PUERTO VIEJO

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A peine le mur du centre de Yoga fini,  direction Puerto Viejo où m’attend Natacha ! Elle reçoit pour la première fois des volontaires avec la plateforme Workaway. Nous serons donc trois volontaires à vivre sous son toit 🙂 Pierre et Anaïs un jeune couple en voyage sur le long cours et moi même. Je n’avais jamais autant parler en français que dans cette maison au court de cette année et demi hors de France.

Puerto Viejo est un village au bord de mer caraïbien où se mélange des gens du monde entier 🙂 Italiens, Allemands, Canadiens, Belges, Français, Suisse, etc y vivent en parfaite harmonie avec les locaux.

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Je me charge de peindre la façade de la boutique de Natacha d’une énorme jungle aux couleurs pastels tropicaux.

Je réalise également trois illustrations avec pour thème Puerto Viejo pour un tout jeune café du village, afin que la gérante produise des mugs qui seront vendus à la haute saison.

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Le temps passe encore une fois beaucoup trop vite et il sera l’heure pour moi de me rendre à la capitale retrouver mes amies Laura et Katherine avant de m’envoler pour le Mexique 😀

 

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Cahuita

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Tableau de l’argo et expressions typiques du Costa Rica avec son équivalent Mexicain et sa traduction en français (J’en réserve un plus complet pour le Mexicain parce qu’il est très très très riche)

COSTA RICA MEXIQUE FRANCAIS
Pura Vida No tiene traductiones en Mexicano, puede significar « Buenos dias », « Gracias », « Como estas? », o « Que te vayas bien »… « Pura Vida » sirve para desear la pura vida a todos y todo el tiempo. Utilisé seulement au Costa Rica, ces deux petits mots sont l’âme du pays, ils s’en servent à toutes les sauces. Pour demander « comment ca va ? », « Bonne journée » ou « Merci » ou « Au revoir ». Pour souhaiter une « Pure vie » à tous tout le temps. 
Mae Wey Mec/Meuf
Picha

Ex : Mae que picha se me quemo el pollo // Mec, putain j’ai cramé le poulet

Verga

Ex : « Que verga estan haciendo aqui ? // Putain qu’est-ce qu’ils foutent ici?

Bite/Verge (oui, les costaricains et les Mexicains utilisent « bite » à toutes les sauces)
Pajillas Popotes Pailles
Enagua Mini-falda Mini-jupe
Usted Tu Tu // Au costa Rica lorsque l’on s’adresse a quelqu’un de proche, un ami on utilise « Usted » qui partout ailleurs se traduit « vous »
Vos Usted Vous // Et pour le  vouvoiement on utilise le « vos » qui partout ailleurs s’utilise comme un « tu » (sauf en espagne me semble-t-il)
Jale Vamos On y va
Saico (por una persona) Una personna que follia bien Une personne douée au lit
Saico (haciendo algo valiente) Tienes huevos Avoir des couilles
Pendejo Miedoso Un peureux
Wila Alguien joven Un jeune
Cochino Cochino Un porcelet (une personne sale)
Ray Ride/Aventon Faire du stop
Se va en el viaje Irse en algo (burrachera/enfermedad) Se
Me inyecte Me emocione Se
La goma La resaca/La crueda La gueule de bois
Mamador Mamador/hablador Un mytho
Emborrachar Embriagarse Se bourrer (d’alcool)
Vaya jalendo Vete ya Vas-t-en maintenant
Voyja Ya me voy J’y vais
Jaleas Amiga ya me voy J’y vais
Que fresa Que bonito Joli-e
Pipis Fresa Un riche qui s’y croit
Vara Cosa Chose
Tico Costarricense Costaricain
Tuanis Cool Cool
Parguear Echarla hueva/Tirarla hueva Moment de farniente, de ne rien faire
Brete/Yugo Chamba Taf
Cabanga Nostalgia de un ex Nostalgie d’un ex
Que carga Shingon-a Quelqu’un qui fait des choses admirables
Carreta Lento Lent
Presa Trafico Bouchon (voiture)
Chancleta Jippi Hippie en tong
Chueca Roto Defectueux
Chiva Chido-a Cool
Chuzo Riquillo/Nice Quelque chose de la haute
Coche Carriola Poucette
Cuerero Un hombre que escoje mujeres feas Un homme qui aime les femmes laides
Ligar Cotorear Draguer
Diay Cuenta me Racontes moi
Mi polvo fijo Mi culo/ Mi aca Plan cul
Polo Naco Beauf
Malendro Chaca Wesh
Pleito Pelea Bagarre
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OAXACA

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La station de train où ne passe encore que « La Bestia » en restauration afin d’accueillir une bibliothèque.  

Je pars donc de ma retraite méditative dans l’écrin de paix qu’est El Encinal pour me rendre à Juchitán de Zaragoza où m’attend Moises et Ivan, deux architectes et amis de Manuel rencontre a Oaxaca en septembre dernier et avec que je considère comme un de mes proches amis 🙂

Très franchement je ne savais absolument pas a quoi m’attendre et je pars le cœur gros tant je m’y suis sentie chez moi entourée de toutes ses personnes chaleureuses !
J’ai vécu un presque mois a Juchitán, chez Michel (représentant de la culture de Juchitán), Moises, Ivan et Bruno tous trois architectes pour « Roots Studio« . Le studio est basé a Oaxaca et a pour mission de reconstruire Juchitán, sévèrement touché par le séisme d’une force de 8.2 en septembre dernier, en majorité financier par des donations. Une partie de leurs travail est de compléter des travaux engagés par des familles mais non abouti par faute de moyen et l’autre partie est la construction de maison privatives conçues entièrement par le studio d’architecture. Ce sont deux chaumières de la deuxième catégorie que j’ai eue la chance de peindre 🙂
J’ai passé une semaine à la réalisation d’une façade de « la casa de Jimy« , chouchoutée par tous les membres de la famille ❤ En y repensant je me sens nostalgique et cela me manque.

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La maison de Jimy

Malgré le traumatisme dût aux pertes de proche(s) ou de maisons (ou de tout) les gens de Juchitán sont extrêmement généreux et chaleureux.
Je suis tombée amoureuse de leurs vêtements traditionnels, un haut brodé de milles couleurs et motifs et une jupe ample, le tout de couleurs vives. J’ai eu la chance de participer à trois « pachanga », deux anniversaires et un mariage. La règle est simple, lorsque vous arrivez vous payez votre caisse de bière puis vous prenez place sur une des chaises qui entourent la piste de danse que se charge d’animer un groupe de musiciens (cumbia, salsa etc) et les organisateurs de la fête s’occupent de vous apporter bières (beaucoup) et nourriture.
A peine ai-je terminé la maison de Jimy que Moises m’annonce une bonne nouvelle, je vais pouvoir peindre la maison de Roy, et j’ai carte blanche! Par contre j’ai cinq jours pour tout achever car la date de l’inauguration approche à grand pas!
Je pars donc sur le thème d’un conte oral Zapoteco (langue des peuples pré-hispanique de l’istmo), celui du lapin et du coyote. D’ailleurs à Juchitán tous les anciens parlent le Zapoteco, ainsi que les générations suivantes, des efforts sont réalisés par la région via le biais d’aides à des projets de livres ou d’outils didactiques en Zapoteco afin de transmettre la langue aux générations futures.
J’ai beaucoup aimé vivre avec les gars de Juchitán, mes papas de Juchitán comme j’aime les appeler, et eux « la petite fille oiseau » (« nina pajaro » juste parce que je ne sais pas dire la « j » haha)

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Ivan, Moises et moi-même devant la maison de Roy

Le week-end je retrouve mon cher Manuel (que je suis venue voir tout de même 🙂 ), où il vie, à Ixtepec, village situé à vingt minutes de Juchitán et beaucoup plus paisible. Il est également architecte et a rejoint depuis quelques mois l’équipe de « coopération comunitaria » qui se dédicace à construire des cuisines, comexcales et des fours en terres selon un principe de coopération avec les familles qui les reçoivent. L’entreprise lève une grande partie des fonds et la famille se doit de participer à la construction et apporter une partie du matériel comme la terre. Mon ami Manuel est surtout en charge de la construction des cuisines avec Octavio et me fera un tour du propriétaire. Les constructions en terre ou adobe (briques de terres) sont très résistantes et visuellement attractives (j’aime le beau pardon haha).

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Une des cuisines

Après les deux muraux réalisés sur les maisons construites depuis zero par Roots Studio à Juchitán, je peins un petit mur dans le botanero de la fille de la famille de Jimy et fait mes « au-revoir » à ma famille de Juchitán.

Avant on fera un détour par l’océan et par un Bupu, atole blanc recouvert d’une mousse réalisé a l’aide d’une fleur et de cacao, en face du palacio municipal et originaire de Juchitán.

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La meeeeer

Je m’en vais vivre mes derniers joursà Ixtepec avec Manuel et toute la joyeuse bande qui l’entoure.
Je peins un mur dans la maison de Octavio, Farina, Alejandra et Denis 🙂
Encore une fois je me sens chez moi et entourée de bienveillance, Merci ♥️

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Le mural dans la maison de Octavio a Ixtepec
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Manuel aux alentours d’Ixtepec
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Toit d’une maison construite par Manuel et toute l’equipe

Je m’en vais pour le Costa Rica, le cœur gros mais on s’est donné rendez-vous fin octobre, mon petit doigt me dit que je n’en ai pas fini avec l’Istmo 🙂

EL ENCINAL

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© Mon mur dans le site magique qu’est « El Encinal », au fond le lac de Valle de Bravo

Je pars donc en direction de Valle de Bravo retrouver Victor dans son royaume de Peter Pan nommé « El Encinal ».

 

Lorsque j’arrive je fais la rencontre de Marina, voyageuse au long court Argentine qui a un don pour la cuisine. Plus tard encore nous rejoindra Francisco, également voyageur au long cours Mexicain et qui a un tout aussi grand talent pour la cuisine. Autant dire que mon séjour dans ce cocon s’est plus que très bien passé 🙂 La vie suis son cours tranquillement, je m’occupe de peindre tout un pan de mur sphérique avec vue sur le lac et avec la compagnie de Apa, le plus beau de tous les chiens du monde 🙂

El Encinal pourrait s’apparenter au pays Imaginaire et Victor a Peter Pan, cela fait une vingtaine d’années qu’il construit avec l’aide de Thomas, de ses amis, et des différents volontaires, sa forteresse enchantée. Le lieu est une ancienne carrière de pierre, perché au bord d’un ravin surplombant le village El Arco et le lac de Valle de Bravo. Il est constitué de deux grandes maisons, de cinq/six chambres privatisées, d´une salle de méditation. d’un étang etc etc Et le tout est en permanente mutation. Une nouvelle chambre est en construction au sommet d’un arbre; Victor, Thomas et son ami Alberto ont construit un dôme de bois en haut d’une estrade en une petite semaine et Francisco va construire prochainement un système hydroponique. Liberté totale, il n’y a pas de limites a la créativité au Royaume de Victor 🙂

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© Cascade du Moulin

La semaine tout est plutôt calme, pour ma part je ne dévoue à peindre tant que l’orage ne nous tombe pas sur la tête, je brode, je lis, nous mangeons comme des rois. Le tout agrémenté de quelques sorties au village. J’aurais également l’occasion de participer (enfin) a un temazcal. Mon ami Paco viendra me rendre visite et nous découvrirons Valle de Bravo et les alentours.

Le temps filera à une vitesse folle et je resterai dans ce petit paradis un peu plus d’un mois. Il y a une énergie puissante qui se dégage du lieu, chaque fin d’aprés-midi s’invite l’orage et ses rayons puissants suivi de ses pluies diluviennes.

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© Aude-tte – L’église de Valle de Bravo
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© Aude-tte – La pena

En arrivant je dois avoue que j’avais le moral plutôt dans les chaussettes. Venant de me séparer de mon allemand, bien qu’étant en contact, nos retrouvailles étant prévu pour dans treeees longtemps.
Cela plus le fait d’un (peu-être) mal du pays, comme une sensation d’être déracinée, sans socle rassurant, parfois l’impression de marcher sur une corde, fragile et qui pourrait me faire tomber dans la folie. Ne plus être sur d’aller dans la bonne direction, puis plus tard d’être convaincue que c’est le bon chemin. D’avoir passé la frontière, d’être dans d’autre questionnement puis de revenir sur terre, relativiser. Comme un flot tendu d’émotions, de doutes, de questionnement, et puis tous leurs contraires, comme un grand-huit subtile intérieur. Est ce cela le mal du pays?

Ce lieu fut pour moi un refuge, une transition, comme une bulle oú le temps s’est arrêté, un endroit oú je me suis retrouvée face à mes inquiétudes et oú j’ai pu les formuler un peu à mes acolytes qui sont passés par la car voyageurs au long cours (au risque de me repeter).

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© Aude-tte – Détail de ma peinture
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© Aude-tte – Détail de ma peinture

Dans la foulée j’achète mon billet d’avion à bon prix en direction du Costa Rica fin août, je sens que j’ai besoin de stimulations, de changement d’airs. Et dans la même foulée j’achète mon billet pour l’Europe départ l’année prochaine (date tenue secrète). Avoir cette date je crois que cela me rassure, comme une bouée qui cadre la suite de ce voyage.traitVous pouvez retrouver ma peinture en entier en cliquant ICItrait

Pour le moment, alors que j’écris ses lignes, dans un bus de nuit, je me rends à Juchitan où m’attend Manuel, rencontré à Oaxaca en septembre dernier, et un mur de 3×5 metres que s de barbouiller de couleurs 🙂

RETOUR AU MEXIQUE

Rancho San José

Je retourne donc dans mon pays d’adoption, le Mexique pour six autres mois 🙂 L’accueil sera rude car en passant par le Belize, par les terres on tente de me corrompre en me disant que pour me délivrer le visa touristique de six mois tant attendu il faut que je paie cinq-cent-trente pesos au guichet banque (jusque là je suis d’accord); mais que celui-ci est cassé et donc je doit débourser (beaucoup) plus pour que l’ont me fasse cette « faveur » de me le délivrer tout de même. Que nenni ! J’ai la tête dure (et six-cent pesos en poche haha) Je pars donc en direction de Bacalar retrouver Isabella, jeune aventurière allemande rencontrée à l’hôtel Aruma quelques temps auparavant, avec un visa de sept jours.

La chance étant de mon côté (pour ceux qui en douterait encore) je tombe sur Sol la grande sœur de ma chère acolytes Violetha avec qui j’ai passé tout le mois de Juillet dernier dans ce même village magique de Bacalar. Nous nous rendons à l’immigration de Chetumal puis à la frontière avec le Belize et nous revenons avec le saint visa de six mois en aillant déboursé le minimum requis, cinq-cent-trente pesos. 🙂

Je reste quelques jours dans ce village électrique, où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes, au bords de la merveilleuse lagune de sept couleurs chaque fois un peu plus en danger du fait de la pollution croissante. La résistance s’organise mais péniblement car les locaux voyant seulement le gain financier apporté par le tourisme de masse n’ont pas conscience de l’équilibre fragile qui régit cet écosystème.

Ce n’est qu’un au revoir, je m’en vais direction Cancun retrouver Vicky, photographe argentine rencontrée a Guanajuato l’année passée. J’en profite pour me faire l’opération laser et corriger ma vision de taupe. Pour enfin, enfin! retrouver ma chère famille syntropicale au large de cette mer de béton qu’est Cancun, au sein de cet îlot de nature préservé : Le Rancho San José, Mercado de la Tierra 🌿💚

Peinture réalisée lors de mon séjour, à retrouver sur Aude-tte.com 🎨

En août déjà était née l’idée du collectif, dont le but est de promouvoir un mode de vie sain, en communautée et dont la mission est de propager la culture de l’agriculture syntropicale au plus large public possible. Ma mission, que j’ai embrassé, est de réaliser des documents didactiques, dessins, schémas qui sont facilement comprehensibles et aisément praticables. Je m’attèle donc à la tâche et réalise plus de soixante illustrations de plantes en production dans les différents potagers de la ferme. Puisqu’on m’a volé mon Mac (en janvier) je me suis racheter un ordinateur dans une « casa de empeno », cash converter chez nous, mais sans la remise à neuf de l’appareil. Ce qui fait qu’après formatage mon ordinateur est inutilisable (jusqu’à m’ont arrivée à la capitale)🌻 Je me concentre donc à la production d’illustrations (ce qui est pas plus mal).

 

De même que mes activités de scribes (blagounette) je participe aux tâches paysannes 🙂 Recolter, désherber, planter, arroser, sortir de la terre, ramasser des feuilles pour couvrir les plantations… Et j’adore ça! Le contact avec les plantes, la terre, je crois que c’est la meilleure méditation qui existe. Accroupie au sol, au plus près des plantes, au service de la terre, suant sous la morsure du soleil, déplaçant des charges lourdes, planter des graines une par une à force de patience, tout cela vous procure une grande sérénité et l’impression d’être utile, de transpirer pour la bonne cause. Récompensé lorsque de la graine sort une jeune pousse, puis une fleurs, puis un fruit. 🌱🌿🏵️💚

Coucou ! Détail de ma peinture, toujours sur Aude-tte.com 😙🎨

Cette bande là y est également pour quelque chose. Avec Jorge, Mike, Santi, Jerry (…) que je retrouve apres quelques mois d’attente et Solène, Enrique, Valentine, Gala et Randy (et d’autres) que je rencontre, une amitié forte nous uni. Le genre d’amitié dont vous n’avez pas de doutes, quelle durera toute la vie ☀️ La vie suit son cours paisiblement au rythme du soleil, du travail de la terre et surtout des gargentuesque repas dont nous delèctons ! Comme en août dernier mon estomac est plus que repus par les petits plats de Dona Eva le midi et de nos cérémonies de cuisine les dîners.

A peine arrivée nous partons un weekend de pleine lune pour Bacalar, à Akalki où nous attends Santi (un autre) afin que Jorge l’éclaire de ses connaissances en agroflorestry. Nous mettons la main à la patte aux potagers et disposons de notre temps libre pour découvrir le lieu. Et quel lieu! Nous vagabonds dans un « temple » en construction et grimpons dans des maisons hautes perchées dans les arbres. Une trempette dans la lagune et il sera l’heure de rentrer.

Bacalar – Centro Holistico Akalki
Bacalar – Centro Holistico Akalki

Nous passerons également quelques weekends à travailler sur le terrain de Véronique, mère de Nahomi, amie de notre cher collectif. C’est un terrain de jungle totalement vierge, où la propriétaire de la parcelle, mais aussi le gérant de tous les lots souhaitent habiliter des lieux de vie écologiques. C’est là où Mike en tant que co-fondateur du collectif Waybil s’engage a aménager un « lot témoin », celui de Véro donc. Apres l’effort, le réconfort : nous aurons la possibilité de camper dans la jungle, manger au feu de bois, avec pour voisins des singes, des toucans et autres créatures mystiques (au vue des sons entendus en pleine nuit) 🌌

Rancho San Jose

Une expérience plus forte que les autres aura marqué, et je crois pour toujours, mon second séjour dans ce paradis. Nous participerons avec tous mes acolytes à une cérémonie de Changa, au pied de l’arbre majestueux qu’est la Ceiba, avec un Shaman. Le Changa est une cérémonie qui utilise une plante, que l’ont fume, au fort taux de DMT, mélangée à d’autres plantes prolongatrices sur l’effet de « transe » dont le Shaman maîtrise les quantités. En moyenne les « voyages » durent de dix à quinze minutes. Au cours de la transe le Shaman guide le « patient » avec des chants. C’est une cérémonie utilisé depuis des siècles a des fins de sanation.

Il y a encore aujourd’hui très peu de connaissances sur la DMT on sait juste quelle est présente partout (à faible dose) et que la glande pinéale dans le cerveau humain la produit en grande quantité lorsque l’on naît et meurt. J’avais également lu quelques articles parlant de son utilisation pour traiter des cas de Stress Post Traumatique, sous forme d’Ayahuasca, qui est la même molécule que l’ont ingère et dont les effets durent plus longtemps.

Nous nous réunissons au pied de l’arbre, tous avec une certaine appréhension afin de commencer la cérémonie. Tout d’abord le Shaman nous explique, nous rassure. Nous sommes tous en cercle et deux par deux ils nous « enverra » dans notre « nous » intérieur. De l’extérieur vous ne voyez rien, un corps allongé, dont les bras peuvent bouger un peu, mais lorsque vous le vivez vous comprenez alors l’intensité de l’expérience.

J’étais extrêmement nerveuse, car j’avais très peur de ce que j’allais devoir affronter au fond de moi-même. Mais je me sentait prête. A peine est arrivé le Shaman que j’ai ressenti son aura de bienveillance, de paix et d’amour. Comme si il savait tout de moi. Je lui est donc tout naturellement tout révèlé (et à vous aussi lecteur). Il y a cinq ans maintenant j’ai été victime d’une séquestration au cours de laquelle j’ai subit de la part de mon goelier plusieurs viols. Vous imaginez donc quel traumatisme je m’attendais a ouvrir en me reconnectant avec moi-même. Même si j’ai eue beaucoup de chance (dans l’horreur), les cinqs dernières années, ont eue lieu plusieurs procès, un premier gagné, un premier recours en appel annulé (la veille) que je compte car je pense que de cette frustration ont commencé mes voyages, un deuxième recours en appel cette fois-ci non annulé et dont l’échéance achèvera en partie mon calvaire. Et en janvier cette année, la réception de mes indemnités qui fermeront définitivement ce chapitre, du moins officiellement. Je pense avoir surmonté toute ses epreuves, grâce au soutien de mes proches et amis; mais je sais qu’au fond de moi subsiste un monstre caché dans l’obscurité et qui ressurgit chaque fois que je me retrouve seule, et celui là il me faut encore l’affronter. Donc pour en revenir à cette cérémonie de Changa, sachant qu’elle vous envoi au fond de vous-même je m’attendais à devoir affronter cette bête.

Lorsque vous fumer le Changa, vous partez dans la minutes. Je suis partie deux fois, la première fois pas assez loin puisque le Shaman me renverra juste ensuite en me conseillant de « me laisser mourir ». Je me souviens encore de ces formes géométriques colorée insecticides et du bruit de papier froissé, d’un gout amère dans le fond de la gorge, de la déglutition difficile, suivit d’une impression de « chuter ».

Et là commence le voyage. Tous nous avons eue cette experience en commun : la sensation d’êtres séparés de son ego. Je savais que j’étais « moi » mais sans les informations qui (nous croyons) nous définissent en tant que personne. Je ne savais plus qui j’étais : je n’avais plus de nom, plus de famille, plus d’amis, je ne savais plus où j’était, ou si j’avais déjà été quelque part, à quelle époque.. au fur et à mesure que je daignais lâcher prise, j’oubliais ces informations. Comme si finalement elles n’étaient pas importantes. Physiquement c’est pareil, je ne savais plus où mon « moi » commencais ni où il se terminait. Je faisait partie d’un « tout », ni mal ni bon, juste extrêmement puissant. Un lieu de paix et sérénité, où je baignais, je faisais partie de ce « tout ». Dans mon esprit ce moment à durée toute une vie, j’avais conscience de tout ce voyage. Je me posais des questions, « Qui suis-je? », « Qui étais-je? », « Où suis-je? », « Où étais-je? », « Où vais-je? »; Sans réponses ou plutôt, ces réponses sont-elles importantes? Et délaissant le questionnement je me suis laissée porter par le « tout ».

Puis j’ai eue peur de me perdre, alors j’ai demandé à revenir. En sortant de cette mélasse j’ai commencé à avoir des visions. Expulsée de cette immensité de tranquillité j’ai débarqué dans un chaos,un lieu brûlé, où subsistait quelques armatures, des structures semblables a des nids de guêpes calcinés. Des êtres insectoïdes me faisait du mal, d’énormes mentes religieuses monstrueuses et menaçantes. J’étais terrorisée, j’entendais la voix du shaman qui me disait « cherche l’amour », mais je ne le voyais pas, recroquevillée sur le sol, en position fœtales, avec autour de moi ce chaos, ses monstres, j’étais faible, comme une enfant sans protection, pleurante, gémissante. Ensuite les monstres ont disparu petit a petit et j’ai commencé à me « réveiller ». J’entends que quelqu’un vomi. Puis une petite chienne de la ferme c’était approchée de moi (dans le monde réel) je l’aggrippe de ma main (dans ce lieu de chaos et dans la réalité) comme un nauvragé à une bouée, je ne la lâche pas. Je reviens doucement à la réalité, était-ce bien réel? J’ai envie de pleurer, pleurer parce que je suis en vie. Tout comme je reprends possession de mon esprit, je reprends doucement possession de mon corps, touchant l’herbe, sentant la brise du vent, je regarde les feuilles de la Ceiba, le ciel, mes compagnons, comme si c’était la première fois, comme lors d’une renaissance et je me rend compte de la beauté de la vie, de la chance d’être en vie tout simplement. Le Shaman me demande comment je me sens, même si il le sait, son regard doux me couvre, je me sens renaître.

De l’extérieur mes amis m’ont confiés que c’était très impressionnant. Parce que je bougais beaucoup, et dans tous les sens, pleurant et gémissant. Et parce que le shaman est venu trois fois au dessus de ma tête pour « aspirer » des énergies négatives et à chaque fois les vomissais. A chaque vomis, à chaque purges je me tranquilisait, à la troisième purification je me suis réveillée. Après cette expérience la vie n’est plus la même, je ne peut pas la voir de la même façon, bien que je ne soit pas la plus « spirituelle ». 🌿

Je crois que cette cérémonie m’a ouvert des portes pour me soigner de mon traumatisme. Je crois que ce lieu de chaos que j’ai vu représente mon chaos intérieur, mon ego détruit et ronger par la peur, la culpabilité aussi (les insectes). Je me dois de le reconstruire en réapprenant a m’aimer tout simplement. Encore maintenant je sens que la DMT a eue un effet physique sur mon cerveau. Comme si elle m’avait « reconnectée » avec mon « moi » interieur, mon « moi » d’avant les viols, avec ma mémoire traumatique aussi. Celle dont j’ai été dissociée lors de l’aggresion. Et de toutes ces années où en réalité je me voilait la face en me persuadant que j’allais bien. Cette séance ne m’a pas guérie mais je sens que ça m’a ouvert des portes ou des accès pour commencer à identifier mes « trous ». Tout cela avec une rage de vivre décuplée (comme si je l’avait pas assez).

Mes compagnons ont eue des voyages très différents, bien que tout aussi forts ! Toute la semaine qui a suivie nous avions encore tous un sourire scandaleusement chaleureux et les larmes aux yeux de narrer encore et encore cet effacement de l’ego, cette impression de faire partie du tout et cet amour infinie pour la vie. Bref vous aurez compris encore une fois mon séjour avec mes chers agriculteurs fût pleins d’émotions fortes !

Mais il est l’heure pour moi de partir (encore) mais nous restons en contact car nous avons ce Collectif Waybil à faire pousser, et moi plein de petites plantes et schémas à illustrer.

Rancho San José

Je m’envole pour la capitale car ma chère petite sœur chérie adorée me comble de sa présence une semaine 😙♥️

ARUMA ECO-HOSTAL, LE RETOUR

En Décembre j’était venue peindre un mur à l’hôtel Aruma Eco-hostal, perdu entre Lanquin et Semuc Champey.

©Aude-tte

Je retourne à l’hôtel Aruma pour accomplir ma parole : peindre les cinq habitations privées, un jaguard, un hibou, un singe, un lezard et un quetzal. Je m’y rend pleine d’appréhension puisqu’en Décembre on peut dire que cela fût plutôt tourmenté.

À mon arrivée je fait la connaissance de Nathaly et Mario, puis plus tard Carlos, et encore plus tard de Manuel. Ce sera elle qui se chargera de me remplir l’estomac de bons petits plats ces cinq semaines.
Ce fût au final un séjour tranquille sauf le début plutôt chaotique. Je commence donc par le négatif hehe

©Aude-tte / Et je vais entrecouper le texte de jolies photos de mon voyage / Rio Dulce

En partant en décembre j’avais laissé des affaires à l’hôtel afin de prouver ma bonne foi et rassurer le propriétaire sur mon retour. J’avais tout mis dans un carton derrière le bar, dont un bon téléphone cassé que je comptais réparer au Mexique. Le gérant m’avait assuré qu’il garderai mon precieux package dans sa chambre, en sécurité. Bref vous imaginez bien que si j’en parle c’est que ce ne fût pas le cas!
Mon carton n’avait en fait pas bougé d’un poil, ils se sont contentés de mettre un drap sur mes affaires et de le transformer en lit pour les chiens.. Et bingo bien sur le téléphone à disparu.
Au final je ne le retrouverais jamais et le proprio n’en prendra pas la responsabilité, je fait donc une croix dessus, ce sera pas la première fois cette année que je perd une pomme.

© Aude-tte / Tikal

Le lendemain de mon arrivée, le jardinier pète un boulon et picole tout l’après-midi jusqu’à finir à moitié mort sur le bord de la route car le patron manquera de peu de lui rouler dessus en retournant à l’hôtel. Le jour suivant il part sans prévenir, il quitte son poste, prend le large sur un coup de tête. Pour sa défense son boulot c’etait plus ou moins esclave; déblayer, nettoyer, couper l’herbe à la machette… Sept à neuf heures par jour, sept jours sur sept pour un salaire de misère.

© Aude-tte / Semuc Champey

Malheureusement la zone souffre d’une misère sociale assez impressionante. Par exemple il m’avait confié qu’il vivait là où il pouvait car le nouveau mari de sa mère ne voulait pas le voir, ce même mari qui est alcoolique et frappe cette même mère. Cette même mère dont le premier mari la battait également et battait les enfants donc lui. Ce qui expliquerai d’où il a pèté un boulon en s’enivrant de la sorte. Ce qui m’offusque c’est que tous les gérant d’hôtel profite de cet situation précaire et du fort taux de chômage de certains indigènes pour les exploiter. Bref j’y reviendrais un peu plus tard.

© Aude-tte / Sipacate
© Aude-tte / Une des peintures réalisées à la Casa del Pacifico

Ce même jour le soir, le gérant et deux employés s’enivrent en jouant au billard jusqu’au moment où encore une fois ça dérape. Voyant le navire sombré je m’éloigne sur mon banc (seul endroit où je capte internet) et j’observe de loin. Un des employé fini par ronfler dans un hamac l’autre employé c’est la jeune intendante qui doit le traîner au lit, ils passent devant moi et je me rend compte que le sac a gnôle est lourd, il tente de l’embrasser tout en marchant. Ils disparaissent de ma vue. Au téléphone j’ai la femme du patron qui me prie de surveiller que son mari ne prenne pas la voiture car il lui envoi des messages étrange, elle a peur qu’il se blesse où se fasse du mal. Je la rassure et attend que l’ivre aille se coucher tant bien que mal. Problème résolue mais un autre avait cours, n’ayant pas vue l’intendante revenir je m’inquiète et monte au dortoir. L’employé ivre-caisse l’a tient plaquée contre le mur et la pelotte de ses mains crasseuses. Je le pousse, j’entend que l’intendante s’est enfermée dans sa chambre. Je pousse le trou du cul sur un lit et lui dit dors ! Il bredouille des « pardon » et qu' »il ne veut pas dormir seul » et qu' »il est désolé.. » De quoi? D’avoir agressée l’intendante?! Je suis en rogne et le laisse là et à mon tour m’enferme à double tour, parce que même si il fait une tête de moins que moi je n’en suis pas moins rassurrée. Tout est reporté le lendemain au chef qui se remet doucement de sa gueule de bois. Le point positif c’est qu’après cette nuit là plus aucun employés (patron inclus) ne s’est enivré de la sorte au restaurant.

© Aude-tte / Acatenango

Le reste du temps la vie suit son cours paisiblement, au gré des clients de l’hôtel, je peins, je mange,j’étudie le quechi langue maya de cette région, le temps passe vite ! Fidel viendra même me rendre visite avant de partir en Colombie et nous irons visiter encore une fois Semuc Champey.

Une fois tout le travail achevé le patron m’envoi sans grand ménagements à El Remate d’oú demain je prendrais mon bus pour le Mexique.

©Aude-tte / El Remate
©Aude-tte / El Remate

C’est l’heure du bilan de ces quatre mois au Guatemala, pays aux artisanats textiles époustouflants, d’Antigua et son architecture coloniale, à la nature luxuriante de Rio Dulce, ses chicken bus, ses volcans Acatenango, Tajumulco où l’ont se croit sur le toit du monde, le mysterieux lac Attitlán, son autre lac au creux d’un volcan d’Ipala, sa capitale turbulente, ses plages du pacifique aux vagues houleuses, ses ruines magistrales de Tikal, ses mystérieuses piscines naturelles de Semuc Champey, ses aldeas habitées par ses orgueilleux mayas aux multiples langages…

© Aude-tte / Tajumulco

Derrière la carte postale j’ai aperçu des côtés moins glamour. De ce que j’en ai vu ces quatres mois les inégalités économiques sont très marquées. Et la pauvreté touche surtout les indigènes qui vivent en milieux ruraux et dont certains ne parle pas espagnol. Au Guatemala l’école est publique et gratuite jusqu’à onze ans, ensuite il faut payer et plutôt cher. Pour cela beaucoup de famille font le « choix » de ne pas envoyer leurs enfants à l’école après cet âge mais à chercher du travail. Les enfants qui naissent donc de familles qui ont peu de moyen ont peu de probabilités de s’élever économiquement, les postes bien rémunérés étant réservés à ceux qui possèdent des diplômes. Mon ami qui vient d’une bonne famille et qui a fait des études d’ingénieur sera payé pour un premier emploi dégotté par son père à la capitale trois milles quetzal du mois avec week-end, et il m’avait dit que le salaire minimum était de mille cinq cent. Maintenant le jardinier qui était parti de l’hôtel était paye quatre-cent quetzal tous les quinze jours, huit cent du mois sans week-end et avec des horaires plutôt rudes. Certe le travail ne demande pas de grandes compétences intellectuelles mais cela justifit-il un tel écart de salaire?

Le pays est extrêmement croyant et pratiquant orienté plutôt catholique et témoins de Jéhovah toutes catégories sociales confondues. C’est simple quatre-vingt dix pourcent de la population (selon mon propre sondage) crois en dieu et suis à la lettre la bible.
J’en ai choqués quelques uns en révélant en grande pompe que j’était athée, j’aime vivre dangereusement haha. Et cela pour moi va de paire avec le fort taux de jeunes filles qui deviennent maman dès quatorze ans, parfois par manque d’éducation sexuelle parfois par choix lorsqu’elle ont vingt ans. Mais surtout par non choix car l’avortement est illégale et dans tous les cas au vu de leurs éducations religieuses cela ne leurs traverseraient pas l’esprit. Également les mariages surviennent beaucoup plus tôt et ce dans toutes les classes.

Le machisme est affolant, autant que le passage de musique reaggeaton commerciale de merde. Je suis convaincue que si l’ont faisais des statistiques on arriverais à un quatre femmes sur cinq victimes de viols au cours de leur vie. En tant que touriste blanche je n’en n’ai pas trop souffert car en général une réponse bien callée remet le macho à sa place.

C’est cela aussi qui m’a marqué finalement, contrairement au Mexique qui est beaucoup plus ouvert, du Guatemala je n’en garderai qu’un ami (ou deux) : mon cher Hector. Les gens originaires du pays avec qui j’ai echangé, vécu (parfois plusieurs semaines) ne m’ont jamais considérée je crois comme leur amie, leur égale, sinon comme une étrangère, celle qu’on ne comprendra jamais, comme une barrière impercéptible..

Alors bien-sûr tout ce que j’ai dit plus haut est à prendre avec des pincettes, ce n’en ai que mon humble ressenti de mon court séjour, et je ne part pas rancunière, du Guatemala je repart grandie, nourrie du meilleur comme du pire. Fier pays merci de m’avoir laissée vagabonder en ton sein 🌿🎨🌈

Retrouvez les précédents articles sur le Guatemala en cliquant sur les liens, Guatemala…Round I, Guatemala… Round II, Aruma Eco-Hostal, Guatemala…Round III

ARUMA ECO-HOSTAL

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© Aude-tte

Je retourne donc comme convenu à l’hôtel Aruma près de Semuc Champey pour peindre en premier temps le mur du restaurant !

Lorsque j’arrive je me lie d’amitié avec une employée de dix-sept ans qui est en charge de la propreté (nettoyer les chambres, draps, sanitaires etc). Ici les employés d’hôtels comme elle sont payés huit-cent quetzal par mois (sans jour de repos et oubliez les trente-cinq heures) ce qui la voyant s’afférer toute la journée me choque. Lorsque j’arrive l’hôtel est quasi vide mais quelques jours après il affichera complet jusque mon départ. La charge de travail augmente donc et je commence alors à mettre mon nez dans des choses qui ne me regarde pas… me met à dos le gérant de l’hotel et sa femme, disant qu’ils l’exploitent etc À la fin elle part avant la fin de son contrat et laisse le gérant en plan. La soirée passe, j’essaye d’expliquer pourquoi j’ai agis comme cela, que pour moi ce n’est pas juste, que c’est de l’exploitation puis fini par dire que moi aussi je partirai après avoir fini le mur du restaurant (nous avions convenu que je réaliserait aussi cinq chambres privées) BREF je me comporte comme une enfant capricieuse et aveugle car jusque là je ne regarde que la pauvre employé sans me rendre compte que le patron et son épouse travaillent beaucoup plus durement. Il m’explique (si crier sur quelqu’un s’appelle une explication, (je l’ai bien cherché en même temps j’ai plus qu’abuser de sa patience)) que le salaire qu’elle reçois est un peu plus élevé que ce qui se fait dans les hôtels alentours, qu’avant cette période de rush elle n’avait pas grand chose à faire à l’hôtel, qu’elle est nourrie et logée et que si elle avait l’air si occuper c’est surtout qu’elle avait peut-être une mauvaise organisation.

Les fêtes passent, l’ambiance est plus que tendue, je reste collée a mon mur dans l’histoire de le finir le plus rapidement possible et m’en aller. (entre temps j’ai dit au gérant que j’allais tenir ma parole, c’est à dire peindre tout son hôtel, mais que je partirai tout de même début janvier pour prendre l’air et revenir sur de nouvelles bases).

Au Guatemala les inégalités sont très flagrantes, un enfant de bonne famille et un autre d’une famille beaucoup plus modeste n’ont pas les même chances de départ. L’éducation est payante, et chère. Egalement les salaires, mon ami de bonne famille gagne pour un travail à la capitale quatre mille quetzals et me dit que le salaire minimum légal au Guatemala est de deux-mille cinq-cent par mois. Hors ici dans cette région reculée où il y a beaucoup d’indigènes qui n’ont pas ou peu accès à l’éducation une journée de travail comme agent d’entretien se paie cinquante quetzal (Sans vacances, sans repos, sans congés payés  et parfois jusque dix ou onze heures par jour). Mais voila ainsi sont les choses et moi qui pensait commencer une révolution en aidant mon amie me rends compte que je suis en réalité totalement impuissante, ce qui est très frustrant et difficile a accepté.

Puis miracle nous faisons la paix, je m’excuse platement, sincèrement j’ai appris une leçon, que je ne dois plus me laisser prendre par les sentiments et qu’il faut que j’analyse bien tous les éléments d’une situation avant de mettre mon nez là où il ne faut pas. Eux sont tolérants, me donne une deuxième opportunité de finir ce que j’ai commencé. Parce que oui évidemment, c’est dans leur intérêt que nous soyons en bons termes mais je ne dois pas oublier que c’est pour moi une chance en or de pouvoir m’exprimer aussi librement sur les murs de cet hôtel, je ne peux pas la gâcher.

Je passe le nouvel an dans ce petit hôtel avec huit français du pays basque, un Uruguayen et une Argentine dans la joie et la bonne humeur après cette semaine plus qu’éprouvante pour mes émotions !

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© Aude-tte
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© Aude-tte
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© Aude-tte
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© Aude-tte
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© Aude-tte

 

Retrouvez toutes les photos des peintures sur aude-tte.com

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Lorsque je regarde mon année 2017 encore une fois je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. Avoir la possibilité de faire ce qu’il me plaît de ma vie est un luxe. Voyager, découvrir, peindre, apprendre, re-découvrir, laisser la place à l’improvisation, re-peindre, rencontrer des personnes extraordinaires qui sont devenu mes amis pour la vie, vagabonder, rêver, visiter… Toutes ces choses, c’est de l’or que j’ai entre les mains.

Je me sens reconnaissante envers toutes les personnes qui ont croisées mon chemin et qui de près ou de loin m’ont aidé et m’aide encore à réaliser mes rêves. MERCI ! 🙂 Je pense à ma famille et à tous mes amis en France qui me manquent mais que je sens présents avec moi tout le temps. A mes amis mexicains que je vais voir cette année et aux nouveaux amis que je vais rencontrer dans le futur, car ne vous inquiétez pas je compte bien poursuivre dans cette voie en 2018 !

J’ai cette carte à remplir 🙂 Le monde n’a pas de limites pour moi héhé

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© Aude-tte – Antigua

Je quitte donc cet hôtel sur une note positive et nous nous donnons rendez-vous en février. Je pars sur un coup de tête à la charmante ville d’Antigua avant de me rendre dans l’horrible capitale pour régler mon visa (Je vais avoir besoin de plus de trois mois pour faire un tour au Honduras et finir de peindre l’hôtel). Et bonne année ! ❤ 

GUATEMALA… ROUND UN

Cela fait maintenant un mois que je suis au Guatemala et ce que je peux dire c’est qu’il a démarré sur des chapeaux deux roues ! Tout s’est enchaîné très vite et naturellement, je suis encore une fois très chanceuse 🙂

A l’aéroport viens me récupérer Juan, propriétaire d’un terrain dans la jungle et mon premier contact de volontariat Workaway. Il me parle du projet de construction d’un hôtel « Wubu » et m’accompagne à la station de bus pour Rio Barrio.

Ce premier volontariat est situé dans la région d’Izabal, au bord du rio dulce à quinze minutes en « Lancha » de Livingston. J’y fait la rencontre de trois allemands, Guido la cinquantaine en charge du projet sur place et Joseph et Friedrich deux cousins en voyages pour l’Amérique du sud et venus apprendre l’espagnol au Guatemala. Les deux volontaires sont là depuis trois semaines et planifient leur départ pour les trois/quatre prochains jours. Le contact avec le responsable sur place est pas top-top et l’idée de rester seule ne me réjouie pas des masses, heureusement ils me proposent de les accompagner un bout de route, ce que je fais avec joie !

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©Aude-tte – Rio Dulce
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©Aude-tte

Nous partons pour le paisible village de Flores, et plus tard visitons les mythiques ruines de Tikal.

Puis nous nous rendons à Semuc Champey, une merveille de la nature. Ici le gérant de l’hôtel où nous séjournons me propose de revenir peindre, ce que je planifie de faire en décembre 🙂

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©Aude-tte – Tikal
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©Aude-tte – Mes deux comparse avec les coatis de Tikal

Ensuite direction la Capitale pour retrouver Hector qu’il ont rencontré pendant leur volontariat a Wubu et qui leurs à proposés de séjourner dans sa maison au bord du pacifique contre quelques travaux. Je veux peindre et lui montre mes dessins, il est emballé, parfait ! En route pour l’océan !

C’est la première fois que je vois l’océan pacifique, les vagues y sont puissantes et le sable est noir car chargé en fer. Il y a beaucoup de plantation de cannes à sucre et de marais salants, ainsi que de noix de coco et platano. Beaucoup de produits de la mer également. La maison est située au bord de mer a quinze minutes à motocyclette de Sipacate.

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©Aude-tte
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©Aude-tte – Peinture réalisée à la casa del Pacifico
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©Aude-tte – Autre peinture réalisée à la casa del Pacifico
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©Aude-tte

Je pars pour Panajachel séjourner chez un américain rencontré à San Cristobal de las Casas afin de me préparer pour le festival « Voices from the Lake » où je vais avoir l’honneur de participer en tant qu’artiste invitée ce 18 novembre 🙂