eux, d’en faire une force et non une faiblesse ni une souffrance éternelle. Je me dois de les affronter, non pour les vaincre mais pour les apprivoiser, me les approprier et continuer ma route avec leurs enseignements. Dans le cas des viols que j’ai subit je pense que ce voyage ma permise de prendre du temps pour moi, me retrouver en face de mes blessures, souffrances, d’écouter mes doutes, mes peurs, d’accepter mes erreurs, mes défauts, de me voir telle que je suis réellement et à partir de là de me reconstruire. De re-apprendre à m’aimer, de reprendre confiance en moi, en mes capacités, de pouvoir m’exprimer artistiquement sans crainte d’être jugée, d’être plus honnête avec moi même; et ainsi de pouvoir être plus à l’écoute de mes proches. Chaque rencontre que j’ai faite au cours de ce voyage de un ans et huit mois à posé une pierre à cet édifice, mais également mes rencontres passée auquel j’ai pensé et avec qui j’ai communiqué. Et ce n’est que le début ! Je sais qu’il me reste énormément de chose à apprendre et à découvrir, je suis redevenue une enfant, qui de ses yeux innocents observent le monde, et je ne souhaite pas la voir grandir de si tôt cet enfant. Je vais continuer à peindre et surtout à me laisser guider par la vie, elle à toute ma confiance.

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Aude-tte.com

Ce sera le coeur léger que je me rends en direction de la France, pleine d’espérances, chargée d’amour, motivée et exitée de partager mes aventures avec mes proches 🙂

(Bon au moment où j’écris ses lignes, cela fait deux semaines que je suis rentrée et je dois avouer que j’ai surtout eue l’impression de m’éclater contre un mur, imaginez vous une hippie la fleur au fusil qui se prend la « dure réalité » de la vie en plein dans la gueule BAM.. mais ça je le garde pour le prochain article haha)

traitVous pouvez retrouvez toute mes aventures sur une google maps ici : https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?hl=fr&mid=1wW4oI6ucXz6CD_cd2DWjDPE2818

ou sur la page Cartographette de ce même site

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

ARUMA ECO-HOSTAL, LE RETOUR

En Décembre j’était venue peindre un mur à l’hôtel Aruma Eco-hostal, perdu entre Lanquin et Semuc Champey.

©Aude-tte

Je retourne à l’hôtel Aruma pour accomplir ma parole : peindre les cinq habitations privées, un jaguard, un hibou, un singe, un lezard et un quetzal. Je m’y rend pleine d’appréhension puisqu’en Décembre on peut dire que cela fût plutôt tourmenté.

À mon arrivée je fait la connaissance de Nathaly et Mario, puis plus tard Carlos, et encore plus tard de Manuel. Ce sera elle qui se chargera de me remplir l’estomac de bons petits plats ces cinq semaines.
Ce fût au final un séjour tranquille sauf le début plutôt chaotique. Je commence donc par le négatif hehe

©Aude-tte / Et je vais entrecouper le texte de jolies photos de mon voyage / Rio Dulce

En partant en décembre j’avais laissé des affaires à l’hôtel afin de prouver ma bonne foi et rassurer le propriétaire sur mon retour. J’avais tout mis dans un carton derrière le bar, dont un bon téléphone cassé que je comptais réparer au Mexique. Le gérant m’avait assuré qu’il garderai mon precieux package dans sa chambre, en sécurité. Bref vous imaginez bien que si j’en parle c’est que ce ne fût pas le cas!
Mon carton n’avait en fait pas bougé d’un poil, ils se sont contentés de mettre un drap sur mes affaires et de le transformer en lit pour les chiens.. Et bingo bien sur le téléphone à disparu.
Au final je ne le retrouverais jamais et le proprio n’en prendra pas la responsabilité, je fait donc une croix dessus, ce sera pas la première fois cette année que je perd une pomme.

© Aude-tte / Tikal

Le lendemain de mon arrivée, le jardinier pète un boulon et picole tout l’après-midi jusqu’à finir à moitié mort sur le bord de la route car le patron manquera de peu de lui rouler dessus en retournant à l’hôtel. Le jour suivant il part sans prévenir, il quitte son poste, prend le large sur un coup de tête. Pour sa défense son boulot c’etait plus ou moins esclave; déblayer, nettoyer, couper l’herbe à la machette… Sept à neuf heures par jour, sept jours sur sept pour un salaire de misère.

© Aude-tte / Semuc Champey

Malheureusement la zone souffre d’une misère sociale assez impressionante. Par exemple il m’avait confié qu’il vivait là où il pouvait car le nouveau mari de sa mère ne voulait pas le voir, ce même mari qui est alcoolique et frappe cette même mère. Cette même mère dont le premier mari la battait également et battait les enfants donc lui. Ce qui expliquerai d’où il a pèté un boulon en s’enivrant de la sorte. Ce qui m’offusque c’est que tous les gérant d’hôtel profite de cet situation précaire et du fort taux de chômage de certains indigènes pour les exploiter. Bref j’y reviendrais un peu plus tard.

© Aude-tte / Sipacate
© Aude-tte / Une des peintures réalisées à la Casa del Pacifico

Ce même jour le soir, le gérant et deux employés s’enivrent en jouant au billard jusqu’au moment où encore une fois ça dérape. Voyant le navire sombré je m’éloigne sur mon banc (seul endroit où je capte internet) et j’observe de loin. Un des employé fini par ronfler dans un hamac l’autre employé c’est la jeune intendante qui doit le traîner au lit, ils passent devant moi et je me rend compte que le sac a gnôle est lourd, il tente de l’embrasser tout en marchant. Ils disparaissent de ma vue. Au téléphone j’ai la femme du patron qui me prie de surveiller que son mari ne prenne pas la voiture car il lui envoi des messages étrange, elle a peur qu’il se blesse où se fasse du mal. Je la rassure et attend que l’ivre aille se coucher tant bien que mal. Problème résolue mais un autre avait cours, n’ayant pas vue l’intendante revenir je m’inquiète et monte au dortoir. L’employé ivre-caisse l’a tient plaquée contre le mur et la pelotte de ses mains crasseuses. Je le pousse, j’entend que l’intendante s’est enfermée dans sa chambre. Je pousse le trou du cul sur un lit et lui dit dors ! Il bredouille des « pardon » et qu' »il ne veut pas dormir seul » et qu' »il est désolé.. » De quoi? D’avoir agressée l’intendante?! Je suis en rogne et le laisse là et à mon tour m’enferme à double tour, parce que même si il fait une tête de moins que moi je n’en suis pas moins rassurrée. Tout est reporté le lendemain au chef qui se remet doucement de sa gueule de bois. Le point positif c’est qu’après cette nuit là plus aucun employés (patron inclus) ne s’est enivré de la sorte au restaurant.

© Aude-tte / Acatenango

Le reste du temps la vie suit son cours paisiblement, au gré des clients de l’hôtel, je peins, je mange,j’étudie le quechi langue maya de cette région, le temps passe vite ! Fidel viendra même me rendre visite avant de partir en Colombie et nous irons visiter encore une fois Semuc Champey.

Une fois tout le travail achevé le patron m’envoi sans grand ménagements à El Remate d’oú demain je prendrais mon bus pour le Mexique.

©Aude-tte / El Remate
©Aude-tte / El Remate

C’est l’heure du bilan de ces quatre mois au Guatemala, pays aux artisanats textiles époustouflants, d’Antigua et son architecture coloniale, à la nature luxuriante de Rio Dulce, ses chicken bus, ses volcans Acatenango, Tajumulco où l’ont se croit sur le toit du monde, le mysterieux lac Attitlán, son autre lac au creux d’un volcan d’Ipala, sa capitale turbulente, ses plages du pacifique aux vagues houleuses, ses ruines magistrales de Tikal, ses mystérieuses piscines naturelles de Semuc Champey, ses aldeas habitées par ses orgueilleux mayas aux multiples langages…

© Aude-tte / Tajumulco

Derrière la carte postale j’ai aperçu des côtés moins glamour. De ce que j’en ai vu ces quatres mois les inégalités économiques sont très marquées. Et la pauvreté touche surtout les indigènes qui vivent en milieux ruraux et dont certains ne parle pas espagnol. Au Guatemala l’école est publique et gratuite jusqu’à onze ans, ensuite il faut payer et plutôt cher. Pour cela beaucoup de famille font le « choix » de ne pas envoyer leurs enfants à l’école après cet âge mais à chercher du travail. Les enfants qui naissent donc de familles qui ont peu de moyen ont peu de probabilités de s’élever économiquement, les postes bien rémunérés étant réservés à ceux qui possèdent des diplômes. Mon ami qui vient d’une bonne famille et qui a fait des études d’ingénieur sera payé pour un premier emploi dégotté par son père à la capitale trois milles quetzal du mois avec week-end, et il m’avait dit que le salaire minimum était de mille cinq cent. Maintenant le jardinier qui était parti de l’hôtel était paye quatre-cent quetzal tous les quinze jours, huit cent du mois sans week-end et avec des horaires plutôt rudes. Certe le travail ne demande pas de grandes compétences intellectuelles mais cela justifit-il un tel écart de salaire?

Le pays est extrêmement croyant et pratiquant orienté plutôt catholique et témoins de Jéhovah toutes catégories sociales confondues. C’est simple quatre-vingt dix pourcent de la population (selon mon propre sondage) crois en dieu et suis à la lettre la bible.
J’en ai choqués quelques uns en révélant en grande pompe que j’était athée, j’aime vivre dangereusement haha. Et cela pour moi va de paire avec le fort taux de jeunes filles qui deviennent maman dès quatorze ans, parfois par manque d’éducation sexuelle parfois par choix lorsqu’elle ont vingt ans. Mais surtout par non choix car l’avortement est illégale et dans tous les cas au vu de leurs éducations religieuses cela ne leurs traverseraient pas l’esprit. Également les mariages surviennent beaucoup plus tôt et ce dans toutes les classes.

Le machisme est affolant, autant que le passage de musique reaggeaton commerciale de merde. Je suis convaincue que si l’ont faisais des statistiques on arriverais à un quatre femmes sur cinq victimes de viols au cours de leur vie. En tant que touriste blanche je n’en n’ai pas trop souffert car en général une réponse bien callée remet le macho à sa place.

C’est cela aussi qui m’a marqué finalement, contrairement au Mexique qui est beaucoup plus ouvert, du Guatemala je n’en garderai qu’un ami (ou deux) : mon cher Hector. Les gens originaires du pays avec qui j’ai echangé, vécu (parfois plusieurs semaines) ne m’ont jamais considérée je crois comme leur amie, leur égale, sinon comme une étrangère, celle qu’on ne comprendra jamais, comme une barrière impercéptible..

Alors bien-sûr tout ce que j’ai dit plus haut est à prendre avec des pincettes, ce n’en ai que mon humble ressenti de mon court séjour, et je ne part pas rancunière, du Guatemala je repart grandie, nourrie du meilleur comme du pire. Fier pays merci de m’avoir laissée vagabonder en ton sein 🌿🎨🌈

Retrouvez les précédents articles sur le Guatemala en cliquant sur les liens, Guatemala…Round I, Guatemala… Round II, Aruma Eco-Hostal, Guatemala…Round III